Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

05/11/2014

Bientôt, il le savait, on lui dira...

IMG_20141101_192829.jpg

 

 Le viaduc de Garabit d'une aire d'autoroute avec un portable, comme un hiéroglyphe à déchiffrer...

 

Depuis son retour d'Espagne, le Voyageur avait du mal à exercer le métier qui le faisait vivre, parce qu'il sentait que la Vie s'apprêtait à lui dire quelque chose de très important.

Il est des ivresses, des béances, des ouvertures de portes, qui ne peuvent rester sans suite. Alors il était comme un chasseur à l'affût ; attendant, observant, scrutant, attentif à tout ce qui pourrait faire signe, à tout ce qui pourrait prévenir, tel un capteur sismique sur une ligne de faille.

Cela pourrait arriver n'importe où, à n'importe quel moment. Le 11 novembre, un jour d'armistice qui résonnera symboliquement, cela faisant trois mois que sa vie avait abruptement basculée. Au départ dans un gouffre, et puis dans un espace où tout était soudain possible. Il avait traversé le miroir, et maintenant qu'il avait aperçu l'autre côté, il savait que plus rien ne pourrait être comme avant.

Il avait vécu la fin d'un monde, et avec lui, une part de lui-même, ancienne et encombrante, avait disparu sans laisser de trace.

Un nouveau était en train d'éclore et des intuitions devenaient certitudes : il changerait bientôt de métier, et il savait qu'il saurait bientôt pour faire quoi ; il avait plusieurs missions de vie à accomplir maintenant, et il y avait cette balise lumineuse qui l'appelait, là-bas, dans les terres du sud ouest. Pour y faire quoi et comment, il ne le savait pas encore exactement, mais le signal lumineux déchirant sa nuit éclairait des nuages de phalènes comme autant de rêves à accomplir. Et si tout conspire à faire en sorte que l'âme qui nous a choisi puisse vivre ce qu'elle avait à vivre, alors, par quelque machinerie invisible à notre conscience, la Vie se charge de mettre sur notre route ce dont elle a besoin. Parfois on comprend, et notre existence alors rayonne : parfois on esquive et passons à côté, et alors notre vie peut tourner au cauchemar, et, par exemple, la femme que l'on aimait nous quitter...

Le Voyageur aime à se rappeler régulièrement la discussion qu'il avait eu avec une jeune femme en ce mois d'août de toutes les remises en cause. Elle lui expliquait que son compagnon l'avait quittée, soudainement, alors qu'elle luttait contre un cancer invasif qu'elle avait fini par terrasser. Et là, ses cheveux revenus en même temps que la vie dans ses veines, son enfant riant et jouant à proximité, elle lui avait dit ceci le regardant droit dans les yeux, et sans qu'un seul de ses cils ne bouge :

-Tu vois, au début, je l'ai maudit, cet homme. Et vois-tu, c'est grâce à cette blessure d'amour qui aurait pu m'achever que j'ai pu trouver le chemin de moi-même. Alors vois-tu, tous les jours, maintenant, je le remercie.

Le Voyageur n'en était pas là. Remercier Celle qui ne l'aimait plus, lui paraissait encore impossible. Mais il remerciait la Vie, pour toutes ces pépites d'or mises depuis sur son chemin, pour cette lumière rencontrée là-bas dans le sud, pour toutes ses prises de conscience, et pour ce basculement irréversible du côté d'une lumière qu'il n'avait fait jusqu'ici qu'apercevoir et espérer.

L'âme qui l'avait choisi (oui, c'était une de ces intuitions improuvables, une de ces croyances ridicules à certains mais tellement vivifiante pour lui) en ce moment devait être contente. Il n'avait plus peur, et cette Confiance qui maintenant l'habitait, il savait que certains l’appelaient la foi.

Demain serait jour de pleine lune. On lui avait aussi dit que c'était un alignement Taureau / Scorpion, et il s'est dit qu'il ne savait pas ce que cela signifiait, et qu'il faudrait qu'il demande.

Depuis le matin même, il savait comment les cerfs perdaient leurs cors et à quel moment. Apprendre ces petites choses était une manière pour lui de se nourrir du monde et de lui manifester son intérêt.

Et puis, il attendait. Il attendait le message qui lui dirait, enfin, dans ce croisements vertigineux de tous les possibles vers où il devait porter ses pas.

Et si rien ne se passait, et bien c'est qu'il n'aurait pas su voir. Ce n'est pas la Vie qui n'a pas de sens, c'est nous qui sommes aveugles.

Et cette balise là-bas ensemençant la nuit...

Et cette âme heureuse que l'on s'occupe d'elle, attendant tout comme lui que le signal leur vienne...

Commentaires

Quand je te lis le mot qui me vient est "espoir"
Espérer, n'est ce pas la vie qui reprend...
Je radote, mais une fois encore j'ai envie de te dire :
re-naissance.

Écrit par : Françoise | 06/11/2014

Une lumière brille au loin... et cela suffit à nous montrer le chemin.

Écrit par : angedra | 03/12/2014

Les commentaires sont fermés.