20.12.2009

haïku de circonstance

DSC05514.JPG

 

" La première neige

Quel bonheur

Visite mon ermitage"

 

Matsuo Bashô

 

15.12.2009

huit et demi

 

Grâce à YouTube et tout le toutim, il est possible de réapprendre à voir le cinéma. Non plus voir un film en entier, mais pouvoir à satiété voir et revoir un seul plan séquence.

Une sorte de pédagogie empirique de l'image.

Dans ce déluge d'images qui nous inonde, n'en prendre que très peu et parfois alors l'impression de redécouvrir une sorte d'enfance du cinéma.

Comme ici, cet extrait de Huit et Demi venu d'un âge où il était encore possible d'inventer des images en toute innocence.

13.12.2009

l'Une

L'une fév 09 (1).JPG

 

L'Une (elle avait un frère qui s'appelait l'Autre) est morte ce matin vers 9 h 00.

On a fini par faire venir un véto pour l'endormir parce que -quoi qu'en coma-, il lui arrivait de "revenir" et elle semblait souffrir.

Trois jours que nous nous relayions pour la prendre sur nous (elle ne supportait plus que ça) 24 heures sur 24. Elle a eut une mort douce ou pour le moins entourée.

Hier, c'est ma fille et son amoureux qui l'ont gardée pour la journée. Ce n'est pas simple à 19 ans d'assister un être vivant en fin de vie. Nul doute que ce qu'ils ont vécu en ces instants construira en eux quelque chose de fort qui les grandira.

Trois jours donc que la mort rodait dans la maison. Et c'est dingue comment sa simple présence change les choses : elle impose une sorte de silence, éloigne le sommeil, endort les libidos et oblige à un essentiel qui dissout d'un coup toutes les futilités.

La mort des autres ne nous apprend rien d'autre que la notre à venir, nous qui sommes si obsédés par le besoin de fuir l'impermanence des choses...

Cette nuit la Dame n'a pas dormi, la veillant toute la nuit à l'affut du moindre signe et du moindre inconfort.

En cet instant, la Dame chante un chant bouddhiste sur le Bardo. Moi j'écris. Parfois je me demande ce que je saurais faire d'autre en ces circonstances une fois avoir fait ce que mes obligations d'êtres humains m'imposent.

Pour qualifier l'Une, l'expression qui s'impose, et indépendamment des circonstances, est qu'elle était aussi attachante que casse-couilles. Et bien évidemment qu'elle était plus attachante que casse bonbons... Elle avait un caractère incroyable et aussi une intelligence innée pour se faire comprendre...

Je ne la connaissais que depuis deux ans et demi mais nous nous étions adoptés avec beaucoup de tendresse. Et je crois bien que ne plus l'avoir venant sur mes genoux dès que je m'assoie plus de trois minutes va me faire bizarre, de même que de ne plus avoir de chat hurlant à la lune le matin au réveil pour demander à manger.

Une âme s'est envolée, la vie reprend son cours. Et nous sommes, dans un même mouvement, un peu plus démunis du dedans et un peu riche à l'intérieur.

PS : merci pour les commentaires laissés ces derniers jours, je n'ai pas eu le temps d'y répondre mais je les ai tous lus attentivement.

07.12.2009

par tous les mystères du monde

DSC05489.JPG

Dans une clinique vétérinaire de la région parisienne il y a une chatte de près de 19 ans, seule dans une cage, qui se bat entre la vie et la mort.

Elle a eu une belle vie, baignée d'amour et d'attention, sans quoi c'est sûr, elle n'aurait pas vécu aussi longtemps.

Sans doute que parfois l'on meurt de se persuader que plus personne ne pense à nous.

Alors cette note est un peu un acte magique, un acte de foi.

L'idée que si les inconscients se parlent de par le monde en une langue connue d'eux seuls, peut-être cela marche t-il avec les animaux ?

De par tous les mystères du monde, et de par ce lien qui relie le vivant et donc les vivants, penser qu'elle percevra que l'on pense à elle et qu'on l'attend encore à la maison.

