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04/02/2015

Silence...

Moïse Exode 1455 1461.jpg

Moïse exode 1455 - 1461

 

Ecrire, c’est chercher. Un jour on trouve, et parfois, ce que l’on trouve est tellement inattendu que l’on en reste sans mots et sans même la nécessité de les trouver à tout prix. Juste celle de se laisser porter et enseigner par ce que l’on a rencontré.

Donc, pas de textes ces derniers temps : je suis occupé à muer.  Cela s’inscrit dans un contexte matériel un peu précaire, mais vivable, et s’accompagne d’une grande fatigue, tant, parfois, abandonner ses fantômes peut coûter. Je deviens un autre, ou plutôt, je deviens celui que je suis, ce qui n’est pas donné à tout le monde, j’en conviens.

Devant tous ces possibles découverts, ces nouvelles potentialités investies, ces nouveaux espaces qui s’ouvrent, ces projets surprenants, un léger retrait du monde s’impose, et les mots, les idées, les pensées, qui nous étaient si familiers, ne semblent plus appropriés. Et puis, comment parler de ce qui était jusqu’ici un impensable ?

Alors dans l’attente de trouver les mots qui feront de toutes ces expériences un récit audible, je me fais pousser la barbe ; comme un besoin de manifester du dehors quelque chose de mes mues intérieures. Et je me suis racheté la copie presque conforme d’une bague bêtement perdue il y a deux ans dans un contexte où, naïvement, je pensais qu’elle serait prochainement remplacée par un anneau qui n’a pas fait long feu. Non pas pour revenir à un avant mythifié, mais tout simplement pour me réapproprier quelque chose que j’avais abandonné, délaissé et remis à d’autres.

Le chemin de nos vies intérieures et de nos métamorphoses n’a pas de fin tout autant que ses bifurcations sont infinies. Je ne sais pas avec exactitude à ce jour où je vivrai matériellement la semaine prochaine. Mais je sais maintenant habiter un espace intérieur que rien ni personne, jamais, ne pourra me reprendre. Et dans cet espace neuf, infini lui aussi, dans ces nouveaux possibles qui s’ouvrent devant moi comme de nouveaux chemins, je n’en suis pas encore à trouver les mots pour les dire. Juste vivre et apprendre. Juste vivre et apprendre. L’esprit du débutant…

Commentaires

pour vous paraphraser

encore aujourd'hui, à 50 ans dans quelques jours, je ne sais toujours pas habiter mon espace interieur.Alors en attendant ces "inenvisagés, Juste survivre, apprendre, espérer et accepter l'idée qu'il existe de "nouveaux possibles"? Juste accepter et espérer qu'un futur est possible...

merci pour ces images, pour toutes ces couleurs qui évoquent le livre de contes de mon enfance.

au plaisir de continuer à vous lire

Écrit par : rachel | 07/02/2015

Tu rejoins ici un ouvrage que je viens de lire, et d'entendre, puisqu'il est accompagné d'un cd. Il s'agit du petit traité de l'abandon, d'Alexandre Jollien, que je conseille très vivement. Cet ouvrage est un trésor dont chaque joyau est miré soigneusement, puis déposé dans le coeur.

Écrit par : Patricia Gaillard | 11/02/2015

Le retrait dont tu parles fait écho pour moi à la blancheur de David Le Breton...
"La blancheur touche hommes et femmes ordinaires arrivant au bout de leurs ressources pour continuer à assumer leur personnage. C'est cet état particulier hors des mouvements du lien social où l'on disparait un temps et dont, paradoxalement, on a besoin pour continuer à vivre (...)
Si elle suspend le monde de manière provisoire, ou durable, la blancheur est aussi une virtualité infinie, elle est source de renouvellement même si elle est douloureuse pour soi ou pour l’entourage. elle n'est pas le rien, le vide, mais une autre modalité de l'existence tramée dans la discrétion, la lenteur, l'effacement (...)
L'écriture, la lecture, la création de manière générale, la marche, le voyage, la méditation ... sont autant de refuges (...) Ce sont des lieux où nul n'a plus de compte à rendre, une suspension heureuse et joyeuse de soi, un détour qui ramène à soi après quelques heures ou quelques jours, ou d'avantage. Des moyens délibérés pour retrouver sa vitalité, son intériorité, le gout de vivre."
David Le Breton, Disparaitre de soi.

Et oui, mille fois oui, écrire c'est chercher, sans projet, en aveugle, à main nue...

Écrit par : Frederique | 20/02/2015

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