07.07.2009
pour la première ou pour la dernière ?
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06.07.2009
verre brisé
La rose de la Dame
Des semaines que la Dame vide et expurge une partie de ses armoires et de sa maison pour préparer mon eménagement prévu en août.
L'autre jour elle me demande pourquoi à chaque fois que je viens chez elle, je n'en profite pas pour commencer à ramener des affaires.
J'ai parfois la visière à ras les sourcils et je réponds bêtement que c'était prévu en août et pas en juin, et que du coup je n'y avais pas pensé...
Toujours est-il, qu'une fois la visière remontée, j'ai déposé ce week-end pour la première fois un plein sac de livres. Ceux de contes pour commencer.
Vous savez comment c'est n'est-ce pas ? Lorsqu'on enlève des livres d'une étagère en en laissant quelques uns, ils ont une tendance irrépressible à se casser la gueule les uns sur les autres...
Il se trouve que sur une de ces étagères ainsi partiellement libérée était posé un cadre contenant une photo représentant une sublime statue du Bouddha. J'avais ce cadre de l'époque où j'étais encore marié, époque à laquelle j'avais commencé zazen (revenez à la note précédente et vous verrez que tout se tient). Ce cadre m'avait suivi au long de mes déménagements successifs, parfois sur les murs, parfois et le plus souvent, dans des cartons.
Emménageant dans cet appartement il y a deux ans, je l'avais donc ressorti et le regardais ces derniers temps avec un oeil renouvellé, zazen revenant dans ma vie après une longue éclipse.
J'ai donc enlevé quelques livres de cette étagère pour mon premier acte d'emménagement avec la Dame en pleine période de reprise méditative.
Je remplis mon sac, vaque à quelques occupations, entend un gros bruit dans le salon, vais voir.
Les livres restant avaient fait tomber le cadre qui s'était cassé en mille morceaux laissant la photo intacte.
Certains auraient pu y voir 7 ans de malheur. Pour ma part j'y ai vu une magnifique "sainte chronicité". Ce Bouddha à terre, libéré de sa cage de verre semblait me dire qu'enfin le cycle était brisé et que je pouvais dorénavant regarder et vivre toutes ces choses d'un oeil neuf, libéré de l'ombre du passé. Une manière de dire que l'essentiel des deuils était fait et que le temps était enfin venu d'une nouvelle vie conjugale et d'un nouveau rapport à la méditation.
Un verre brisé et une compréhension soudaine et ébahie certes, mais plus encore une sorte de validation, de "permission" qui m'était offerte de la manière la plus stupéfiante qui soit.
Arrivée chez la Dame, elle m'avait offert une rose. Je fais partie de ces hommes qui aiment qu'on leur offre des fleurs. Elle ne le savait pas de manière consciente, mais c'était une rose pour fêter un grand moment.
Celui d'un verre brisé me libérant soudain d'un passé comme une exhortation à faire le grand saut.
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04.07.2009
zazen
Senseï Deshimaru
Pendant quatre année de ma vie, j'ai pratiqué la méditation zen. Vingt minutes par jour à la maison et deux fois quarante minutes au dojo de Paris le dimanche matin.
"Poussez le ciel avec le sommet de la tête, poussez la terre avec les genoux, les épaules parallèles au bassin, concentrez vous sur l'expiration et si des pensées viennent, laissez les passer comme nuages dans le ciel..."
Combien de fois ai-je entendu ces phrases ?
Ce que cette pratique m'a apporté est immense sans que je ne sois jamais parvenu à mettre des mots dessus : une présence au monde, un début d'éveil, un semblant de centre... Mais surtout une brêche dans la conscience. Maître Deshimaru disait que zazen vous change inconsciemment, automatiquement. Je peux témoigner que c'est vrai.
Qu'est-ce que le zen ? Le zen c'est la posture. Point.
L'absence de spéculation théorique (en tout cas dans l'école Soto), la pratique basée sur le corps, convenaient à l'intellectuel cérébralisé que je suis parce qu'alors je ne pouvais m'illusionner par la pensée. Toujours revenir au corps, à la posture.
