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29/08/2013

Un conseil murmuré

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Cet été avait décidément été celui de toutes les métamorphoses : celui des unions, des rituels, des libérations et des bonnes résolutions prises dans le secret de l’âme.

Mais de cet été - qui fonctionna comme une sorte d’Enseignant souverain- il avait fini par recevoir un secret qui, depuis quelques jours qu’il l’avait reçu, semblait être un facteur de transformation très puissant. Et puisqu’il avait pris la décision que dorénavant chacune de ses paroles serait comme une amulette venant rompre un mauvais sort et faire chanter le monde en tentant de le réveiller du mauvais rêve dans lequel il s’étiolait, il se dit qu’il serait bon qu’il te le murmure à l’oreille.

Alors imagine. Imagine que l’état « normal », stable, fondamental de l’être humain soit la joie, une bonne énergie et une sensation de légèreté nimbée d’une ardeur joueuse. Suppose-le.

Postule par ailleurs que tous nos petits dérèglements émotionnels, nos nombreux états d’âme comme l’énervement, l’impatience, la râlerie, l’agacement, l’envie, la frustration, le manque, la colère, le ressentiment, le jugement excédé, l’inquiétude… soient comme autant de voiles momentanés mais se succédant sans fin, venant occulter cette joie et ce bien-être fondamental.

A partir de là, commence à te dire lorsqu’un de ces états d’âme négatifs et / ou désagréables s’installe en toi la chose suivante :

« Dans cette situation, ce n’est pas la situation qui est responsable de cet état d’âme, mais uniquement moi. »

Prenons par exemple une file d’attente à la caisse d’un hypermarché. Tu en as marre, cela fait une heure que tu vas de rayon en rayon, ta liste de courses à la main. Il est 13 heures, tu n’as pas encore mangé et cela fait dix minutes que tu attends dans la file, alors que derrière toi un jeune enfant hurle dans sa poussette. Ça te parle n’est-ce pas ? Maintenant, réfléchis au fait qu’in fine tu ne peux pas faire grand-chose : tu n’as, le plus souvent, pas les moyens de faire venir des caissières supplémentaires, et tu ne peux pas plus consoler l’enfant derrière toi. Alors, si tu n’as pas prise sur cet événement, en quoi ton agacement et ton impatience vont-t-il changer quelque chose ? En rien !

Ainsi, donc, tu es en train d’enfouir ce sentiment de joie et d’allégresse, que tu avais en toi ce matin en te levant, sous une dalle de sentiments et d’émotions considérables qui ne vont rien changer à la situation ; voire l’aggraver s’il te prenait, par exemple, de t’en prendre à la mère de l’enfant ou d’insulter la caissière trop lente à tes yeux.

Tu viens, mine de rien, de gâcher un moment de ta vie. Ballot, n’est-ce pas ?

Tout cela pour te dire, qu’à chaque instant au cours duquel tu sens monter en toi un de ces sentiments désagréables, n’en n’accuse pas la situation de façon exagérée. Pose le problème, observe ce qui se passe en toi (surtout ne le refoule pas) et dis-toi que non, décidément, ce serait dommage de venir abimer la Vie qui est en toi par un tel débordement.

Ainsi, peu à peu, quand tu te sentiras partir en vrille, tu apprendras à ne pas désigner comme responsable la situation ou la personne que tu considères comme à l’origine du problème, mais à te rendre, toi, responsable de l’état d’âme que tu génères.

Difficile à faire ? Oui bien sûr ! Ajouta-t-il, mais il y a deux choses qui pourront t’aider.

La première est de ne pas confondre mise à distance de ton émotion négative et refoulement de celle-ci. Notre monde est dur, parfois violent, et nous sommes très loin de la paix universelle… Donc affronte chaque instant comme il se doit.

La deuxième est le secret dont je te parlais au début. Il consiste à avoir toujours à l’esprit ce sentiment de joie et d’allégresse et de légèreté dont je te parlais tout à l’heure. Tu en as bien déjà vécu des instants comme cela n’est-ce pas ? Alors, dis-toi, lorsque –par exemple- l’impatience te gagne, que tu es bêtement en train d’altérer ce Souffle-là. Et que c’est dommage… Ne le fais pas que pour toi, fais-le aussi et avant tout, pour lui…

Une de nos principales missions n’est-elle pas de prendre soin de l’étincelle de vie dont nous avons été dépositaires ?

Il réfléchit encore un moment, puis il ajouta :

Oui, c’est ça : à chaque fois que tu identifies en toi des états d’âme désagréable (je parle bien sûr dans des circonstances de la vie de tous les jours, pas dans des situations extrêmes dans lesquelles tu serais effectivement en danger) pose toi une seule question : « en quoi ai-je merdé pour en arriver là ? » Et puis, tente de corriger le tir…

Ta Vie le mérite…

Il se souvient alors de ces références à la notion de « guerrier pacifique » qu’il avait trouvée récemment, tant chez Chogyam Trungpa que dans des livres sur le chamanisme, en se disant que les chemins de l’âme étaient autant affaire d’affût, d’observation, d’attention, que d’intention et de lâcher prise. Un art de chercher la proie sans en être obsédé, mais aussi un combat qui aurait pour objet de devenir une danse.

Il marchait sur une piste nouvelle qu’il ne connaissait pas, apprenant à en déchiffrer les empreintes…

Commentaires

Oui...essentiel...mais pas facile, l'exercice sur la maîtrise des émotions...
J'ai aussi essayé longtemps...avec difficulté.
Souvent, l'énervement monte avant qu'on ait eu le temps de penser à quoi que ce soit...

Et puis, un jour, j'ai fait une "coupure" dans ma vie. Plusieurs mois sans travailler...et sans stress.
Quand je suis "revenue" à ma vie habituelle (ou presque), je me suis rendue compte, que, naturellement, et sans faire grand chose, j'étais beaucoup moins encline à "m'énerver" qu'avant...
Je regarde les choses avec un peu plus de distance et de patience (enfin, pas toujours, mais plus souvent).
Comme si j'avais "passé un cap" et relativisé les choses...et puis "décidé" intérieurement que la vie était trop courte pour la passer...à râler !

Tes conseils sont excellents : je crois que "se forcer" à être "zen" n'est pas bon : si on refoule nos émotions négatives, elles finissent par revenir multipliées par dix...
Alors les identifier, oui...les reconnaître, les accueillir...puis décider qu'on ne s'y "engouffrera" pas est une bonne "méthode"...

Reste à ne pas se mettre dans un état de fatigue intense...car, dans ce cas...gare !
S'accorder un peu de repos est aussi une médication "salutaire" !

Écrit par : La Licorne | 04/09/2013

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