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15/05/2014

Hier la voix

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Sylvain Meyer : L'aimant d'érable

 

 

Hier, la voix d’une grand-mère, tutélaire et très ancienne, m’a dit :

- Ne pose pas ta colère, pose ton projet !

Elle m’a dit que depuis toujours, ma mission était de guérir le monde. Et en effet, très jeune enfant, c’est ce que je faisais en espérant réconcilier mes parents qui se déchiraient. Plus tard, j’ai toujours voulu réconcilier les inconciliables (comme l’artistique et l’administration par exemple !) et toujours exercé des métiers à but d’épanouissement : l’animation avec les enfants (en des temps où l’on pouvait encore faire des choses folles sans passer sous les fourches caudines d’une réglementation démentielle), la musique bien sûr, le conte dont la Parole et un soin holistique, le Tarot, et même mon métier de directeur culturel, puisqu’intrinsèquement, la croyance me guidant était que l’art pouvait changer le monde et réparer en chacun ce qui était cassé.

Oui, je suis donc guérisseur par mission. Et je serai sans doute guérisseur dans mon futur métier. En quoi ? Comment ? Dans quelle discipline ? Je ne le sais pas encore.

Ce qui est certain, c’est qu’une partie de ma souffrance actuelle, vient du fait que nous sommes dans une période où l’art n’est plus ni attendu, ni porté. Nous sommes dans une période oublieuse des choses de l’âme et du cœur, trop occupée qu’elle est à produire toujours plus d’argent et de biens pour les uns ; à tenter de survivre pour les autres. Alors ma mission de « guérisseur » ne pouvant trouver à s’exercer, je perds vertigineusement de mon énergie intérieure. Mais peu importe : il est des milliers de moyens de guérir et de recoudre. A moi de trouver le mien, en sachant qu’il sera dès lors centré sur la personne, individuellement.

Qui nous dicte nos missions ? Non pas celles résultant d’un conditionnement social et familial, mais celles athanors de notre accomplissement le plus haut. Celles qui nous permettent d’accomplir ce qu’il ne paraît pas déraisonnable de dénommer : « notre destinée ». C’est-à-dire, quelque chose qui est de l’ordre du destin, du choix, des empreintes déposées en nous par nos familles, nos origines sociales, notre culture d’origine, de notre identité patiemment construite, et de la matrice la plus mystérieuse qui nous agit, même et surtout, à notre insu. Nous sommes enfants de nos parents, de nos familles, de nous-mêmes, de nos amis, de nos enfants et des étoiles. Nous sommes un croisement entre terre et ciel traversé de toute la tendresse humaine et de toute la violence du monde. Nous sommes un sublime inaccompli qui ne demande qu’à être révélé. Est-il si désespéré que ça de dire qu’une traversée humaine ne pourrait suffire ?

Nos missions les plus hautes nous sont dictées par un mystère tout autant que nous les décidons. Nous sommes un gigantesque iceberg dont nous ne conscientisons qu'un glaçon à peine suffisant pour rafraîchir un verre. Un arbre sans conscience de ses racines. Une vague dont nous ne percevons que l’écume. Et à la pelle de l’âme nous déblayons jusqu’à la lumière. Atomes par atomes s’il le faut. Et parfois, de grands dévoilements sur l’infini qui nous lavent le cœur et nous élargissent l’âme.

Cette nuit, un rêve m’a soufflé le fait qu’il fallait que j’arrête de porter ce qui ne me revient pas. Il y avait aussi une créature imaginaire comme une énorme chenille translucide aux moignons latéraux, telle une chrysalide à la puissance colossale pas encore éclose.

Et ce matin, une prière qui m’est venue :

« Que cette journée ait la légèreté du chant du merle à la levée du jour ».

Les paroles ô combien éclairantes de la vieille femme veillant sur moi de là où elle est, un rêve qui insuffle un souffle nouveau, une prière déposée sur les lèvres au réveil. Cadeau, cadeau, cadeau. Et cette amie qui m’écrit pendant l’écriture de ces mots pour me poser une question dont la réponse est dans ce texte. Cadeau. Et cette énergie retrouvée, cette colère retombée. Cadeau encore. Que veux-tu, la gratitude est une porte d’entrée sur l’infini.

Et pour ne pas s’illusionner non plus, cette phrase de Ram Dass postée ce matin par un ami : « Si tu crois avoir atteint l’illumination, va passer une semaine dans ta famille » !

Commentaires

Merci ;-)

Écrit par : flo | 16/05/2014

Bonjour Dominique
ton billet après la pleine lune de Wezak... auspicious diraient les indiens... Quand tu écrivais ces mots, une femme disait au groupe dans lequel j'étais, votre mission sur terre, notre mission d'humain sur terre, c'est de retrouver en soi et partout, dans tout ce qui nous entoure, l'amour inconditionnel. Nous avons tous cela en commun, nous venons tous pour guérir, ce sont nos chemins de vie qui différent. Nous cherchons parfois longtemps quelle expression de vie est la plus adapté à notre mission. A te lire il me semble que tu es délicieusement avancé sur les deux aujourd’hui. ;)

Écrit par : Frédérique | 16/05/2014

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