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24/12/2014

Le dît de la Baleine pour un jour de Noël

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Photo : Gregory Colbert

 

Ceux qui Savent lui avaient parlé de la lagune. Il lui avait dit qu’à certaines périodes de l’année, à l’occasion du solstice d’hiver principalement, il était possible de La rencontrer. Ils disaient que nombreux étaient ceux qui avaient essayé mais que rares étaient ceux à y être parvenus. Ils lui avaient dit d’y aller seul et après plusieurs jours de retraite hors du monde des hommes, à écouter les bruits de la nature et à se bercer de la lenteur du monde.

Il avait donc passé six jours et six nuits à vagabonder du côté de la lagune, vivant de pêche et de quelques baies et racines ramassées, dormant près d’un feu rudimentaire et passant ses jours et ses tombées de nuit à regarder l’horizon de la lagune, écoutant le vent, les vagues, et parfois au loin, les chants orphiques des Grandes Migratrices.

A l’aube du septième jour, juste avant que les couleurs n’apparaissent, il était monté à bord de son embarcation, avait revêtu sa combinaison de plongée et se mouvant juste à la force de la pagaie s’était dirigé vers le centre de la lagune. C’était un matin blanc de silence et même le vent était encore couché. Serait-elle là ? Il n’aurait pu le dire. Personne ne le savait jamais à l’avance, il essayait juste de ne pas prendre de décision personnelle et de se laisser mouvoir par une intuition qu’il ne maitrisait pas.

Parvenu au centre de la lagune, dans cette aube de premier matin du monde nimbé d’un silence de diamant, il s’est arrêté et a attendu. Longtemps. A un moment déchirant le silence, le cri d’une mouette lui a fait lever les yeux vers le ciel, et c’est lorsqu’il a rebaissé la tête qu’il a vu à une dizaine de mètres l’eau s’agiter, tourbillonner, et qu’elle a surgi telle une apparition mythologique. Elle devait être très âgée au vue de tous les organismes fixés sur sa peau et aux traces de blessures visibles sur son corps. Elle était immense, et les vagues soulevées par ses déplacements faisaient tituber la barque comme un bouchon de liège. Ses geysers d’eau et d’air propulsaient vers le ciel de fines gouttelettes qui retombaient en pluie fine sur son visage. Délicatement, il s’est approché du bord de la barque et s’est laissé glisser dans l’eau relié à elle par un long fil invisible ; puis il s’est mis à nager, doucement et sans à-coups. A nager vers Elle.

Ce qui s’est passé ensuite comment pourrait-il le dire ? Comment elle s’est laissé approcher, comment il a plongé profond, la suivant, fluide dans ses mouvements. Comment peu à peu, au fur-et-à-mesure qu’ils plongeaient et remontaient vers la surface en ce ballet à deux sans fin, la profondeur du ciel –peu à peu étoilé contre toute logique humaine- s’est peu à peu mêlée aux bleus profonds des abysses ne formant bientôt plus qu’un seul élément matriciel d’un bleu sombre et profond dans lequel, lui ; le Voyageur, et Elle la Grande Migratrice ; ne faisaient plus qu’un dans un mouvement synchrone et fluide. Elle a alors approché son visage du sien, suffisamment près pour qu’il puisse voir dans son œil profond une bienveillance infinie, et elle lui a parlé :

- Je suis la Conscience du monde et tu fais partie de cette conscience-là. L’univers a une conscience globale ; chaque conscience individuelle est reliée à cette conscience plus grande. Si tu restes centré sur tes problèmes personnels et strictement personnels, tu perds le contact avec elle. Tu te demandes, n’est-ce pas, comment te relier à cette conscience globale ? Et bien, c’est très simple : en t’y baignant ! Elle ne se comprend pas par l’intellect ; elle ne se cherche pas par la volonté ; il faut juste s’y baigner. C’est une intention. Etre vigilant à ce qui nous échappe, à ce qui s’échappe.

Cette conscience universelle est faite d’amour. Vous les hommes, avez inventé les barrières et les séparations. Tout être vivant est relié à cette conscience : les chats, les souris, les arbres,  et même les insectes… Quand on se connecte à cette conscience-là, on peut donc se connecter à tous les êtres vivants, où qu’ils soient. C’est un espace, un continuum, qui échappent à notre conscience individuelle alors que toutes les choses y sont reliées : tout être, toute chose est relié dans cet espace de conscience-là ; au-delà de toi.

