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15/12/2014

Le Dit de nos blessures et de nos murmures comme des chants d'oiseaux

Floriana Barbu.jpg

Photo : Floriana Barbu

 

Une nuit récente, le Voyageur a fait un rêve. Il a rêvé que dans un couloir de métro il y avait une femme qu’il connaissait et qui était assise, désemparée, des valises à côté d’elle, visiblement à la rue. Elle lui disait :

- Depuis que tu m’as quittée, je suis perdue, je ne sais plus où aller, je me sens abandonnée, je n’ai plus de ressources, plus d’envie de vivre, je n’ai plus de lieu...

Elle se levait, s’approchait de lui, se blottissait dans ses bras et ajoutait en larmes :

- Tu es trop fort pour moi, trop fort pour moi !

Quelques jours après ce rêve, questionnées à son propos, les Voix apportées par le Tambour lui ont dit :

« Parce que nous sommes toutes les parties de ce que nous rêvons, comme un puzzle sans fin aux innombrables pièces, cette femme abandonnée représente ta part vulnérable : tes peurs, tes angoisses, tes fragilités, ton maque de confiance en toi, tes ombres, tes blessures… qui se sentent reléguées, depuis que tu danses avec ta puissance de vie. Et parce que nos blessures et le cortège qui les accompagnent sont autant d’étapes initiatiques, elles ne sont pas des choses dont il faut se débarrasser n’importe comment. Il ne faut pas leur dire : va-t’en ! Il faut les accompagner. Tes peurs, tes secrets, sont un moyen de connaissance ; il faut donc les respecter, ne pas leur dire : « partez ! » sitôt qu’elles arrivent. Et lorsque, grâce à elles, tu as trouvé ce dont tu avais besoin, ne les relègue pas, mais aide-les à rejoindre les lumières qui dorénavant t’accompagnent. C’est comme cela que ça se passe au niveau du Cœur et de la psyché. Tu as en toi des parts d’enfance blessées, tu te dois de les voir, de les accompagner et de les mener vers la lumière… C’est cela le secret, c’est cela…

Ne profite pas de la puissance intérieure à laquelle tu t’es enfin connectée pour les abandonner, car alors, tu crées un écho sans fin qui reviendra un jour où l’autre. Les seules blessures qui vaillent ne sont pas les blessures niées et envoyées de l’autre côté de l’enfer, mais celles qui ont rejoint, naturellement ta part de lumière. Tant que ce travail n’est pas fait, subsistent encore des irrésolus, des non-libérés qui reviendront te hanter.

Chaque blessure conscientisée est une chance. C’est cela le Voyage du Héros. Les épreuves qu’il rencontre sont ses blessures intérieures et ses peurs les plus profondes. Alors, il travaille avec elles, il les affronte, il les apprivoise, il les dompte, il les transforme ; ainsi d’étapes en étapes, comme un parcours infini à refaire encore et encore, jusqu’à la nuit des temps. Et à chaque étape passée, alors son chemin s’élargit, ses épaules se redressent, il s’allège de ses poids, de ses conditionnements, de ses empêchements. Et, jour après jour, nuit après nuit, il grandit, captant un peu plus de l’immensité du monde, élargissant ses paysages intérieurs, se dépouillant de l’inutile.

Le Voyage du Héros, c’est l’aventure de la conscience en quête d’elle-même. C’est le travail de toute âme à s’accomplir, jusqu’à relier le Tout en une conscience unifiée, large et joyeuse. C’est là la finalité de toute vie humaine et donc de toute âme pour un temps incarnée.

Les 22 arcanes du Tarot sont autant d’étapes par lesquelles tout être passe obligatoirement pour accomplir ce travail. Chaque étape est potentiellement en elle-même tout autant une épreuve qu’un enseignement. Chaque Arcane semble demander :

- Qu’as-tu donc à apprendre en ce moment ? Quel enseignement as-tu besoin de recevoir ? Quelles épreuves as-tu à passer ?

