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27/11/2014

Les gens sont des légendes et leurs âmes prennent le maquis

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Une lumière dans le ciel...

 

« Les gens sont des légendes et leurs âmes prennent le maquis. » (Alain Bashung)

 

Ainsi donc, chaque vie est une légende à vivre et à écrire qui nous incite -pour ne pas dire oblige- à révéler le héros qui est en nous.

L’existence humaine, les contes, les légendes et les voyages chamaniques ont ceci en commun qu’ils sont un voyage et une quête ; une suite d’épreuves, d’émerveillements, de cadeaux, de rencontres, de deuils, d’enseignements et de métamorphoses qui tous, nous enjoignent à accomplir ce qui doit l’être. Le héros, au départ personnage comme les autres, est celui qui peu à peu sait ne jamais se dérober à ce qu’il a à vivre. C’est en cela qu’il se révèle « autre »; dans l’acceptation confiante de ce qui lui arrive, dans sa capacité à triompher des obstacles les plus cruels et à trouver les ressources pour avancer. Ressources intérieures et recours à la magie du monde, à la force du vivant, à l’invisible parfois de ce qui nous entoure.

Ce chemin du héros c’est le chemin de l’âme. Le chemin par lequel l’âme est fécondée par un plus grand que soi que certains appellent « l’esprit », d’autres « dieu », d’autres encore autrement, mais peu importe. Jung l’appelait le « processus d’individuation », mais le conteur -cœur simple qu’il essaie d’être, lui préfère l’expression « chemin de l’âme ».

Les conteurs (en tout cas ceux qui s’inscrivent dans cet espace-là) et les chamanes, lorsqu’ils racontent ce qu’ils ont vu et vécu en voyage, sont comme des ventriloques (1) : ils parlent à la place de l’âme, que nous qui les écoutons, parfois, n’entendons plus depuis longtemps, ou par bribes éparses. Ils tiennent donc un propos que nous reconnaissons immédiatement mais qui est resté bien trop souvent informulé. Ils sont un écho de ce que nous avons perdu ou oublié ; ils font parler notre âme, et en les écoutant, c’est le reflet de nos propres profondeurs que nous retrouvons. C’est en cela que leur Parole est guérisseuse : parce qu’elle nous reconnecte à la dynamique de l’âme que nous avons perdue. Ils sont comme les voyageurs revenant de leur quête chargés de cristaux trouvés sur le chemin et qui les proposent à qui les veut sur les places de marché, sur les estrades ou dans l’intimité d’une rencontre. Parfois ceux qui les écoutent les acceptent émerveillés et les reçoivent avec gratitude, et parfois les refusent ; préférant voir de simples cailloux à la place du cristal, des boniments tout juste fait pour amuser ou pour tromper le chaland, des rêveries sans queue ni tête dont ils n’auraient pas besoin.

Il n’y a de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, et nous vivons –force est de le constater, dans une période sourde dans laquelle le bruit du monde est préféré à la voix de l’âme.

Conteurs, artistes, chamanes, chacun à leurs manières, sont les échos de ce que nous avons perdu. Ils nous renvoient à notre part manquante en nous disant :

- Écoute, regarde, sens. Elle existe. Ton âme existe et ne demande qu’à être nourrie. Elle te murmure ou t’enjoins à rejoindre ton propre chemin et non à errer sur des routes tracées par et pour d’autres. Elle te dit qu’en toi, un héros ou une héroïne est en sommeil et ne demande qu’à se réveiller. Elle te souffle que le monde est Merveille une fois dépassés les canyons du manque, du ressentiment, de la victimisation, de l’aveuglement, de la surdité organisée, des croyances toutes faites et imposées, de la désespérance exténuante, du cynisme désabusé comme parade illusoire… Elle t’appelle à trouver la force de te mettre en marche, à nourrir la graine de conscience que tu es, à la planter dans un bon terreau et non à l’enfouir au fond d’un pot pour ne plus avoir à y penser. Elle te demande de rouvrir ta capacité d’entendre pour enfin recevoir ces appeleurs d’âmes qui partout dans le monde témoignent de l’extraordinaire fécondité de notre chemin dès lors que nous acceptons de les entendre.

Parfois ils sont entendus, parfois ils parlent dans le désert. Mais si eux peuvent éventuellement faiblir –voire mourir ; l’appel de l’âme, lui ne meurt jamais. Même tue, l’âme ne meurt pas ; elle s’endort tout au plus en attendant que quelque chose vienne la réveiller pour qu’elle redevienne audible. Même peu fréquentés, les chemins intérieurs de l’aventure et de la quête attendent le voyageur. Et sur ces chemins-là c’est peu de dire la diversité et la magnificence des créatures, des voix, des enseignements, des paysages que l’on y côtoie.

En un monde hostile et froid, le voyageur se met en marche, et le héros qu’il devient en ramène des pépites d’or et des cristaux bleutés. Ils nous les ramènent : prenons-les… Polissons-y nos yeux, collons les à nos oreilles. Un chamane ou un conteur nous racontera alors ce qu’il a vu en nous murmurant :

- Oui, toi aussi tu peux…

Alors nous essayons, et quelque chose en nous guérit : notre âme enfin reconnue.

 

(1) : cette partie du texte est directement inspiré d’un passage du livre « Quête de vision, quête de sens », de Paule Lebrun (éditions Véga – Page 177 et suivantes)

Commentaires

Je découvre... et j'aime. Alors je reviendrais.
Il faut vouloir écouter son âme mais encore faut-il savoir que nous en avons une !
Oui, nous pouvons...

Écrit par : angedra | 03/12/2014

Ainsi l'inspiration du poète serait ce lointain écho.

Écrit par : Nouvel_antre | 02/01/2015

Les commentaires sont fermés.