Encore un peu... Histoire de ne pas trop demander non plus.

30.11.2009

on ne s'en lasse pas

fils borderie.jpg

 

C'est un jeu dont on ne se lasse pas. Celui d'aller lire les requêtes grâce auxquelles des visiteurs en goguette sont arrivés sur notre blog.

Pour ce mois-ci donc :

sex
ardente patience
bérangère dana
conte la belle aux bois dormant
de tous les indiens le visiteur qui pour la première fois camp
etre passeur
olisbos
pourquoi l'homme ne peut pas oublier son passé
symbolique passeur
toumani kouyate
une présence

w-

 

Ardente Patience, Bérangère et Dana, vous êtes très recherchées...

Quant à la formulation mystérieuse "de tous les indiens le visiteur qui pour la première fois camp..." j'avoue qu'elle me laisse songeur...

Et "savoir pourquoi l'homme ne peut oublier son passé" j'avoue que je ne sais pas.

Bon pour "sex" et "olisbos" j'avoue comprendre un peu mieux...

Toumani : tu vois on passe par chez moi pour te retrouver !

Et puis "une présence", là évidemment... On essaie, on essaie... et en écho cette phrase lue l'autre jour  (dans un commissariat...) : "Dieu n'est pas une existence, mais une présence".

A méditer.

Le mois prochain quelqu'un arrivera t-il sur ce blog en tapant "Dieu" ?

29.11.2009

musicians

Don & George.jpg

Don Pullen et Georges Adams, deux des plus grands musiciens de jazz qui n'aient jamais existés, et dont chaque concert était une offrande.

Paix à leurs âmes...(cliquer sur l'image)

 

Les musiciens de jazz ou de rock / blues sont des drôles de gens (Pour les autres, je pense à ceux du classique que je ne connais pas sans en être fier pour autant, je ne me prononcerai pas).

Ils passent d'abord des heures enfermés chez eux à faire leurs gammes. Répétant pendant des heures un geste, un doigté, un passage d'accords.

Puis, pour se reposer ils réecoutent pour la 300 millième fois un disque de leurs musiciens favoris : l'introduction du mouvement n°2 de Love Suprême de Coltrane, le solo de Voodoo Child sur Electric Ladyland, le solo de djembé de Mamoudy Keïta sur un enregistrement de l'Ensemble National des Percussions de Guinée, les solos de sax de Georges Adams, l'incroyable pont de certaines chansons dites "populaires" comme celui de "Sweet Dreams" quand la voix se barre dans les aigus, la mélodie si simple et si parfaite de No Woman no Cry...

Puis ils sortent de chez eux pour jouer avec d'autres musiciens.

Ils n'ont goût alors que pour la fulgurance, le reste leur paraît fade et lorsqu'ils se retrouvent sur scène, ils jouent comme si c'était une question de vie et de mort ; à donf.

Et bien évidemment, cette fulgurance là n'est pas à chaque instant au rendez-vous, pas plus qu'elle ne l'est dans la vie.

Alors ils sont insatisfaits, énervés, contrariés... Et un tel qui n'a pas fait ça, et un tel qui est parti trop tard, et un tel qui était à côté, et un tel qui est arrivé tard pendant que les autres installaient le matos.

Et il est vrai que la pratique musicale en tant que parfait prototype de tous les enjeux du "vivre ensemble" revient bien souvent à gérer des problèmes d'égo et que les différents degrés d'implication et de motivation ne sont pas toujours partagés.

Sauf qu'en général, les concerts sont beaux et intenses. Peut-être pas parfaits, mais en tout cas, chacun essaie de faire ce qu'il peut.

Et qu'à un moment on a envie de leur dire : "Mais arrêtez un peu avec ça : c'était beau ! Ce que vous nous avez offert était plus bien plus fort que les quelques défauts que ça contenait. Arrêtez  votre litanie mortifère. L'exigence est un devoir, mais pas la contrition. Apprenez à jouir de ce que vous nous offrez. Apprenez à être heureux de ce que vous avez fait. Et ayez à l'esprit que ce vous avez partagé est plus important que ce que, par inadvertance, orgueil ou paresse, vous n'avez pas partagé.

