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04/09/2013

Toujours la même rivière et jamais la même eau

cascade en Inde steve McCurry.jpg

Photo : Steve McCurry

 

Il y a des moments où nous sommes prêts pour que des choses arrivent et d'autres non. Alors, on passe à côté et on prend un autre chemin, ce qui est tout à fait normal somme toute : la vie psychique va par cycles et sans doute serait-il possible de dire qu'une de nos intelligences les plus précieuses seraient de les comprendre et d'adapter nos élans en fonction. 

Parfois aussi, une décision prise à un moment induit toute une série de conséquences que l'on n'aurait pas pu imaginer au départ. Ainsi, pour ce qui me concerne, la décision d'un changement de vie, dans les mois et années qui viennent, a t-elle eu pour conséquence une dynamique de remise en cause fondamentale, visant à m'interroger sur mes propres limites, mes interdits, mes scénarios de vie. 

Je n'entrerai pas dans le détail, mais sache que si tu parviens à imaginer ce que pourrait être le fait d'être installé dans un accélérateur de particules, tu auras une idée de la chose... 

Je me rends compte aussi que souvent les aides que l'on cherche sont tout autour de nous, à portée, mais que nous ne les voyons pas toujours. Ainsi, tel livre maintes fois feuilleté, voire commencé, sans que tu ne trouves d'intérêt pour le finir, lu au bon moment, sera comme une sorte de déflagration. 

Quant à savoir si une chose est bonne ou pas, il y a une façon incroyablement simple de le savoir : ça ouvre un espace vivant, ou ça en ferme un. Tu peux retourner le truc dans tous les sens, c'est aussi simple que ça. Ça ouvre ou ça ferme ? Ça m'allège ? Ça me dynamise ? Ou ça me plombe ? Si tu sais lire ça, tu as l'essentiel... 

Et puis, comme chacun sait, la psyché humaine ne fonctionne pas selon la rationalité dont notre société aime à faire preuve. Elle est joueuse, trompeuse parfois, imprévisible. C'est pourquoi si l'on veut faire un pacte avec la nôtre de psyché, il faut aussi savoir s'attendre à tout. Je t'en donne un exemple. 

Cet été, un événement a fait que je crois avoir été libéré d'une ombre familiale qui m'empêchait de vivre ma vie. Quelques semaines après, presque sous la dictée, j'écris une chanson à propos d'une chose que je n'avais encore jamais osé affronter frontalement (des années sordides d'enfance en internat). La chanson n'est peut-être pas un chef-d’œuvre, mais je la pense forte et je suis certain que je n'aurais pu l'écrire sans l'événement de cet été. Là-dessus, le weekend dernier je m'inscris pour deux après-midi à un stage de Tarot. Je m'y présente le samedi et découvre qu'en fait cet après-midi-là est autour de l'arbre généalogique (comment l'arbre vit en soi). J'y assiste donc et c'est tout autant passionnant que remuant... Je rentre chez moi, relis le mail qui présentait les deux après-midi et me rend compte qu'il était tout-à-fait explicite ! Simplement que si je l'avais bien lu, je ne me serais pas inscrit le samedi. Quand je te dis que la psyché est joueuse... 

Là-dessus, j'ai donc commencé à faire mon arbre, et tu sais quoi ? Pour l'instant c'est comme si il manquait une jambe ! J'ai presque tout sur la branche maternelle, et presque rien sur la paternelle. Je n'arrive même pas à me souvenir de l'année du décès de mon père (je mon souviens du jour parce que c'était le lendemain de mon anniversaire) mais en plus, j'ai perdu l'acte de décès et de mon père et de son frère ! Quand je te dis que la psyché est joueuse... 

J'ai eu cette semaine une réflexion sur les personnages que nous nous fabriquons, que nous jouons pour nous adapter aux circonstances : le juge, l'enfant victime, le bourreau, l’intellectuel bon élève, l'ami sûr, sur qui tout le monde peut compter, le fils exemplaire... J'en passe, il y en a des milliers ! De notre enfance, nous conservons à notre insu les stratégies qui ont marché, les reproduisant à l'infini, continuant d'utiliser toujours les mêmes alors que la situation est complètement différente. Résultat : nous nous épuisons à maintenir un édifice qui n'a plus de raison d'être ! 

Adolescent, pendant mes premières vacances sans mes parents, je m'étais amusé à me faire appeler par un autre prénom que le mien. Pour la petite histoire, c'est d'ailleurs à cette occasion que des amis rencontrés sur place m'avait invité à une soirée qui s'avéra être une partouze... de laquelle le puceau que j'étais alors s'enfuit avant même d'aller plus loin (le regret de ma vie, tiens, d'autant que ça ne c'est jamais reproduit...). Mais si je te parle de ça, c'est pour te dire autre chose. C'est qu'au cours de cette expérience, je me suis rendu compte que du coup, tout ce que l'on me disait en m'appelant par mon faux prénom, me donnait l'impression de ne pas me concerner. Ça s'adressait à un autre ! Et je me dis du coup que tous ces personnages que nous jouons, nous empêchent de recevoir réellement ce qui nous est offert, parce qu'alors on pense toujours que c'est pour quelqu'un d'autre... Comme une injonction à chercher en soi ce que l'on est vraiment... Pour que ce soit enfin nous, pleinement nous, qui vivions notre vie. 

L'être humain va de métamorphoses en métamorphoses. Il est comme les rivières qui coulent : toujours la même rivière, et jamais la même eau. 

Pour terminer, une phrase qui n'a rien à voir, que j'ai entendu ce weekend (merci Marianne!) ; elle a été dite ou écrite par un maître hindou du nom de Sri Nisargadatta . C'est une pure merveille. Elle dit ceci : 

« Le Mental crée l'abîme,

le cœur le travaille ». 

Là-dessus, je te quitte pour aujourd'hui...

Commentaires

Eh bien...que de choses qui "travaillent" ...!

Juste en passant : ce que tu vis avec ta lignée paternelle dans ton "arbre", je le vis avec ma lignée maternelle...une sorte de "grand trou noir"...
(qui me laisse penser que le problème...est là !).

Écrit par : La Licorne | 04/09/2013

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