24.05.2009
nos aurores
19:24 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
22.05.2009
jusqu'à où ?
Commenter le "social" n'est pas la mission principale de ce blog. Mais il y a des événements qui me deviennent réellement insupportables.
Il y eut il y a peu un cadre de TF1 licencié pour avoir émis un avis défavorable à la loi Hadopi par le biais d'un mail envoyé à titre personnel à sa député, mail transféré illico presto au cabinet de la ministre de la culture, puis transféré ensuite à la direction de TF1.
Il y a cette histoire ridicule d'un homme mis en examen pour avoir crié "Sarkozy je te vois !" passant devant une interpellation gare Saint Charles à Marseille (et inculpé entre autre pour tapage diurne à... 18 h aux heures de pointes !)
Il y eut ces deux enfants de 6 et 10 ans, arrêtés à la sortie de leur école, emmenés au commissariat et interrogés parce que supectés d'avoir volé un vélo, chose dont ils ont été depuis totalement innocentés.
Il y a maintenant ce projet du ministre de l'éducation de créer une sorte de "police" interne aux établissements scolaires avec fouille à l'entrée...
Ce qui est terrible dans ces quelques faits (et il y en a beaucoup d'autres) c'est qu'il est très probable qu'aucune autorité hiérarchique n'a dit à ces policiers trop zélés d'arrêter un homme qui crierait "Sarkozy je te vois" ou deux enfants parce que qu'ils auraient un vélo trop beaux pour deux petits enfants maghrébins (parce que le fond du truc en l'occurrence dans cette affaire c'est probablement ça...).Personne n'a jamais demandé au fonctionnaire du ministère de la culture de transférer le mail concerné à la direction de T.F.1.
Ce qui est terrible, et l'Histoire nous le rappelle tellement, c'est qu'il suffit d'ouvrir la boite de Pandore, il suffit d'autoriser même implicitement, le déploiement d'un certain arbitraire sous le prétexte de la "sécurité" pour que le refoulé revienne en pleine bourre.
L'âme humaine a besoin de peu pour se sentir autorisée à faire les choses les plus dégueulasses qui soient, comme d'aller arrêter deux gamins à la sortie de l'école, par exemple...
La face rampante de tout état policier (parce que c'est de cela qu'il s'agit, cette idée que tous les problèmes peuvent être réglés par la sanction et la peur du gendarme en se drapant derrière la légitimité de la loi sans se soucier des causes des dits problèmes), c'est l'excès de zèle et l'autocensure dans un premier temps, puis vient l'arbitraire et souvent la barbarie...
Pendant ce temps, Julien Coupat est toujours en prison sans qu'aucune preuve n'ait été retenue contre lui, pendant ce temps on continue d'expulser pour faire du chiffre après avoir placées ces personnes dans des centres de rétention qui sont une honte et dans lesquels on hésite pas à laisser de très jeunes enfants pendant plusieurs jours, pendant ce temps, un homme s'est retrouvée plusieurs jours en garde à vue pour un SMS potache...
Pendant ce temps, le P.S. est aphone et les "grandes consciences" n'ont plus accès aux médias...
Ca m'énerve tout ça, ça m'énerve. (Si un fonctionnaire du ministère de l'intérieur lit ce texte, pourrais-je être suspecté,je ne sais pas moi, de soutien à une entreprise terroriste ou d'entrave à la justice, un truc comme ça ?...)
Et oui, il y a des jours comme ça où ni l'homme, ni le bois ne dorment...
07:50 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.05.2009
la belle au bois
Enfin (je dis "enfin" car pour quelqu'un qui a dénommé son blog "l'homme au bois dormant" et qui se prétend conteur c'était quand même étonnant), enfin donc, je travaille la Belle au Bois Dormant. Pas celle des frères Grimm et encore moins celle de Disney, celle -magnifique- offerte par Patricia Gaillard dans son livre "La Belle au Bois".
Cela faisait longtemps que je tournais autour de cette histoire, mais quelque chose ne se faisait pas.
Les contes viennent nous visiter, ou pas. Celui-ci n'avait pas encore frappé à la porte. Les contes sont comme ça. Ils viennent, s'installent pour un moment, prennent place dans votre esprit, vous habitent. Soit vous les accueillez et dans ce cas ils restent parfois toute votre vie comme un compagnon fidèle, soit vous leur dites "plus tard, pas maintenant". Et dans ce cas soit ils insistent, soit ils repartent. Sur le coup, vous ne vous en rendez pas toujours compte. C'est après que vous ressentez la perte. Parfois aussi, ils s'installent, vous vivez ensemble un moment et puis d'un commun accord, ils repartent après vous avoir permis de comprendre ce dont vous aviez besoin.
Ainsi donc, la Belle m'est venue et je l'ai accueillie à bras ouverts. Je ne comprends pas encore ce qu'il dit vraiment et c'est très bien comme ça. Les contes ont besoin de mystère pour agir. Que d'un coup vous mettiez en lumière leurs ressorts cachés et ils s'assèchent, vous assèchant aussi.
Il m'est venu très vite et avec évidence.
Cela faisait près d'un an et demi que je n'avais pas travaillé de nouveaux contes. J'ai fait beaucoup de musiques, beaucoup écrit aussi, j'ai raconté les "anciens", mais pas de nouveaux contes. Ils ne venaient plus frapper à la porte ce qui chez moi provoquait incompréhension et désarroi. Un an et demi c'est long... Et puis ils sont revenus : la Belle au Bois et la reprise d'une manière différente d'un conte africain.
C'est comme pour tous les arts, il faut apprendre à ne pas tout contrôler, à accepter que les choses nous échappent.
La Belle au Bois Dormant qui m'est venue est étonnante. Elle est venue sur un rythme intérieur et avec une narration différents de ce que je faisais jusqu'alors. Quelque chose de plus en plus épuré, de plus en plus profond et léger à la fois. Je ne l'ai pas encore raconté. J'attends le retour de la Dame partie prendre la maquis en Corse pour se ressourcer.
Hier soir, juste avant de m'endormir je pensais à tout cela. J'ai pris un magazine pour lire un peu et je suis tombé sur un article sur Marie de Hennezel qui parlait de Christiane Singer ainsi que de ces derniers mois (et qui n'a pas lu "Derniers Fragments d'un Long Voyage" ignore un des textes les plus féconds et les plus essentiels sur l'art de vivre et de mourir).
Elle raconte que la dernière phrase que Christiane Singer lui a dit (elle qui est morte si jeune à 64 ans) est celle-ci :
"J'aurais tellement aimé vieillir pour bercer le monde".
Et à lire cette phrase, il m'a semblé alors sans que j'en comprenne justement tous les ressorts cachés dont je parlais plus haut, que d'un coup tout se mettait en résonnance : mes 50 ans d'ici quelques mois, le conte de la Belle au Bois Dormant, tous les chemins qui me restent à parcourir, l'amour qu'il m'appartient de partager...
Je vieillirai pour bercer le monde...
09:23 Publié dans du conte | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : conte, la belle au bois dormant, marie de hennezel, christiane singer, derniers fragments d'un long voyage, patricia gaillard