Apprenez à vous réjouir de ce que vous avez joué, plutôt que de rechercher ad libitum la note que vous avez oubliée, ou que votre comparse n'a pas jouée. Réaprenez le plaisir d'être un musicien bien vivant et de jouer avec cette matière sonore infinie et si joueuse..."

Et pas plus tard que cet après midi, la Dame, mon frère et quelques autres, ont cotoyé quelques fulgurances dont je crois bien qu'ils ne se sont pas aperçues...

Je me souviens d'un musicien d'origine hongroise, un saxophoniste de folie, avec lequel jouait mon frêre. Un matin, ma mère qui habitait tout près, le croise sortant d'un traiteur de la rue Doudauville à Paris, arborant dans ses mains, une langouste mayonnaise qu'il était en train de déguster.

- Mais enfin, Yoshko, lui dit ma mère, vous mangez une langouste mayonnaise au petit déjeuner ?

Et le musicien en question de lui répondre avec un accent à couper au couteau :

- Oui, mais moi, je fait du JAZZ !!!

La musique est un plaisir, et j'ai pour ma part, arrêté de vouloir en faire mon métier, le jour où elle ne l'était plus (il n'y avait pas que ça, mais il y avait de ça).

Parvenir à jouer et à inventer ensemble, c'est un tel plaisir...

Et tous ces Anges autour qui n'attendent que ça que de venir nous visiter...

rain

 

 

De mes vacances d'enfant sous des toiles de tente, j'ai gardé ce goût d'écouter la pluie tomber sur les toits, lorsque, bien au chaud sous nos abris en dur ou précaires, nous nous sentons reliés entre deux mondes.

C'est une musique apparemment semblable et en même temps toujours différente qui berce et qui parfois effraie.

La chambre dans laquelle je dors avec la Dame est sous les toits, sous un toit de zinc exactement. Et même mes réveils nocturnes prennent une coloration particulière lorsqu'il pleut. Une sensation paradoxale entre réveil d'enfance et rappel au présent et cette gamme infinie des bruits d'impact selon que la pluie touche le zinc, les vélux, tombe fort ou doucement, selon qu'il y ait du vent ou pas, selon qu'elle tombe droite ou en biais...

Ce bruit de la pluie tombante, immanquablement m'oblige à revenir à un ici et maintenant que j'ai trop tendance à délaisser.

C'est aussi une source d'inspîration artistique dont nous sommes des millions à y avoir été sensibles.

Magma (encore lui et donc décidémment je ne me remets pas du dernier album) a écrit une très belle chanson sur la pluie "Lihns" qu'avec un peu de chance vous pourrez entendre ici

C'est dimanche matin, il pleut, j'écris ce texte alors que tout le monde dort encore, sauf le chat et la pluie dehors battant sur les carreaux.

25.11.2009

allo ?

téléphone.JPG

 

- Allô, l'hôpital ?

Oui, bonjour Maman. Ah tu ne sors pas la semaine prochaine ? Ah tu en as au moins pour 15 jours encore parce que tu ne peux toujours pas te lever et te coucher toute seule ? Tu en as marre... remarques je comprends. Si je peux passer te voir ce week-end ? Oui, je passerai... Si je suis fatigué ? Oui énormément. Mais ne t'inquiète pas, je ferai attention pendant les 700 kilomètres de route...

- Allô, le commissariat ?

Oui bonjour madame. Mon fils, quoi mon fils ? Il est en garde à vue ? Ah.... Pour usage et possession de cannabis... Oui, il a bien 15 ans. Vous ne savez pas quand je peux aller le chercher ? C'est le juge qui décidera. Bon d'accord, je me charge d'appeler sa mère.

- Allô ma fille ?

