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20/08/2014

Le fil de la Merveille pour consoler de l'inconsolable

Spiegel der Weisheit 1430.jpg

Spiegel der Weisheit, c. 1430

 

 

Lorsque l'on soulève le caveau des amours défunts, ce que l'on découvre est proprement effrayant : non dits, ressentiments, insatisfactions, incompréhensions, malentendus... 

Ainsi ai-je vécu ce qui fut les quatre plus belles années de ma vie en toute inconscience pendant qu'en face l'autre avait l'impression de se déliter... 

Un couple c'est deux spectateurs chacun dans son film. Au début c'est à peu près le même, chacun des deux se racontant souvent la même histoire : une histoire d'amour, de joie et d'espérances. Et puis, au fil des mois, l'un des deux continue de fabriquer le même film, pendant que l'autre, incidemment et sans doute à son insu et en fonction de son histoire, commence à y introduire des éléments scénaristiques négatifs. Il les introduit, modifie l'histoire, fait évoluer la comédie romantique vers une comédie noire, puis, de plus en plus ne retient plus que les impulsions narratives négatives, et peu à peu, transforme le film qu'il se fabrique en cauchemar... Et si il y a une chose que j'ai comprise, c'est bien que la fiction que l'on se raconte devient toujours la réalité. Toujours... 

Il arrive parfois que des scénaristes bienveillants imaginent un happy-end à cette histoire d'amour défait : chacun va prendre conscience du nouveau film de l'autre, de ses erreurs, du chemin à faire pour retrouver l'autre à nouveau, et ainsi, fabriquer ensemble un nouveau film qui les portera. Pour ma part, cette opportunité ne m'a pas été offerte. Les scénaristes devaient être dans un mauvais jours et ont transformé la plus belle histoire d'amour de ma vie en un sombre naufrage incompréhensible pour l'heure. Nous ne sommes pas à Hollywood, il n'y aura a priori ni remake, ni retour, ni suite ; contrairement à mon vœu le plus cher. 

Ce soir, « Celle qui est partie dans les Terres Lointaines des Amoureux qui ne vous Aiment plus » chante avec l'ami Eric dans le village où nous devions vivre un jour. Il y a peu encore, elle chantait en me regardant dans les yeux « Je serai là pour toi » sur Time after Time. Ce soir, elle est là-bas, je suis ici dans un naufrage de cartons à remplir, et elle n'est plus là pour moi ; et dire qu'à y penser j'oscille entre les larmes et la nausée, c'est bien peu de le dire... 

D'autres sans doute, dans la même situation s'effondreraient sans doute à jamais. J'ai cette chance inouïe, malgré le chagrin incommensurable et les crises d'angoisse, d'avoir une sorte de foi qui me tient. Cette certitude qu'un tel séisme ne peut m'advenir pour rien. Que la Vie, aussi cruelle soit-elle, sait se montrer d'une générosité sans fin. Et cette foi, je l'ai vue ce matin

J'ai vu dans une forêt un fil : le fil de la merveille. Un fil blanc traversant bois, rivières et forêts, qu'il convenait de suivre en le tenant en main, qui menait à une grotte, puis, plongeait dans les entrailles de la terre pour parvenir en une sorte d'antre dans lequel flottait une boule de feu d'une puissance sans nom. La Source même, l'énergie fondamentale, l'impulsion première de l'énergie qui relie tout chose. Cette boule de feu à la puissance sans limite, nous en sommes tous dépositaires d'une parcelle que nous perdons quand nous mourons. Il nous revient de ne pas l'abîmer et de l'entretenir. Ne jamais perdre le fil de la merveille qui y mène, jamais. A tout instant, à toute décision prise se demander : suis-je en train de tenir le fil de la merveille ou pas ? Si la réponse est non, il importe alors d'envisager autre chose. 

Je suis en cendres, j'ai perdu toute joie, mais je sens entre mes doigts ce fil qui me fera remonter à la Source, à la Merveille et j'essaie de le remonter malgré une douleur sans fond. 

Au plus sombre de la noirceur, sentir ce fil blanc entre ses doigts et remonter le fil... Un jour, je parviendrai au bout et je sais qu'alors tout prendra sens et que je serai joie, enfin et à nouveau. 

Aurais-je trouver ce fil sans cette torture de chaque instant ? Je ne sais. Les grandes douleurs sont parfois des accélérateurs de particules. Il faut juste arriver à ne pas sombrer pendant l'exploration... 

Ce fil de la merveille, l'as-tu déjà senti entre tes doigts ? L'as-tu déjà perçu au moment de prendre une décision importante ? Si non, cherche-le. Tu verras, ça en vaut sans doute la peine. Mais si tu peux t'épargner les peines d'amour, fais-le aussi. Parce que, quand elles sont là, c'est un enfer qui peut rendre fou de douleur... 

Mais au bout, oui, il y aura la Merveille ; là où la Vie chante. Et le fil y mène, il suffit de le tenir...

Commentaires

Tu me bouleverses mon ami, mon frère, tu me bouleverses, l'orage gronde et la pluie de larmes me submerge, c'est injuste et cruel. Je voudrais te serrer dans mes bras et te dire “ferme les yeux, je veille sur toi, ferme les yeux".
Trouve un refuge, ne reste pas seul, prend soin de toi, soule-toi la gueule et mesure tout l'amour qui est autour de toi ...
Jacques

Écrit par : Jacques Lestrat | 21/08/2014

Je viens de rentrer d'une visite chez un ami très cher qui a vécu la même chose que toi il y a six mois...
Lui aussi tient le "fil" de la merveille...et la vie vient de lui faire le cadeau d'une nouvelle amie de coeur...
C'est tout ce que je te souhaite...

Écrit par : La Licorne | 23/08/2014

Merci Jacques pour ton message. Je t'embrasse.
Merci la Licorne pour ce vœu auquel j'aspire, même si je crois que ce sera long...

Écrit par : l'homme au bois dormant | 25/08/2014

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