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21/04/2015

Des nouvelles

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(Pour l'anecdote, point d'étoiles ici : une vraie pleine lune, et des gouttelettes de brouillard prises dans la flammèche du flash !)

 

En juin, cela fera 10 ans que j’ai écrit mon premier texte sur un blog. En guise d’anniversaire, je ne suis jamais resté aussi longtemps (6 semaines !) sans donner de nouvelles. Que veux-tu ; un emménagement physique s’accompagne à notre insu de tout un travail psychique en profondeur et accapare l’ensemble de notre énergie disponible. Investir un lieu, réinvestir sa vie. Sept mois et demi sans domicile personnel, comme une traversée, non pas en solitaire, –je fus très entouré- mais en roue libre. Sept mois et demi au cours desquels, après avoir cru avoir tout perdu, j’ai trouvé quelque chose dont je ne connais pas encore le nom. Mais ce qui me vient là, en cet instant, c’est un immense sentiment de gratitude, pour la Vie, pour toutes les aides reçues, les coups de mains, les présences, les lumières trouvées sur le chemin, le cœur qui s’ouvre à nouveau, cet appartement / maison arrivé comme un miracle, la forêt de Fontainebleau à cinq minutes à pied et qui m’entoure de sa présence protectrice et charnelle, et puis, cette entrée de plein pied dans la magie du monde…

Les épreuves peuvent nous détruire tout autant qu’elles peuvent nous nettoyer, nous laver du dedans, nous essorer, nous rincer, nous laissant alors neufs sur le rivage. Je suis neuf d’une nouvelle présence au monde. Neuf d’un territoire d’exploration devenu infini, riche de la vibration du Tambour et de tous ceux qui l’accompagnent.

Quelques peurs, quelques empêchements se sont volatilisés comme fumée dans le ciel. Vivre, c’est s’inventer de nouveaux possibles. Et puisque je connais maintenant ce qu’est ma mission de vie, puisque je sais ce pour quoi je suis venu en cette incarnation, puisque je sais le travail qu’il me revient de faire, j’ai juste à transposer tout cela dans le tissus de la vie matérielle pour en faire un projet à vivre. Je suis entré dans un espace qui repose sur la Présence au monde. Je sais qu’il est exigeant, qu’une vie sociale trop frénétique l’obscurcit, tout autant que le bruit du monde quand il se fait trop fort. Je vis dorénavant sans télé, sans une goutte d’alcool, en une relative solitude toute cernée d’amour, je m’impose rigueur et discipline ; non pas pour fuir quoi que ce soit, mais parce que je sais que la connexion dont il est question est très fragile et qu’un rien peut suffire à la couper. Plus je vais dans l’épure et plus ma vie est riche. Je vais doucement vers la densité, m’éloignant de la prolifération induite par notre monde. Un monde où l'on voit tout, mais dans lequel on ne fait plus partie de rien.

Je n’en suis pas coupé de ce monde. Comme tout le monde, les nouvelles m’infligent au plus haut point. Me bouleversent. Mais quoi ? Il y a, entre autre, une réponse à la folie du monde : c’est de travailler en soi le peu de sagesse, d’amour et de paix que l’on peut y trouver. Et si chacun, à sa mesure, essayait un tant soit peu de faire pareil, le monde irait sans doute un peu mieux.