Ah tu ne peux pas aller chez le psy aujourd'hui parce que tu as une crise inflammatoire qui t'empêche de marcher et que tu as les mains qui ont doublé de volume ? Et tu as fait une demande pour pouvoir suivre tes cours de facs à domicile parce que tu es "trop fatiguée"... Tu as toujours peur de sortir de chez toi... Mais tu arrives à dormir à peu près sauf douleurs sans prendre de Lexomill. C'est bien. Mais il faut que tu t'occupes de tout ça et vite. A la rentrée tu étais censée entrer en classe prépa. Brillamment. Et là tu es en fac, tu es malade, tu es toute disloquée de l'intérieur et tu n'arrives presque pas à sortir de chez toi. Tu reprends RV chez le psy. Elle ne réponds pas ? Insiste. Et si tu ne peux pas marcher, je t'emménerai...

- Allô les impôts ?

Ah, une saisie sur salaire ? Pour un mois de loyer supposé non payé à la ville de Champs-sur-Marne ? Mais j'ai payé !  Ça fait trois ans que ça dure ! J'ai même un certificat administratif déjà fourni qui dit que je ne leur dois plus rien ! Ah, ça ne suffit pas ? 550 € en moins ce mois-ci ? Comme ça, sans prévenir ? Bon... Décidemment cette bonne ville de Champs, je n'y aurais pas laissé qu'un paquet d'illusions sur la nature humaine, une fatigue psychique dont j'ai mis des mois à me remettre et, il faut aussi l'avouer, ce qui me restait d'immaturité... J'y aurais aussi laissé un paquet de fric... Mais bon, je sais, vous n'êtes pas responsables de ça...

- Allô le travail ?

A rendre pour vendredi ? Bon d'accord. Et puis ce dossier là aussi ? Bon d'accord. Une réunion mercredi soir prochain ? Et puis un spectacle mardi et vendredi soir prochain ? Et puis trois réunions le soir la semaine dernière ? Ah bon... Et vous pensez que ça va se calmer ? Non ? Bon ça va pas se calmer...

- Allô le sommeil ?

Oui mes nuits ne sont  plus des lambeaux de sommeil épars.

- Allô le centre ayurvédique ?

Je téléphone pour un massage, un cadeau de la Dame, un massage de tête, oui. Mercredi matin ? D'accord, parfait.

 

Et ce massage, il était bon ! Mais bon ! Je crois même qu'il m'a ressuscité.

Au sens propre.

Je n'entends plus pousser mes cheveux blancs.

18.11.2009

culture et dépendance

cigarettes Liberté.jpg

 

Au Mali, il existe une marque de cigarettes qui s'appelle "Liberté".

Curieux d'appeler une chose provoquant de la dépendance "Liberté".

Mais n'est-ce pas ce que nous faisons une bonne partie de notre temps ; de considérer comme moyens de libération et / ou de soulagement des choses qui finalement nous astreignent ?

Par exemple ?

Par exemple, je ne sais pas moi... la consommation, l'alcool, le moi-je, le désir (?), la collection de petites voitures ou de boites à camembert, la volonté de puissance, la vitesse...

Je ne sais pas.

Ca vous évoquerait quoi cette idée, de choses soit disant libératrices et qui au final enferment ? (Décidemment trop speed en ce moment pour répondre à toutes les questions que je me pose...)

08.11.2009

la douceur derrière le mur

magma.jpg

 

Un jour, il faudra que je raconte mon aller et retour en mobylette entre Asnières-sur-Seine et Saint-Jean-de-Luz dans l'année de mes 16 ans. 2 000 kilomètres avec une mobylette bleue achetée avec ma première paie et tout le matériel de camping.

Je parle de ça, parce que discutant tout à l'heure avec un ami, il me racontait avoir fait à peu près la même chose, à peu près au même moment.

Et pour tous les deux cette fierté incommensurable lorsque de "vrais" motards avec leurs grosses cylindrées nous saluaient comme si nous étions des leurs avec notre modeste 49.9 cm3.

