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19/01/2014

Ce qui nous revient

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Épître d'Othéa - Christine de Pisan

La Déesse de l'Arboriculture.

 

La vie humaine est une conscience qui cherche à s'accomplir.

Cette conscience n'a ni forme, ni verbe ; elle est un élan, une impulsion, une injonction. Elle est l'essentiel de ce à quoi à nous devons répondre. Vivre, c'est s'inscrire dans cet élan. Et c'est là sans doute la seule obligation que Vie nous ait faite.

Cette conscience cherchant à s'accomplir peut se caractériser par certains traits, certains paramètres :

- Elle exige pour s'accomplir que nous trouvions un sens à ce que nous vivons.

- Elle postule que l'être humain est plus que lui-même, et que la séparation entre lui et son environnement est une illusion.

- Pour croître, elle a besoin que nous comprenions au plus profond de nous-mêmes que tout est relié. Dès lors, cette compréhension faite, elle a à voir avec l'Amour.

- Elle exige de nous que nous trouvions notre mission de vie ; et en ce sens elle a à voir avec la responsabilité.

- Elle se renouvelle et se régénère sans cesse, en un cycle sans fin, et c'est pourquoi nous mourrons. En ce sens, elle a à voir avec le Jeu, avec l’impermanence. Sans limite, sans fin, peut-être éternel, elle s'incarne dans des agrégats éphémères pour mieux être réinventée à chaque fois.

- Cette conscience ne nous appartient à pas en propre. Nous en sommes dépositaires et responsables. Nous en héritons à notre naissance et la portons jusqu'à notre mort. La servir, c'est nous agrandir. Elle rechigne au petit, aux cloisons, aux barrières. Elle est aussi fluide qu'un liquide et contourne tout ce qui pourrait lui faire obstacle. Elle est une énergie incommensurable et universelle.

N'étant située à un aucun endroit précis, n'ayant pas de matérialité, elle se manifeste elle aussi (voir cette note) à sa façon.

Nos insatisfactions, notre aspiration à, notre souffrance quand nous n'y répondons pas, nos élans parfois puériles sont des manifestations des manières avec lesquelles nous répondons à cet élan.

Ainsi, dans cette optique, serait-il possible d'énoncer que la plupart de nos aspirations et de nos comportements sont des tentatives infantiles à lui répondre. Elle connaît l'essor que l'on parvient à lui donner. Elle est toujours là, même dénaturée. La jalousie serait alors la manifestation dégénérée d'une aspiration à un amour inconditionnel. Nos soifs physiologiques serait une tentative de répondre à ce besoin de plénitude dont elle est la finalité. Nos religions, nos pratiques spirituelles sont autant de manifestations -dès lors circonscrites à ce que nous pensons comprendre- de celle-ci. L'art, un élan tendant à la toucher, à la faire vivre ; parfois sublime, parfois réduit à nos seules projections égotiques. Nos cadres, nos dogmatismes, l'intégrisme de certains, en sont la caricature. Un élan perverti la réduisant à une pauvre charogne sur le bord de la route.

Nous arrivons au monde, neufs à chaque fois, dépositaires d'un trésor potentiel qu'il nous revient de faire fructifier. Traitons-le bien, et nos vies seront belles. Délaissons-le, caricaturons-le, et nos vies deviendront des cauchemars qui enténébreront tout ce qui nous entoure comme une irradiation mortifère. Abîmant la trame même du vivant (et notre planète et tout ce qui est vit et croît en savent quelque chose...)

Nous vivons en ce moment encore dans les ténèbres de l'âme. Comme l'écrivait il y a peu un conteur écrivain (je cite de mémoire) : « nous avons transformé le cloaque de nos esprits en piste de danse » et j'ajoute que certains s'y vautrent avec délectation.

Et pendant ce temps, c'est la Vie même qui souffre ou qui, plutôt, va voir ailleurs ; nous laissant pauvres orphelins riches de nos seuls jouets inutiles.

Nous n'avons rien à inventer ; nous avons juste à répondre et à porter. A accepter sans angoisse le fait que notre caractère éphémère est là pour servir un renouvellement et un jaillissement, permanents.

A chaque jour, oui, à chaque jour nouveau, se dire que notre mission de vie est de contribuer à cet accomplissement d'une conscience qui nous dépasse et qui fait que, lorsque nous la touchons -même dans le minuscule enchanteur de nos vies maladroites- alors, la Vie chante. Intacte ; au-delà même de nos usures...

(Un des déclencheurs de ce texte a été un livre plus que remuant, de Victor E. Frankl, dont le titre est traduit en France par : « Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie ». Tout d'abord, le témoignage d'un psychiatre rescapé des camps de travail et d’extermination ; et une base théorique de travail psychothérapeutique absolument passionnante ! (Et par rapport à la somme de boules puantes entendues récemment sur un certain sujet, la lecture de ce livre devrait être obligatoire...)

Victor E. Frankl, « Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie ».

 

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