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22/10/2014

Sortir du désert

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Après le désert, le Voyageur était entré dans des contrées aux contours chatoyants. Dénudé, nettoyé, apuré, survivant ressuscité, il savait maintenant que pour qui sait les écouter, -même et surtout les traversées les plus sombres- étaient constellées, semées, habitées de voix amies qu’il suffit de suivre pour qu’elles nous guident.

Ainsi, savait-il désormais qu’il existe un lieu, un espace intérieur, un carrefour au croisement de plusieurs univers, au cœur duquel il est possible de danser –littéralement, avec la Vie. Lui qui avait passé presque toute sa vie à s’en sentir exclu, toujours en conflit avec ce qu’elle lui imposait ou lui refusait, savait désormais qu’il est possible de créer un chant commun avec elle. Qu’il existe un mode d’abandon, de prière et de don à partir duquel Elle et lui peuvent co-construire ensemble.

Ainsi, en quelques poignées de jours, la Vie lui avait-elle offert les présents les plus insensés, les plus inespérés et les plus magnifiquement bouleversants. Comme si après l’épreuve, nettoyé de tout, il était enfin à même de se reconnecter à la trame infinie du Vivant et qu’alors, au-delà de toute raison raisonnante, quelque chose se mettait alors à l’œuvre ; tissant, maillant, recousant, réunissant des morceaux de toiles déchirées pour en faire un tissu magnifique qui venait réchauffer ses frilosités les plus tremblantes.

Cela était passé par des retours surprenants dans des lieux géographiques d’un passé pas si lointain. Une revisite en accéléré d’étapes importantes de ces dernières années avant envol vers d’autres sphères, dans une dynamique de spirale sans fin. Cela était aussi passé par une rencontre placée pour ainsi dire sous le signe du surnaturel le plus déroutant et le plus poétiquement émouvant.

Lorsque soudain la Vie nous offre ce que nous avions espéré au creux de nos plus inavouables secrets, il y a deux solutions : regimber, reculer, en se disant que tout cela est trop beau pour être vrai ; ou bien alors plonger, accepter, se laisser guider tout en restant attentif à ses propres aveuglements, illusions, croyances limitantes. La Vie est toujours plus grande et plus forte que nous, et seules nos propres limitations la brident. Il faudrait pouvoir la vivre libérés de nos rétrécissements et sans doute est-ce là la dynamique profonde d’une conscience s’accomplissant : polir, dissoudre, élargir ce qui nous limite pour capter la Vie-même dans toute sa magnificence. Apprendre à vivre c’est dissoudre un entonnoir…

Une amie très chère lui avait fait remarquer qu’il avait une chose à apprendre : c’est que lui, conteur du merveilleux et enchanteur de mondes, par ses textes et tout ce qu’il partageait dans les différents registres de sa vie, devait apprendre à accepter que ce qu’il racontait et partageait inlassablement puisse se réaliser simplement dans sa vie personnelle. Qu’il avait lui aussi droit aux miracles, aux fées et aux métamorphoses ; lui qui y avait cru, un temps, avant qu’une bourrasque ne vienne d’abord tout emporter avant de finir par déposer un voile de merveilleux sur tout ce qui l’atteignait.

Le Voyageur apprenait donc à vivre, à trouver et à cultiver, ce lieu au cœur duquel la Vie danse avec soi. C’était féerique, intimidant mais bouleversant de beauté et de « saintes chronicités » renversantes.

Il avait traversé le désert. Une épreuve prenait fin. Il en sortait extraordinairement vivant et plus émerveillé que jamais.

Il savait depuis longtemps que d'un serrement de sa main, la Vie pouvait vous broyer le cœur ou vous envoyer vers des bonheurs indicibles. Il savait maintenant que presque toutes les souffrances qu'elle nous impose (il dit « presque » parce qu'il existe des souffrances qu'aucun humain ne peut supporter), derrière leur cruauté, sont là pour nous ramener à nous-mêmes. Comme une manière de remettre sur le chemin le voyageur égaré. Et il savait aussi, que pour peu que nous acceptions de jouer le jeu et que nous trouvions cet endroit de connexion vers tous les possibles, alors, elle pouvait nous offrir des miracles.

Hier, il a pris à nouveau le Tambour-cheval, puisque c'est par là que tous les fils convergent, Après le voyage, il a repris le tambour et l'a fait chanté, non pour voyager, mais simplement pour le faire chanter et résonner avec le vent, les arbres, les pierres et tout ce qui vit ; ici et dans les autres mondes. Parce que le Tambour est comme nous : il a besoin de chanter avec le monde. De manifester sa simple joie d'être...

Commentaires

Mon Dieu Dominique ! Mon Dieu ! Quel écrit !!

Écrit par : flo | 22/10/2014

j'assiste à une vraie métamorphose... je suis très émue, mon filleul...

Écrit par : Patricia Gaillard | 25/10/2014

Ainsi ces retours en arrière, ces doutes, cette peur d'avancée alors que le "parfum de la violette" me fait revivre 20 ans de ma vie depuis noêl n'est que le cri de mon âme au voyage initiatique. Une mue de plus

Écrit par : Nouvel_antre | 02/01/2015

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