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01/06/2013

Miroir, mon beau miroir

frankenstein et le miroir.jpg

Photo : "Bride of Frankeneistein" de Julia Timohina

 

Ce soir, il y a plein de choses passionnantes partout : la Dame qui chante dans le sud de la Seine et Marne, une nuit du conte à Paris organisée par une amie, un festival dans un parc sublime, et bien d'autres choses encore...

L'avantage de prendre en âge est qu'en général, on apprend. Ainsi ai-je appris à m'écouter et à savoir parfois dire non aux sollicitations les plus amicales, amoureuses ou artistiques. Parce qu'il est des moments où si l'on ne sait pas s'arrêter, on se retrouve très vite dans son propre enfer. Et qu'est-ce donc que son propre enfer si ce n'est d'être séparé de soi et de son essence profonde ? "Diable", étymologiquement signifie : «celui qui divise» ou «qui désunit» ou encore «qui détruit». C'est pour dire...

Donc en ce moment, trop de choses, trop de pressions, trop de tout, et le besoin impérieux de me poser. Il faut savoir faire le vide pour que quelque chose puisse naître à nouveau. Il y a ainsi des êtres qui se réalisent dans le trop plein, le trop de tout. Je sais maintenant faire partie de ceux du soustraient plutôt qu'ils n'additionnent. Ceux qui apprennent le moins plutôt que le plus. Ceux qui appartiennent  au silence, même s'ils sont souvent loin de s'y abandonner. Et crois-moi : c'est un sur-actif de la vie intérieure qui te parle... Mais parfois, le poids des choses, et même les invitations les plus amicales et belles, arrivent dans ta vie comme un voile venant recouvrir la part de toi la plus vivante. Alors il faut savoir dire non, pour qu'à nouveau, la cloche résonne...

Ce soir donc : solitude, avec une pensée émue, amoureuse et / ou fraternelle pour tous les lieux où j'aurais pu me rendre. C'est ainsi.

Au programme, la lecture d'un livre passionnant dans lequel je me retrouve tu ne peux savoir à quel point : "Confidences" de Thierry Jansen (Il est maintenant en poche). Lis-le, c'est un conseil d'ami.

Bon, autrement, j'ai un gros problème.

Comme tu le sais, sans doute (ou pas), je me marrie en juillet. Or, cela fait deux fois que je vais dans notre belle capitale en recherche de ma tenue de mariage et que je ne la trouve pas...

Ça n'a l'air de rien, mais chez moi ça parle. Il ya une vingtaine d'années, j'étais un jeune branché toujours habillé "total hype" : pantalon en cuir, chemises dernier cri, lunettes branchouilles... Tu vois : le genre directeur culturel qui se la pète... J'ai bien changé depuis... Et si je m'écoutais, je deviendrais bien vite peu regardable... Pourtant, je suis éminemment sensible à certains discours, comme celui de Fabrice Midal, expliquant que pour lui, prendre soin de sa vêture est une manière de saluer chaque jour et de l'honorer, de la plus exquise des façons. Je trouve ça beau, comme théorie ; tentant même ; mais je peine à m'y résoudre.

Sans doute un problème d'image. C'est que j'ai bien changé depuis mes années fashion victim : j'ai pris de l'âge et de l'embonpoint. C'est peut-être ça que j'ai du mal à accepter. Pourtant, des boutiques j'en ai fait ! Mais à chaque fois, soit c'est trop classique, soit trop branchouille, soit ça va pas ensemble, soit ce n'est pas à la hauteur de l'événement, soit c'est trop çi, ou trop ça... Une ou deux fois, j'ai trouvé le truc évident ; celui où je me dis : "oui, c'est ça que je veux !". Mais à chaque fois, je regarde le prix et ça me calme tout de suite. Comme cet après-midi, une veste sublime, originale et tout et tout, mais à 360 €...

J'ai une grande amie qui vivait peu ou prou la même chose et qui a pris une grande décision : elle est allée voir un coach vestimentaire. Ca l'a complètement chamboulée, et maintenant elle s'habille avec un goût incroyable. Si la Dame n'est pas libre dans les jours qui viennent, je vais lui demander de m'accompagner. C'est important un regard de femme dans ces circonstances...

Mine de rien, c'est quand même le genre de blocage qui te force à t'interroger sévèrement sur certaines de tes limites ; et je suppute que derrière tout cela, il y a un vrai lièvre à lever pour mon plus grand bien (un truc en rapport avec l'identité, ou un truc comme ça, tu vois...). "L'Homme au Bois Dormant, ou l'histoire de l'homme qui ne savait plus comment s'habiller".

D'où la photo pour illustrer cet article. Car se vêtir pour une grande occasion, c'est  se confronter à tous nos mythes et à toutes nos appartenances. A quel héros intérieur ai-je envie de ressembler pour cette cérémonie ? A quelles diablesses ou héroînes ai-je envie de plaire ? A quelle image fantasmée et enjolivée de moi-même ai-je envie d'obéir ?

La Dame, elle, ne se pose pas ce genre de question ; elle a déjà sa robe. Que je n'ai pas vue et découvrirai le jour-même. Je ne sais pas pour toi, mais moi, j'adore les rituels... Même quand ils te forcent à trouver à comment t'habiller...

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