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02/12/2014

Libérer l'Amour de nous

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1533 – Dragons over Bohemia.»
The Book of Miracles

 

Ceux qui dansent avec le tambour me l'ont dit : lorsqu’une histoire d’amour s’éteint, l’amour ne meurt pas : il est libéré de la gangue relationnelle dans laquelle il s’était pour un temps incarné et ainsi, est rendu à l’univers.

Nous croyons créer l’amour, mais cet amour que nous percevons comme reçu et / ou offert, ne vient pas de nous, il y est juste déposé. Nous sommes ses hôtes ; des réceptacles à qui il revient de le faire vivre et grandir.

Nous nous pensons créateurs d’amour alors que dans les faits nous baignons littéralement dedans. Nous vivons dans un gigantesque champ énergétique d’amour. Parfois, au hasard miraculeux des rencontres du cœur, nous en captons des bribes et alors, l’amour s’amuse. Il a besoin de se sentir incarné. Et nous alors, bienheureux, inconscients et nonchalants ne nous rendons pas compte, ni de la responsabilité qui nous est alors conférée, ni de l’immensité de ce par quoi nous sommes traversés et habités. Recevoir ce flux d’amour est une grâce que nous éteignons trop souvent de nos conjugalités par trop restreintes. Mais serions-nous capables de faire autrement ?

Aimer, se situe sans doute au-delà du champ relationnel de deux personnes. Quand nous disons : »je suis amoureux », nous ne nous doutons pas que ce n’est pas uniquement nous qui sommes amoureux, c’est l’univers qui aime et qui nous aime. Il faudrait savoir aimer au-delà de nos rétrécissements, de nos peurs, de nos demandes, de nos manques, de nos projections. Il faudrait juste pouvoir se dire : « la finalité ultime n’est pas que la satisfaction de mes désirs, mais bien de rendre magnifié à l’univers l’amour qui nous a traversé ».

Nous avons peur de cet amour-là, alors nous avons inventé l’attachement ; et l’attachement est différent du lien, qui est encore différent de la connexion. C’est l’amour qui nous habite et à nous que revient la difficile tâche d’apprendre à habiter l’amour.

L’amour est un espace sans fin qui ouvre les consciences mais nous ne savons pas aimer. Trop souvent, nos lumières éteignent celles de l’autre alors qu’elles devraient les faire briller. Aimer, c’est s’inscrire dans un espace immense qui permet à chacun d’éclore au firmament de la conscience.

J’écris ceci après une histoire qui commença par un miracle et s’acheva en un désastre sans nom sans que je  comprenne vraiment ce qui avait pu se passer. Mais il faut toujours revenir sur les lieux de ses blessures, parce que c’est là que sont les lumières à venir. Alors de ce carnage-là, j’essaie d’apprendre. Cet amour perdu rendu à l’univers, j’apprends maintenant à ne plus me l’approprier à mon simple usage. J’essaie de m’y baigner plutôt que de l’asservir. J’apprends à faire en sorte de faire briller les lumières de l’autre. J’apprends à servir l’amour plutôt qu’à me servir. C’est difficile et je n’y arrive pas toujours, mais j’essaie ; cela dit sans aucun masochisme non plus : servir l’amour n’est pas lui abandonner sa souveraineté ; c’est se faire un bien fou en se situant un tout petit peu au-delà de soi. C’est jouer un jeu à trois : les deux protagonistes et l’amour comme présence à part entière.

L’amour est la plus grande aventure d’une vie humaine ; il est le lieu de toutes les initiations, de tous les renoncements et de toutes les erreurs, de toutes les douleurs et de tous les chagrins (et quels chagrins !) ; mais il est aussi l’espace dans lequel peut résonner et s’accomplir toute conscience.

Il faut apprendre l’amour libéré de soi et de ses peurs et c’est là sans doute la chose la plus difficile d’une vie humaine. Il faut libérer l’amour de nous. L’amour généré par nous meurt aux flux des circonstances : « je t’aime, je ne t’aime plus « ; alors que l’amour pur et inconditionné dans lequel nous nageons à notre insu, est lui aussi ancien que l’univers, et aussi neuf que la Vie qui se réinvente sans cesse.

Lorsqu’une histoire d’amour prend fin (et le conteur qui écrit sait bien qu’il s’agit d’une histoire…) il nous appartient de trouver le rituel par lequel nous rendons à l’univers cet amour qui nous a traversé. Car c’est vouloir le conserver en soi à tout prix qui rend malade. Le redonner est infiniment libérateur. Cela libère soi et l’autre et laisse la place à un autre possible. Restent en soi des chagrins certes, mais aussi quelques perles sacrées qui nous rappellent que nous avons aimé et que nous avons été aimés ; qu’aimer est possible, et que ces amours perdus ou enfuis sont comme autant de séquences d’apprentissage et d’irradiation qu’il nous appartient d’honorer comme des vestiges sacrés qui nous ont enseignés.

Là-bas, loin, vit L'Émerveillée en ses terres. Parce que sur notre chemin, nous trouvons toujours ce que nous avons à apprendre… 

Commentaires

Quel beau texte sur l'amour !
Même lorsque qu'une histoire d'amour se termine, nous n'en terminons pas avec l'amour. L'amour laisse en nous une lumière qui ne s'éteint jamais et nous disons merci d'avoir eu la chance de l'avoir connu.

Écrit par : angedra | 03/12/2014

Et si toute notre vie n'était qu'un enchaînement d'histoires ?

Écrit par : Françoise | 04/12/2014

Aimer c'est vouloir le bonheur de l'autre en lui laissant toute la liberté pour s'épanouir. C'est le tirer vers le haut afin qu'il trouve la lumière qui fera briller son regard de bonheur. Il faut toujours regarder les êtres, les choses, la nature avec amour et on verra ainsi toujours briller la lumière.

Écrit par : Lauriza | 12/12/2014

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