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29/09/2013

Des cadeaux

sous la pluie.jpg

(Désolé, je n'ai pas trouvé le nom du photographe...)

 

Parfois on écrit des choses sans se rendre de la portée du truc. Ainsi, un jour, ai-je écrit : "Apprendre à remercier la vie. Accepter que nous sommes dans un système de réciprocité de dons plutôt de charges et de poids. Je commence à comprendre, un peu, en profondeur, ce que cela veut dire et impliquer. Et c'est comme un grand rideau qui s'ouvre. Une entrée dans la lumière".

J'ai du écrire ça, je pense, vers 2006 / 2007, et sur le coup je ne me suis rendu compte de rien. C'est en cherchant à compiler quelques textes pour un bouquin que je suis retombé dessus et que j'ai compris la portée du truc. (Je me demande même en la recopiant aujourd'hui s'il n'y a pas une faute de conjugaison : ne serait-il pas plus juste d'écrire : "Accepter que nous soyons", plutôt que "Accepter que nous sommes" ?)

Si je te parle de ça, c'est parce que question réciprocité de dons et cadeaux reçus, j'en ai reçu une telle flopée ces derniers temps que je ne sais même plus comment remercier. Je t'en donne quelques exemples, mais il y en a bien d'autres, certains dont je ne parle pas, tout simplement parce que je ne sais pas encore comment en parler.

Ce peut être des rêves ; je t'en citerai trois.

Premier rêve : je suis un chat dans un autocar. Je vais voir le conducteur qui représente mon père en lui taquinant le cou de mon museau. Ma mère est représentée par la contrôleuse (ou une passagère, je n'en suis pas certain). Elle est certes un peu chafouine de cette réconciliation mais finit par être contente. Ce que me dit le rêve : enfin ce travail de réconciliation avec ton histoire familiale, de pardon et de paix est accompli ! Tu peux passer à autre chose !

Deuxième rêve : J'ai des journaux anciens dans la main. Dans chacun d'entre eux, insérées à l'intérieur des pages, il y a des musiques correspondantes au jour de publication. Ce que me dit ce rêve : enfin, tu peux te permettre de faire chanter ton passé. Finis les temps de la grande souffrance ressassée !

Troisième rêve : Je marche dans un village de l'Aveyron que je connais bien maintenant... Je m'engage dans une venelle quand, sur ma droite, j'aperçois un passage caché. Je le prends mais pour y avancer, je dois y ramper comme le font les chenilles en ramenant l'arrière du corps vers l'avant. Le passage est très étroit, c'est comme une naissance. Je finis par en sortir et me retrouve dans une grande salle tout de bois, type marché de noël ou grande salle polyvalente. Il y a des stands dont un qui vend des "verres à chansons". Il y a une femme qui dit "venir du nord". Je me réveille. Ce que me dit ce rêve : tu es enfin né à ta nouvelle vie à venir. Tout est prêt, tu n'as plus qu'à faire.

Dois-je dire qu'au réveil de ce rêve, pour la première fois depuis des semaines, les vilaines douleurs inflammatoires que j'avais aux épaules depuis quelques semaines avaient disparu ? (Vu que ça semble inflammatoire, elles reviendront peut-être. Mais comme pour une grande part de ce que nous vivons, nous avons à choisir entre une coïncidence due au hasard ou un miracle qui s'accomplit ; je te laisse choisir ta réponse, sachant que pour ce qui me concerne le choix est fait depuis longtemps...)

Le plus incroyable, est que ce dernier rêve survient deux jours après un magnifique cadeau fait par une amie. Non pas un cadeau matériel, mais un cadeau du cœur. Elle m'a offert les clés, la confiance et des alliés pour un projet autour du conte dans ma nouvelle vie à venir ; projet que j'avais un peu délaissé parce que découragé... Et crois-moi, découragé je ne le suis plus, car elle m'a donné les clés qui me manquaient ! Et sais-tu ce que je vais faire ? Ce projet, je vais l'écrire. Aujourd'hui. Mais pour ce premier jet, je ne vais pas l'écrire en le pondérant des réalités du terrain ou de la conjoncture économique. Je vais écrire le rêve de ce projet. Le projet tel qu'il pourrait être dans l'idéal, quitte bien sûr à l'adapter après. Pourquoi ? Parce que si l'on veut qu'un jour nos rêves adviennent, il faut les inscrire dans ce monde, il faut que leur énergie pré-existe ; ça leur donne de la force et ça les place dans le Grand Cercle du Monde.

Et puis, il faut que je te parle d'une vision que j'ai reçue (j'allais dire : "que j'ai eue", mais ça m'a paru impropre...)