Dire que la position est inconfortable est un euphémisme. Dire que je n'ai pas eu mal, et parfois très mal, serait mentir. Mais la contrepartie de ces douleurs était tellement belles et profondes que j'en supportais beaucoup. Étrangement d'ailleurs, ce n'étaient pas les séances les plus "confortables" qui semblaient par la suite les plus fructueuses. Je me souviens d'une séance qui fut un vrai cauchemar et dont les jours qui ont suivi furent d'une légereté joyeuse et vibrante inimaginable.
Et puis j'ai arrêté. Divorce, analyse (zen et analyse sont incompatibles en tout cas pour ce qui me concerne), bouleversements divers et variés, découverte et pratique du taï chi qui m'apporta beaucoup.
Je tentai bien de revenir sur la Voie suite à un extraordinaire concours de circonstance ; un lieu de pratique à 200 mètres de chez moi en région parisienne. Un "hasard" qui ne pouvait n'être qu'un signe. Mais, manque de pratique, corps changeant, tourments divers et que sais-je encore, la douleur physique m'était devenue insupportable. Littérallement.
Bien des années plus tard et depuis un mois, j'ai repris zazen. 20 à 25 minutes d'étirements lents et de respiration consciente (ceci n'étant pas lié à zazen mais étant un travail visant à m'assouplir), et puis, le coussin, les jambes croisées, le dos droit, la main gauche sur la main droite... Tous les jours. Je tiens environ un quart d'heure. Bien loin encore des deux fois quarante minutes en vigueur au dojo, mais tout de même mieux que les à peine 5 minutes d'il y a peu. Pour moi une belle victoire et l'impression de rentrer à la maison, "chez moi", et je sais que bientôt je retournerai au dojo.
Ne pratiquant plus pour l'instant au sein de la sangha (communauté), je ne suis plus guidé. Peut-être que sur certaines choses je me trompe. Mais je crois tout de même avoir compris une chose importante.
L'éveil, le satori sont censés pour certains être un but. Mais il n'y a pas de but. L'éveil c'est ici et maintenant. A chaque seconde de zazen on ne recherche pas quelque chose, on actualise le Bouddha qui est en nous. En dissipant les brumes de l'égo, quelque chose peut alors poindre. La pleine conscience. Chaque seconde de zazen est un éveil en soi. Il n'y a donc rien à chercher, il y a juste à s'asseoir. "En zazen, disait Deshimaru, soyez comme des tigres"...
Faire zazen c'est réintégrer la conscience originelle. Au début de la pratique, on ouvre un sas de la taille du chas d'une aiguille et peu à peu ce sas s'élargit, s'amplifie. Jusqu'où ? Ça je ne l'ai pas encore connu alors je n'en parlerai pas.
Lisez les livres de Deshimaru, les livres de Jacques Brosse, les livres de Susuki, les livres de Thich Nhat Hanh (une autre école mais les pratiques se rejoignent). Fuyez les livres supposés zen qui vous promettent le bien être, le calme pour être plus efficaces dans votre vie. Ceux-ci n'ont rien à voir avec le zen.
Et si vous êtes curieux d'essayer, allez sur le site de l'association Zen Internationale. Vous y trouverez toutes les adresses et tous les renseignements.
"Lire des livres sur zazen sans pratiquer, disait Deshimaru, c'est comme lire une ordonnance sans prendre les médicaments".
10:58 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : zazen, deshimaru, jacques brosse
02.07.2009
une extorsion
"Toutes ces histoires que je fais n'ont peut-être pas d'autre but que de vouloir extorquer au monde extérieur ce qu'en ce moment je ne peux pas obtenir de moi-même. Et on peut, avec ce genre de comportement, empoisonner ses meilleures relations. Tu devrais t'enfermer dans une cellule nue et rester seule avec toi-même assez longtemps pour te reprendre et imposer le calme à tes tendances hystériques".
Etty Hillsum "Journaux et lettres 1941-1943" Opus Seuil.
(Cette phrase étant citée pour sa pertinence et sans reférence directe ni à moi-même ni à qui que ce soit d'autre)
22:08 Publié dans citations | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : etty hillsum



