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03/08/2014

A la claire fontaine ou de l'art de boire à la Source

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Tous, nous avons vécu de ces moments où la Vie semble chanter, où nous nous sentons entourés de présences aidantes et réconfortantes, où nous nous sentons -en un instant parfois fugace- soudain pleinement présents au monde et à nous-mêmes. Que notre espace intérieur nous semble vaste alors ! Et que la résonance avec le monde nous semble pleinement épanouie !

Que nous songions, ne serait-ce qu'une fraction de seconde, à ce que nous sommes en train de vivre et la magie de l'instant disparaît comme bulle de savon dans le vent.

Que nous repensions soudain à ce que nous avons à faire, et à nouveau, l'espace se rétrécit, notre cage thoracique se rétracte, notre corps se tasse, notre cœur se referme et notre esprit se tend, à nouveau possédé par cette transe du quotidien qui recouvre d'un voile cette magie fugace qui n'a fait que nous effleurer.

Cette lumière, cette vibration-là, ces présences alentours qui nous entourent, cette espace immense qui semble nous ouvrir du dedans, dorénavant, nous l’appellerons : la Source. Nous l'appellerons ainsi, car ces expériences qui parfois nous traversent sont la source même de notre humanité et le cœur de ce qui vit en ce monde. Certains l'appellent Dieu, d'autres connexion aux Esprits, d'autres la Vie, d'autres la Lumière, l’Éveil, la Conscience pure... peu importe... Chacun y met ses mots et ses explications ; quoiqu'il en soit, le monde est vaste, et, comme l'écrivait avec sagesse Marguerite Yourcenar : « « Il y a plus d’une sagesse, et toutes sont nécessaires au monde ; il n’est pas mauvais qu’elles alternent. »...

Reste qu'il apparaît judicieux que nous nous posions la question de savoir comment ne pas perdre cette connexion avec la Source qui semble parfois si capricieuse et si fragile.

La Source, pour se manifester à toi, a besoin de deux choses pas si différentes l'une de l'autre : ta vigilance, et ta présence.

Pour la vigilance, les chamanes disent que nous avons deux âmes : une qui est celle à laquelle nous nous référons tout le temps, qui est fixe en nous et ne bouge pas ; et une autre qui a la capacité de voyager entre les mondes. C'est cette âme-là qui est la à-même de se connecter à la Source. Alors, quoi que tu fasses, quel que soit l'endroit où tu es, essaie de garder éveillée cette âme-là. Comme une sorte de gardien vigilant qui surveillerait l'horizon pendant que les troupes s'activent à leurs occupations : travailler, conduire, décider, réfléchir, se disputer, avoir faim, avoir envie de faire l'amour, de faire la guerre... Ainsi, sitôt que tu sentiras le champ de ton âme se rétrécir, il te suffiras alors de te brancher sur cette « part vigilante et éveillée » pour retrouver un peu d'espace. Ne jamais se crisper totalement sur ce que l'on est en train de faire... Garder toujours un espace vierge, vacant, disponible...

Pour la Présence, se dire que la Source, pour se manifester, a besoin de la transcendance de ta Présence et de ta verticalité pleine et entière. Qu'est-ce à dire ? Cela veut dire que la Source, bien que présente en permanence, ne peut se manifester à toi qu'à la condition que ton esprit soit pleinement là, ici et maintenant. Qu'il soit tendu, accaparé, crispé (ce qui est malheureusement le cas presque tout le temps) et la Source n'est plus accessible à ta conscience. La Source ne peut être là que dans le Présent. Et pour que le Présent soit là, il faut que ton esprit soit stable ; et pour que ton esprit soit stable, il faut que ton corps et la conscience que tu en as soient stables. D'où la formidable efficience des techniques de méditation. C'est pour cela qu'il est question plus haut de verticalité . c'est en référence à la méditation. La conscience de ton corps, la stabilité de sa posture, l'observation de ton esprit et de ce qui s'y passe, sont autant d'outils qui te permettent de retrouver de ta Présence au monde afin de faire en sorte que la Source se manifeste. Et plus tu es proche de la Source, plus tu es épanoui et libre...

A toi de trouver les exercices qui te conviennent afin de travailler les deux. Et surtout, ne confonds pas la « pleine conscience » avec le fait d'être obnubilé par la tâche que tu es en train d'accomplir. Dans le premier cas, ton esprit vit et respire, dans le deuxième il est possédé par la tâche que tu es en train de faire. La Présence n'est pas accaparement ; elle en est l'inverse.

Maintenir en soi, quoi que nous fassions, une vigilance attentive à la présence de la Source et une conscience pleine et entière de ce que nous sommes en train de vivre sont deux facettes qui semblent faussement contradictoires alors qu'elles se complètent.

Dans quel position était ton corps pendant que tu lisais ce texte ? Vers quelles contrées ton esprit s'est-il mis à vagabonder ? Ta respiration était-elle bloquée ou au contraire ta cage thoracique était-elle ouverte et ample ? Y avait-il en toi un espace libre de réception et d'attention à la Source ?

Je te laisse bien sûr répondre à ces questions et te souhaite tous les enchantements...

Commentaires

En te lisant avec bonheur, je pensais (!!!) à deux choses. Un sermon de Pâques à la cathédrale de Blois sur le souffle c'est la vie qui m'a remémoré cette phrase "la source a soif d'être bue" et cet article
http://www.europsy.org/marc-alain/sources.html
et en même temps ma lecture du moment de Thich Nhat Hanh
http://www.belfond.fr/site/prendre_soin_de_l_enfant_interieur_&100&9782714453198.html
Ah !Fontaines, fontaines...

Écrit par : Frédérique | 04/08/2014

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