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03/11/2014

De voyages en lessives

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Tous les voyages se terminent par une lessive ; qu’ils se situent dans la géographie du monde ou dans les méandres de nos espaces intérieurs. Vêtements salis de sueur et de poussières ou encrassage des corps et des cœurs exténués par les épreuves et le poison du doute demandent au retour du voyageur d’être nettoyés puis mis à sécher dans le vent et au soleil. Les voyages amoureux, parce qu’ils se terminent souvent abruptement dans de vieux trains à quai pour l’éternité, sont sans doute de ceux qui laissent le plus de traces tant dans le corps, que dans le cœur et l’âme. Il faut donc nettoyer, régénérer, décaper, purifier, renouveler… pour que quelque chose de réellement nouveau puisse advenir.

Cette lessive-là, le Voyageur revenu d’un voyage d’amour qui fut aussi beau sur le long cours que désolant sur sa fin, l’avait faite pour son âme et un peu pour son cœur. Il aimait à dire « un peu » à ce sujet, parce que le cœur est tout autant un organe qu’une vibration ; usant du privilège d’être tout autant onde que particule, coupe et champ vibratoire. Il lui restait donc à faire la grande lessive du corps, parce qu’il le savait désormais ; si la mémoire du cerveau est oublieuse, le corps, lui, n’oublie jamais rien.

Et c’est donc en Espagne, sur une côte méditerranéenne à la lumière vous lavant les yeux, que sur une semaine, entouré d’amis d’âme et de cœur, il a fait sa grande lessive du corps. Retourné à la terre comme à la matrice originelle, bercé par le vent, ruisselant d’embruns marins, inondé d’un soleil d’automne resté en plein été, il a laissé faire en lui le grand nettoyage, rendant à la terre ce qui l’entravait et lui reprenant forces vives. Malaxé, massé, trituré, il avait senti partir de lui et du fond de ses moindres cellules, la crasse accumulée, les empêchements, les fictions dévastatrices incrustées, les énergies maladives. Le corps est un temple dont il faut régulièrement faire béer les ouvertures pour que les courants d’air y circulent. Le corps est un condensateur d’énergies, un réseau extraordinaire de ramifications énergétiques, une mémoire très ancienne du vivant qu’il nous appartient d’apprendre à décrypter.

De cette grande lessive-là, il lui reste une pelle rouge de plage comme en ont les enfants, un oranger ramené d’Espagne, une large porte ouverte sur les pratiques énergétiques, la découverte de l’EFT, la rencontre avec une praticienne de Reiki dont les mains sur son cœur étaient comme un miel pouvant guérir le monde, une autre avec un maître de taï chi capable de vous dévitaliser à distance, son corps habité par des mouvements d’animaux sur une plage, de nombreux fous-rire, un trésor d'amitié, un bain comme un baptême dans une crique marine ; et ce timing parfait d’une sortie de ce bain le jour de son anniversaire à l’heure précise de sa naissance sans l’avoir prémédité.

La veille de son départ, il avait enfourché le cheval-tambour et il lui avait été demandé de travailler avec son corps pendant son séjour. Ainsi avait-il découvert que « Ceux qui parlent pendant le tambour » ne se contentent pas de dire, mais aussi, s’activent à faire en sorte que ce qu’ils demandent puisse se réaliser. La Vie est un chœur de voix chantant des symphonies auxquelles nous restons trop souvent sourds.

Le Voyageur est donc rentré, peau hâlée, os blanchis, cellules revivifiées. Il s’en revient riche de deux nouvelles missions de vie, d’une étoile déposée en lui un soir de tambour, et de la rencontre -un après-midi de promenade sur le rivage, avec un être d’une beauté sidérale lui murmurant quelques secrets sur la conscience du monde…

Au lendemain de son retour, il a fait sa lessive et mis son linge à sécher. Il s’est aussi confirmé une promesse : celle de rester fidèle à ce qu’il avait reçu là-bas, à Peniscola, et de le servir du mieux qu’il le pourrait, envers et contre tout ; sentant son corps si neuf, empli d’une vitalité qui n’y était plus quelques jours avant. Nous vivons dans un bain d’énergies matricielles, dans un réseau de conspirations miraculeuses enchevêtrées, dont nous nous échinons à ne voir que du vide. Pour guérir notre monde, pour nous guérir tout court, il nous suffirait pourtant d’enlever ce voile qui nous coupe de tout…

Il avait aussi reçu (il ne sait plus comment) une sorte de nouveau mantra : « La Vie Magicienne ». « La Vie Magicienne ». « La Vie Magicienne »… Peut-être le nom d’un nouveau blog, d’un nouveau spectacle ou d’un futur livre ? « La Vie Magicienne »…

Pendant son absence, une amie lui avait envoyé un texte de Charles Juliet qu’il lut à son retour. Et c’était tellement beau, qu’il eut l’envie de le partager :

« Tu sors de la forêt. Les brouillards se sont dissipés. Tes blessures ont cicatrisé. Une force sereine t'habite. Sous ton œil renouvelé, le monde a revêtu d'émouvantes couleurs. Tu as la conviction que tu ne connaîtras plus l'ennui, ni le dégoût, ni la haine de soi, ni l'épuisement, ni la détresse. Certes, le doute est là, mais tu n'as plus à le redouter. Car il a perdu le pouvoir de te démolir. D'arrêter ta main à l'instant où te vient le désir de prendre la plume. La parturition a duré de longues années, d'interminables années, mais tu as fini par naître et pu enfin donner ton adhésion à la vie.

Depuis cette seconde naissance, tout ce à quoi tu aspirais mais qui te semblait à jamais interdit, s'est emparé de tes terres : la paix, la clarté, la confiance, la plénitude, une douleur humble et aimante. Parvenu désormais à proximité de la source, tu es apte à faire bon accueil au quotidien, à savourer l'instant, t'offrir à la rencontre. Et tu sais qu'en dépit des souffrances, des déceptions et des drames qu'elle charrie, tu sais maintenant de toutes les fibres de ton corps combien passionnante est la vie. »

Combien de renaissances en une vie ?

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