Se relier à cette matrice-là - puisque c’en est une- c’est se relier à l’infini des êtres et des choses quel que soit leur emplacement dans l’espacer physique. C’est un champ d’énergie, dans et par lequel, tout est relié.

Il conviendra que tu fasses des exercices en demandant de te relier à cette conscience-là. Et d’ailleurs, le Tarot que tu pratiques s’inscrit dans cet espace-là. C’est dorénavant ton travail. Et puisque ta mission est désormais de guérir les êtres des blessures de l’âme et de certaines blessures du corps, je vais t’enseigner comment soigner avec tes mains et quelques autres choses…

Et là, dans cet espace flottant entre eau et ciel profonds, Elle lui a transmis quelques secrets oubliés ou perdus dans le silence des âmes se murmurant l’une à l’autre. Et de tout ce qu’il a reçu, il ne pourrait tout dire. Juste peut-être, cette boutade comme un mantra prosaïque : « le joyeux, c’est le joyau ! ».

Plus tard, sans qu’il ne comprenne bien comment, il s’est retrouvé dans sa barque devenue une sorte de pirogue effilée, qu’il manœuvrait debout à l’arrière s’appuyant sur une longue gaule. Il n’y avait plus d’eau, juste un espace infini dans lequel il flottait, lui et sa barque, ombres blanches se découpant dans l’immensité du ciel et se dirigeant vers le soleil qui lui apparut soudain alors sous la forme de l’arcane du Soleil dans le Tarot de Marseille et qui lui dit :

- Oui, je suis le Soleil. Moi aussi je suis relié à toute chose et je nourris toute chose. Chaque être vivant est protégé par moi et nourri de mes rayons, de mes photos et de tout ce que j’envoie. Chaque arbre me chérit. Je suis lumière pure et il revient à chacun de se laisser toucher par ces boules de lumière qui descendent vers vous. Elles sont plus que de la lumière. Elles sont de l’information, de la conscience universelle ; donc, de l’amour. Ces deux êtres-là (les deux personnages sur la carte) ont fait un long chemin. Ils sont fatigués et d’un coup découvrent l’amour universel. Ils découvrent qu’ils en sont baignés, littéralement baignés. Qu’ils nagent dedans, qu’ils s’y baignent. Ce champ de conscience-là, ce champ d’amour est invisible aux yeux et à vos machines, et pourtant, il existe. Oui, tu peux revenir me voir avec ta barque. Oui, tu peux…

Plus tard, bien plus tard, le Voyageur de la lagune est revenu sur la terre des hommes après avoir promis à Celle qui lui avait parlé de la Conscience du Monde qu’il reviendrait la voir pour d’autres enseignements. Dans ses mains, il sentait une sorte de lumière dorée circuler et il était impatient de la redonner au monde.

Dans la nuit qui suivit, il fit un rêve. Il rêvait qu’il marchait dans une forêt qu’il ne connaissait pas. Il avait neigé et il était perdu. Lorsque soudain, il a su. Su que bien que ne connaissant pas cette forêt, il savait parfaitement s’y repérer et retrouver le chemin du retour. Qu’une part de lui connaissait le moindre arbre, la moindre trace d’oiseau sur la neige, la moindre piste de chevreuil ; et ce rêve qu’il faisait lui semblait avoir la force d’un rêve de vision lui disant qu’il ne se perdrait plus jamais, pour peu qu’il se relie à l’œil de la Baleine et à ce qu’elle avait commencé à lui apprendre…

 

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Commentaires

Merveilleux, ça me plait. Et le joyeux c'est le joyau, c'est un beau slogan.
Cette semaine, alors, Bonne baignade.

Écrit par : Françoise Gabriel | 24/12/2014

Magnifique...
Merci pour ce bain de conscience et d'amour...et pour ce texte "magique".

Juste un petit détail : le soleil qui envoie des "photos", c'est joli, et ça me plaît bien...mais je suppose que tu voulais écrire des "photons"... :-)

Bonne fin d'année !

Écrit par : La Licorne | 26/12/2014

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