Lu consterné les commentaires sur les réseaux sociaux à propos de cet abruti de maire qui n’a rien de trouvé de mieux à faire que de déverser des tonnes de lisier sur un camp de roms ; où à propos de la Méditerranée devenue une fosse commune où viennent mourir par centaines des hommes, des femmes et des enfants si courageux… Des paroles haineuses, revanchardes, bestiales… et je me suis dit : mais qu’est ce qui manque à ces gens-là pour qu’ils ne ressentent pas, même un tout petit peu, la moindre compréhension la moindre empathie pour ces personnes qui n’ont d’autres choix que de quitter leur terre ? Et je me suis dit alors, que oui, le problème de ces personnes coupables des insanités qu’ils déversent sur les réseaux sociaux ou dans leurs conversations, c’est que leur cœur est mort. Et je me dis alors que pour que leur cœur soit mort à ce point c’est qu’ils ont dû eux-mêmes beaucoup souffrir. Et ce qui me vient, là, c’est un sentiment de pitié pour eux parce que leurs vies doivent être d’une pauvreté, d’un manque d’intérêt et de joie absolument terrifiant. Comment dire à ces gens que la sécheresse de leurs cœurs fait de leurs vies un enfer ? Qu’ils ont fait de leurs vies leur propre enfer ? Et que c’est cet enfer qu’ils projettent sur les personnes migrantes qu’ils haïssent ?

Oui, je laisse entrer le monde comme il va, parce que j’en fais partie ; mais j’ai fait le vœu que le moins possible il ne vienne obscurcir la lumière que j’y ai trouvée. J’aime cette idée naïve que le monde ne sombre pas dans le chaos total, parce qu’il existe encore des êtres qui se soucient de la Vie, de notre planète, de l’autre, de tout ce qui vit et qui les mettent dans leurs prières même s’ils ne croient pas en dieu.

Pour terminer, une métaphore musicale et scientifique que tu pourras d’abord visionner ici :

 

 

 

Étonnant non ? En fait ce qui se passe, c’est que dans un premier temps la table est trop massive pour résonner avec l’ensemble des vibrations émises par les métronomes. En les posant sur les canettes, alors leurs vibrations sont captées et amplifiées, et peu à peu, ces vibrations discordantes finissent par se synchroniser sur le même rythme. Pourquoi ? Simplement parce que le vivant est économe de l’énergie et que cela coûte moins d’énergie de synchroniser, ou d’harmoniser, l’ensemble des vibrations des métronomes que de maintenir l’état chaotique du début. Cela pourra sembler heuristique, et pourtant, il existe des théorèmes en physique très complexes qui explicitent cela.

Ce que je veux te dire, c’est que l’harmonie -en termes d’énergie dépensée- est plus économe que le chaos et donc préférée par la Vie. Nos grands spécialistes d’organisation des entreprises ou de nos petits devraient y réfléchir un peu…

Commentaires

Nous y travaillons Dominique, nous y travaillons, je crois que partout il y a des hommes et des femmes qui ont à coeur de prendre soin du vivant, de rendre visible l'invisible, de garder les lucioles en vie ;) S'appuyer sur le vivant des hommes et des organisations pour augmenter le jeu, déblayer les rûs étriqués pour que l'eau redevienne vive. Quand cela crie, quand cela hurle, quand cela râle c'est qu'il reste de la vie qui veut vivre, des personnes qui ne résignent pas. C'est ce que je dis aux managers que je rencontre... Il m'est même arrivé de dire "vous rendez-vous compte de la chance que vous avez d'avoir des salariés qui luttent, ne se résignent pas, ont encore le courage et l'énergie de vous dire que le chemin que vous avez pris est une fausse route." Il m'a regardé abasourdi avant de me répondre, je n'avais jamais songé à cela... Merveille de la vie.
Et nous offriras-tu un chant des tambours sur ton site un jour ?
Des bises

Écrit par : Frederique | 21/04/2015

Merci Dominique c'est bon de te lire au matin (l'après-midi aussi, sûrement). Ça apaise le coeur. Bonne suite !

Écrit par : Françoise | 22/04/2015

Je continue à être impressionnée par ta "renaissance."
c'est une métamorphose qui attend chacun, mais on croit qu'elle nous attend en haut, dans ce qu'on appelle le "ciel", et nous cherchons à nous élever.
Elle nous attend parfois dans un creux, dans un trou, celui dans lequel on est tombé soudain et où on a cette impression de mourir. Elle nous enrobe, comme une eau, et lave d'un coup notre troisième oeil. Quelle aventure !

Écrit par : Patricia Gaillard | 07/05/2015

Les commentaires sont fermés.