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01/04/2014

Sur la marelle du conte

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Au début que nous contons, nous allons tout naturellement au plus simple en tentant –laborieusement- de faire partager une suite d’événements factuels. Et puis, au fil des années, sautillant sur la marelle du conte, nous comprenons que conter ne consiste pas tant à enchaîner ces événements factuels, qu’à se faire le chantre des métamorphoses du Cœur et de l’Âme. A toucher cette zone de silence, inaltérable en chacun, qui est la porte donnant sur ce que nous avons de plus précieux, de plus sincère et de plus authentique.

Hier, j’ai vu et entendu une conteuse qui a compris cela depuis longtemps. L'écouter –l’écouter vraiment- demande un effort : il faut se connecter à notre part d’enfance la plus pure (c’est-à-dire celle apte à s’émerveiller en toute évidence ; et aussi la plus joueuse) ; il faut trouver en notre cœur un morceau de cristal bien caché, et enfin, il faut accepter d’entendre nos aspirations les plus hautes.

C’est en soi une quête, un chemin d’apprentissage. Parfois nous y parvenons, et parfois non. Mais cet effort partagé nous en apprend plus sur nous-mêmes que tellement d’autres choses, quand bien même j’accepte volontiers l’idée que tout le monde ne ressente pas la nécessité de jouer à ce jeu-là.

Parfois, conter consiste au « jeu du cristal » : aligner chacun en une même fréquence d’écoute collective. C’est un jeu difficile qui se joue à plusieurs. Qu’un seul refuse de jouer et ce peut être l’échec. Il fait appel à l’intelligence de tous et quand cela advient, il faudrait qu’à la fin tout le monde remercie son voisin !

Au fil de mes années de conteur, il m’arrivait parfois de toucher les choses dont il est question ici. C’était des moments de grâce que je mettais sur le conte d’une participation aléatoire des muses… Et ce weekend, en deux contées, cela est arrivé deux fois ! Alors, je n’oublie pas cette leçon, immense, apprise il y a peu : « le public t’écoute de là d’où tu contes ».

Hier donc, j’ai entendu une conteuse qui conte d’une zone infiniment pure et résonnante, faisant donc injonction à chacun de trouver cette zone-là en lui. Parfois nous la trouvons, parfois nous ne la trouvons pas. Mais l’idée-même qu’une voix et une présence nous soufflent qu’elle existe en nous, est déjà un cadeau qui nous fait sautiller plus joyeusement sur la marelle de nos vies, pourtant parfois si compliquées.

Merci donc à Catherine Zarcate de nous proposer ce joyeux chemin d’exigence !

09:22 Publié dans du conte | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Merci Dominique pour cette écriture magnifique! je suis bouleversée! Comme tu comprends bien! Comme tu reçois bien ! Merci merci! toute ma reconnaissance! cela me justifie qu'une personne entende.... :)

Écrit par : Catherine Zarcate | 01/04/2014

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