Je faisais mon zazen du matin. J'avais appris la veille le décès, à 42 ans d'un cancer, d'une chanteuse lyrique que j'aimais beaucoup (Elle s'appelait Chloë Waysfield, c'est important de garder la mémoire des noms...). Nous nous étions vus pas plus de quatre fois et avions travaillé ensemble trois fois. Mais ce fut une vraie rencontre. Les rencontres d'âme à âme n'ont pas besoin de temps, elles sont souvent immédiates et définitives. J'allais à ses obsèques l'après-midi même et sa présence (ou son absence, je ne sais...) habitait ma méditation. Lorsque soudain m'est apparu, baignant dans une lumière dorée et lui-même comme recouvert d'or et flottant dans un vide d'or pur, la vision d'un fœtus presque à terme. Je dis "vision" parce que c'en était une : ce n'est pas une image que je voyais, mais j'étais comme immergé dans l'image. J'ai vu cette vision apparaître à la hauteur de mes yeux puis lentement descendre et venir se placer dans mon cœur où je l'ai accueillie.

Libre à toi ensuite d'y voir ce que tu voudrais (toujours ce choix entre la coïncidence ou le miracle qui s'accomplit !), mais, moi, cette vision m'a bouleversé. Une "amie" (je mets entre parenthèse car nous n'étions pas amis au sens usuel du terme) était partie et c'était comme si quelque chose revenait à sa place pour grandir et s'accomplir en mon cœur, au plus profond de mon être. C'était d'une force et d'une beauté stupéfiantes...

Oui, je pourrais garder tout cela pour moi. Mais outre le fait que j'ai choisi depuis longtemps dans ce blog de parler de tous les aspects de ma vie intérieure, l'amie qui m'a donné l'autre jour les clés qui me manquaient a aussi dit à un moment de la conversation ; "Il faut être à la hauteur de ce que l'on est". Et vois-tu en racontant ce que je te raconte aujourd'hui, j'essaie d'être à la hauteur de ce que peut être la Vie parfois et de m'en montrer digne.

Bon, certains vont peut-être se dire que cette fois-ci vous m'avez perdu définitivement. Alors je vais te raconter autre chose. Une chose vraie et scientifique. Oui, m'ssieurs dames.

Sache donc d'abord, que notre corps compte environ 100 000 milliards de cellules, et que si on les mettait toutes bout à bout, on obtiendrait un ruban de quelque 15 000 km de longueur. Il existe environ 250 types cellulaires différents : cellules du sang ou de la peau, cellules musculaires ou cardiaques, neurones etc. Vingt milliards de ces cellules meurent chaque jour. Elles sont bien évidemment remplacées, sachant que près de 20 millions de cellules se divisent en deux "cellules filles" chaque seconde. Le terme «diviser» signifiant ici "multiplier".

Cela signifie que notre corps renouvellent ses cellules en permanence. 95 % de nos atomes seraient remplacés en un an ! 90 % de nos cellules ont moins de dix ans. Les plus lentes sont les parois de l'intestin et du muscle des côtes qui se renouvellent tous les 15 ans. Mais la peau est renouvelée une fois par mois, le foie toutes les six semaines, le squelette tous les trois mois. Un globule rouge vit 120 jours, une cellule de rétine, 10 jours... Tout cela pour dire que nous changeons de corps tous les 15 ans !

Cela signifie que notre corps est plus jeune que nous, qu'il se renouvelle et se régénère en permanence quand nous, continuons à nous percevoir comme "semblables". Notre perception du corps est complètement erronée ! Seuls les neurones ne se renouvellent pour ainsi dire pas (des découvertes récents en auraient identifié des jeunes dans des cerveaux adultes), mais nous en disposons d'un tel nombre qu'il nous suffit de modifier et d'enrichir les connexions pour assurer le renouvellement potentiel de notre système cognitif.

Vertigineux n'est-ce pas ?

Comment tout cela se passe, je n'en sais rien. Un atome arrive t-il en disant à l'autre, pousse-toi de là c'est à mon tour maintenant ? (je plaisante, je plaisante...). Peut-être que la très grande vieillesse précédant la mort correspond-elle à un arrêt du renouvellement de nos cellules ?

Je n'en sais rien. Nous n'en savons rien. Tout juste savons-nous que nous sommes en perpétuelle métamorphose. Que le vivant est en perpétuelle métamorphose. Nous connaissons si peu du monde et nous en percevons si peu. Croire en un miracle qui se renouvellerait chaque jour, et dont nous n'en comprendrions qu'une partie, n'est après tout qu'un petit risque à prendre. Et vois-tu, depuis que j'ai commencé à assumer ce risque, ça chante à tous les étages...

Alors donc : merci, merci et merci !

Commentaires

Bonjour Dominique
ta vision est majestueuse, un cadeau, oui
merci du mot " métamorphose" que j'avais oublié quelque peu
Je reviens de quatre jours d'Océan où la roue a totalement tourné
Où nous avons redéfini des envies de vivre et de lieux : contrairement à nos prévisions on choisit de rester là où on vient de s'installer et non pas de migrer vers la mer dans quelques années. rester là où l'on est bien, cela peut paraitre évident mais cette peur de l'enfermement faisait cisaille, perçeuse et clous, broyait mon noir.
Et puis non. Tiens. Et si on était bien là où on est bien, sans se sentir coincé, embrigadé, sans avoir peur du temps qui écrase. S'il t'écrase petit vermiceau, c'est que tu as oublié tes ailes, regarde bien dans ton dos, ferme les yeux. regarde.

Écrit par : Laure | 01/10/2013

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