Pour ce faire, le Héros en chemin - et tout être humain est un Héros en chemin à chaque seconde de sa vie- doit travailler sur, et avec, sa vie intérieure, sa vie sociale, sa vie émotionnelle, sa vie spirituelle, sa vie physiologique. Sur chacun de ces chemins, à chacune de ces étapes, il y a des questionnements, des doutes, des remugles, des retours… Il se doit de travailler avec cela, et alors il avance. Le Héros avance pour changer la situation qu’il a trouvée dans le monde, parce qu’il ne peut faire autrement et parce qu’il change lui-même.

Le Tarot est un chemin d’accomplissement de la conscience qui va du sujet vers le transpersonnel. Un jeu qui va du Je au Un en passant par le Tout. Un chemin de croissance, le récit d’une aventure dont chaque être est le Héros. Un miroir sans fin de nos joies, de nos égarements, de nos émerveillements, de nos immensités comme de nos petitesses. C’est pour cela aussi que sa polysémie est infinie.

Mais n’oublie pas : tes peurs, à un moment sont tes alliés. C’est difficile à comprendre, mais ce sont tes blessures qui t’enseignent. Alors, respecte-les et chemine avec elles jusqu’à ce qu’elles aient rejoint tes lumières et s’y soient fondues. »

Le Voyageur avait reçu ses paroles apportées par la Voix du Tambour. Quelques jours plus tard encore, lors d’un stage sur le Tarot, « Celle Qui a Transmis les Arcanes » avait demandé au Voyageur et à un de ses Frères de Tambour d’accompagner de leurs tambours un travail avec les arcanes. C’était une première en ces lieux et ce fut beau et profond. Une voix lui avait dit le matin-même sans qu’il n’en comprenne vraiment le sens, « que la vibration du Tambour était la même que celle du Tarot ». A un moment, les vingt-deux (22 !) personnes présentes travaillaient en binômes dans la profondeur de la Présence induite par les tambours, loin de tout bavardage social, pleinement présentes et murmurant ; centrées et concentrées. Inoccupé un moment, le Voyageur a alors fermé les yeux et ce qu’il a capté alors l’a bouleversé en le remplissant de joie.

Car alors, toutes ces voix et ces murmures lui sont apparus comme la bande son d’une forêt primaire avec son cortège de chants et de cris d’oiseaux s’élevant sous la canopée et chantant la simple joie d’être. Et c’était là un bien bel enseignement qui lui était offert : celui qui dit que lorsque les êtres humains acceptent de taire leurs babils intérieurs et de quitter leur monde pour les clairières originelles où l’âme alors travaille ; alors, leurs voix murmurées deviennent chants, retour à un originel que nous avons perdu. Et ces voix qui deviennent chants d’oiseaux, viennent alors se mailler avec la trame du monde et le tissu du vivant pour produire alors un chant unique qui est celui de la Vie-même. C’était beau profond et d’une innocence étonnante, aussi joyeux et profond qu’un ruisseau dans la montagne ou qu’une colonie d’oiseaux lançant leurs chants au petit jour.

C’est dans ces clairières-là que le Voyageur désormais se devait de vivre, et le Tambour l’y amenait, lui faisant suivre souvent le chemin du Tarot. Et ce qu’il découvrait le ravissait de jour en jour. Lui, le Voyageur, semblait enfin avoir trouvé ses clairières. Là où il se sentait pleinement vivant et où il se devait de mener tous ceux qui le voudraient…

 

Commentaires

Cet article rejoint mon actualité de plusieurs façons (y compris la photo !)...et me parle énormément...
Merci mille fois...

Écrit par : La Licorne | 15/12/2014

J'espère que tu me pardonneras cette remarque, mais il me semble primordial de la faire :
Il est des événements douloureux qui soudain nous plongent dans une nouvelle intelligence, une ardeur transcendante, une perception juste de l'essentiel.
C'est très étonnant. Comme si l'intense douleur ouvrait des portes vers des zones de nous à découvrir, à rencontrer, à recevoir. Je suis chaque fois très touchée de constater cela chez un être. Je ne suis pourtant pas pour la souffrance. Mais force m'est de reconnaître que parfois elle arrive pour nous sauver de nous-même.

Écrit par : Patricia Gaillard | 16/12/2014

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