Au retour de chez cet ami, après diverses bouteilles dont une fameuse de Saint Emillion, traversant une forêt, j'ai ouvert les fenêtres de la voiture. J'ai senti alors la fraîcheur du dehors et cet incroyable mélange d'odeurs propre à la nuit des forêts.

J'aime l'odeur des forêts, surtout à la nuit tombée, parce qu'elle me renvoie à ce que j'ai de meilleur en moi.

Et quant à me renvoyer quelque chose de moi, tout conspire en ce moment à me renvoyer vers mon adolescence. Je ne sais pas pour vous, mais il me semble que ma vie est composée de cycles consistant d'une part à vivre, d'autre part à revisiter bien des années plus tard, ce que j'ai vécu des années plus tôt.

Ainsi après une enfance que l'on pourrait qualifier de chaotique, ais-je été bien plus tard animateur enfants pendant de longues années, puis père. Comme autant d'occasions de revisiter l'enfant que je fus et de remettre des mots et du sens sur ce ce que je n'avais pas compris à l'époque.

Viennent ainsi des moments au cours desquels il me semble "revisiter" des parties de mon adolescence, des périodes de ma vie de jeune adulte. Comme un retour d'inventaire, une structure en spirale pour reprendre une image chère à un chemin.

Il se trouve qu'adolescent, la musique qui me bouleversait le plus, était la musique du groupe Magma (avec celle d'Hendrix mais cela est une autre histoire). Seule cette musique me paraissait avoir l'intensité de ce que je vivais à l'intérieur de moi. Elle avait une capacité à me mettre en des état de transe qui sidéraient ma pauvre mère qui n'en pouvait...

Ces basses telluriques, cette pulsion volcanique, ces chants séraphiques, cette langue inventée, cette intransigeance étaient comme un miroir de mes états d'âme d'alors.

Sur scène, je les ai vus mainte-fois. Et de toutes ces fois, je me souviens d'un concert en 1976 dans une salle à Paris "Le Théâtre de la Renaissance" je crois, (ça ne s'invente sans doute pas...). Il y avait alors dans le groupe un bassiste du nom de Jannick Top et je crois bien que le duo avec le batteur Christian Vander constitue une des rythmiques les plus impressionnantes de l'histoire de la musique qui pourtant n'en manque pas.

Plus tard, je devais rencontrer l'âme de ce groupe et avoir des amis très proches d'eux. C'est de là que j'ai compris qu'il ne fallait mieux pas rencontrer des artistes adulés et qu'un artiste était humainement rarement à l'image de son oeuvre, comme si il y mettait le meilleur de lui-même. Parce qu'il faut de l'ombre pour faire de la lumière.

Et puis comme toutes ces choses j'ai arrêté d'écouter cette musique pour passer à autre chose. Jusqu'à ce qu'hier j'achète leur dernier album ainsi qu'un DVD d'un de leur concert.

Près de trente ans comment entendrais-je cette musique ?

Et bien, je suis bouleversé, littéralement bouleversé. Parce qu'une fois au fil des ans évacués le processus d'identification adolescente et le bazar ésotérique qui rode autour, il reste la musique. Et celle-ci est sublime, singulière, sans ascendance (qui d'autre peut se targuer de Coltrane, Stravinsky, la musique sacrée, Carl Orff, le rock et que sais-je encore ?)

De la suite composant ce dernier album une bonne partie était déjà connue, publiée par bribes au fil de divers albums. Il aura juste fallu 30 ans pour que le tout s'imbrique et soit finalisé.

Alors qu'aurais-je entendu trente ans après ou que n'aurais-je plus entendu ?

Derrière l'apparente violence et dureté de cette musique, j'ai entendu pour la première fois une indicible douceur, une tendresse d'ange. De celles qui peuvent vous soulever de terre et vous apaiser de tous vos maux aussi bien qu'elle vous écraserait dans la paume de la main.

Une musique d'ange, dont il faudrait pour l'apprécier, traverser le mur de la peur pour y trouver la tendresse.

Un parcours que la vie nous impose de faire par ailleurs, et pour lequel 30 années ne sont pas de trop...

Toutes les notes