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04/10/2014

Aimer

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L'amour est une force qui nous traverse mais qui ne nous appartient pas. Ce n'est pas nous qui la produisons. Elle est présente en nous et en toute chose sans que nous ne nous en rendions compte et sans que nous ne la voyions. Que nous rencontrions une personne, que nous ressentions une émotion, une intuition, et alors nous la percevons en nous et elle prend forme humaine.

Nous disons alors  : « je suis amoureux ». Mais cet amour n'est le produit ni de l'un ni de l'autre ; il préexistait sous sa forme originelle ; en se révélant à nous il ne fait que de devenir visible, devenant ainsi une histoire humaine. Terrible incarnation que celle-ci qui revient à faire entrer l'infini du ciel dans un simple dé à coudre !

Nous croyons avoir fabriqué l'amour que nous ressentons alors que nous n'en sommes que les dépositaires d'une minuscule parcelle qui nous paraît immense.

Peu parviennent à s'en montrer dignes. Nous ne savons que nous en servir à des fins personnelles alors que nous ne devrions que le servir.

Personne ne nous apprend à aimer. Cette force qui anime deux âmes qui se rencontrent en y déposant un germe d'infini nous ne savons pas quoi en faire. Nous nous inventons des histoires, des fictions sans fin, nous la nommons, la traquons, la rétrécissons de nos petitesses, de nos empêchements, de nos peurs, de nos croyances, de nos manques à combler, de nos conjugalités maladroites, de nos sabotages... Alors, un jour, cette part sublime, révélée en nous, s'étiole, s'affaiblit et meurt faute d'avoir été nourrie. Et le drame est qu'elle ne s'éteint jamais au même moment dans les cœurs des deux protagonistes.

Pourtant tous, -toi, moi, nous, vous- essayons, tentons, insistons... sans fin, encore et encore. Mais nous sommes comme des enfants. Peut-être qu'apprendre à aimer, à vraiment aimer, est la finalité de l'aventure humaine.

Apprendre à aimer, à nourrir et servir cette force infinie reliant toute chose est tellement difficile...

Oui, l'amour demande à s'abandonner. Mais à abandonner qui ? A abandonner quoi ? Il faudrait tout simplement nous abandonner à lui quand nous commettons l'erreur de nous abandonner à l'autre. Le pur amour est une Source inépuisable alors que nous nous évertuons, trop souvent et par erreur, à nous déposséder de notre force vitale en la déléguant à l'autre.

L'amour est protéiforme alors que très souvent nous en avons une vision unique et simpliste.

Dans ma solitude, j'apprends à me nettoyer le cœur de ses fausses croyances, de ses peurs et des ses renoncements.J'apprends à le purger de mes manques, de mes manquements, de mes échecs, de mes peurs, de mes demandes infantiles. Le Cœur est une coupe sacrée. Il est le lieu où la Source vient déposer son Graal et ce Graal s'appelle l'Amour. Il nous revient d'apprendre à le recevoir -d'abord- puis à se mettre à son service. Nul renoncement ici, nul abdication de notre souveraineté ; simplement, un élargissement de conscience, une ouverture béante du Cœur sur le plus grand que nous.

J'apprends à enfin ne pas abdiquer devant mon pouvoir personnel, ma promesse de vie, l'accomplissement de mes potentiels. J'apprends à développer mes propres racines. J'apprends à recevoir l'amour même quand il ne passe pas par le prisme de la relation entre deux êtres. J'apprends à vivre seul. J'ai vécu il y a peu le plus bel amour qu soit et je l'ai perdu. Certaines épreuves vous obligent à l’honnêteté envers vous-mêmes. Je croyais avoir tout perdu ; j'ai en fait trouvé l'absolue nécessité, l'injonction sans concession, à m'incarner sur mon propre chemin, à me connecter à ma nature profonde, à dissoudre les murs de mes prisons mentales. Cela aurait pu me détruire à jamais, mais les cendres sont les matrices de toutes les renaissances...

Aurais-je fait ce chemin sans ce séisme ? Je ne saurais le dire... Mais sans doute que non. Il arrive parfois que le prix du bonheur paisible passe par un oubli de ce qu'il nous revient de faire. La Vie te rappelle toujours à l'ordre...

Apprendre à ne plus altérer l'amour déposé en nous nous oblige à une ascèse du cœur et de l'âme. Sur ce chemin, j'avance, et j'apprends, jour après jour... Et la vie m’apparaît nimbée de bien des miracles. Les voir est peut-être le propre des survivants...

PS : une petite heure après avoir écrit ce texte, je suis "tombé" par une merveilleuse "sainte chronicité" sur ce texte de Julos Beaucarne. L"écho au texte en est tellement fulgurant, que je le rajoute ci-dessous :

  

Commentaires

Très beau, très juste, très profond...
Merci pour ce rappel indispensable...

Passe de l'amour-attachement à l'amour universel ne se fait pas d'un coup...c'est un long chemin, sur lequel nous trébuchons tous...

Mais on y va... :-)

Écrit par : La Licorne | 27/10/2014

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