30.11.2009
on ne s'en lasse pas
C'est un jeu dont on ne se lasse pas. Celui d'aller lire les requêtes grâce auxquelles des visiteurs en goguette sont arrivés sur notre blog.
Pour ce mois-ci donc :
| sex | |
| ardente patience | |
| bérangère dana | |
| conte la belle aux bois dormant | |
| de tous les indiens le visiteur qui pour la première fois camp | |
| etre passeur | |
| olisbos | |
| pourquoi l'homme ne peut pas oublier son passé | |
| symbolique passeur | |
| toumani kouyate | |
| une présence | |
| w-
Ardente Patience, Bérangère et Dana, vous êtes très recherchées... Quant à la formulation mystérieuse "de tous les indiens le visiteur qui pour la première fois camp..." j'avoue qu'elle me laisse songeur... Et "savoir pourquoi l'homme ne peut oublier son passé" j'avoue que je ne sais pas. Bon pour "sex" et "olisbos" j'avoue comprendre un peu mieux... Toumani : tu vois on passe par chez moi pour te retrouver ! Et puis "une présence", là évidemment... On essaie, on essaie... et en écho cette phrase lue l'autre jour (dans un commissariat...) : "Dieu n'est pas une existence, mais une présence". A méditer. Le mois prochain quelqu'un arrivera t-il sur ce blog en tapant "Dieu" ? |
07:24 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
29.11.2009
musicians
Don Pullen et Georges Adams, deux des plus grands musiciens de jazz qui n'aient jamais existés, et dont chaque concert était une offrande.
Paix à leurs âmes...(cliquer sur l'image)
Les musiciens de jazz ou de rock / blues sont des drôles de gens (Pour les autres, je pense à ceux du classique que je ne connais pas sans en être fier pour autant, je ne me prononcerai pas).
Ils passent d'abord des heures enfermés chez eux à faire leurs gammes. Répétant pendant des heures un geste, un doigté, un passage d'accords.
Puis, pour se reposer ils réecoutent pour la 300 millième fois un disque de leurs musiciens favoris : l'introduction du mouvement n°2 de Love Suprême de Coltrane, le solo de Voodoo Child sur Electric Ladyland, le solo de djembé de Mamoudy Keïta sur un enregistrement de l'Ensemble National des Percussions de Guinée, les solos de sax de Georges Adams, l'incroyable pont de certaines chansons dites "populaires" comme celui de "Sweet Dreams" quand la voix se barre dans les aigus, la mélodie si simple et si parfaite de No Woman no Cry...
Puis ils sortent de chez eux pour jouer avec d'autres musiciens.
Ils n'ont goût alors que pour la fulgurance, le reste leur paraît fade et lorsqu'ils se retrouvent sur scène, ils jouent comme si c'était une question de vie et de mort ; à donf.
Et bien évidemment, cette fulgurance là n'est pas à chaque instant au rendez-vous, pas plus qu'elle ne l'est dans la vie.
Alors ils sont insatisfaits, énervés, contrariés... Et un tel qui n'a pas fait ça, et un tel qui est parti trop tard, et un tel qui était à côté, et un tel qui est arrivé tard pendant que les autres installaient le matos.
Et il est vrai que la pratique musicale en tant que parfait prototype de tous les enjeux du "vivre ensemble" revient bien souvent à gérer des problèmes d'égo et que les différents degrés d'implication et de motivation ne sont pas toujours partagés.
Sauf qu'en général, les concerts sont beaux et intenses. Peut-être pas parfaits, mais en tout cas, chacun essaie de faire ce qu'il peut.
Et qu'à un moment on a envie de leur dire : "Mais arrêtez un peu avec ça : c'était beau ! Ce que vous nous avez offert était plus bien plus fort que les quelques défauts que ça contenait. Arrêtez votre litanie mortifère. L'exigence est un devoir, mais pas la contrition. Apprenez à jouir de ce que vous nous offrez. Apprenez à être heureux de ce que vous avez fait. Et ayez à l'esprit que ce vous avez partagé est plus important que ce que, par inadvertance, orgueil ou paresse, vous n'avez pas partagé.
Apprenez à vous réjouir de ce que vous avez joué, plutôt que de rechercher ad libitum la note que vous avez oubliée, ou que votre comparse n'a pas jouée. Réaprenez le plaisir d'être un musicien bien vivant et de jouer avec cette matière sonore infinie et si joueuse..."
Et pas plus tard que cet après midi, la Dame, mon frère et quelques autres, ont cotoyé quelques fulgurances dont je crois bien qu'ils ne se sont pas aperçues...
Je me souviens d'un musicien d'origine hongroise, un saxophoniste de folie, avec lequel jouait mon frêre. Un matin, ma mère qui habitait tout près, le croise sortant d'un traiteur de la rue Doudauville à Paris, arborant dans ses mains, une langouste mayonnaise qu'il était en train de déguster.
- Mais enfin, Yoshko, lui dit ma mère, vous mangez une langouste mayonnaise au petit déjeuner ?
Et le musicien en question de lui répondre avec un accent à couper au couteau :
- Oui, mais moi, je fait du JAZZ !!!
La musique est un plaisir, et j'ai pour ma part, arrêté de vouloir en faire mon métier, le jour où elle ne l'était plus (il n'y avait pas que ça, mais il y avait de ça).
Parvenir à jouer et à inventer ensemble, c'est un tel plaisir...
Et tous ces Anges autour qui n'attendent que ça que de venir nous visiter...
22:26 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : don pullen, georges adams, yoshko seffer, musique, musiciens
rain
De mes vacances d'enfant sous des toiles de tente, j'ai gardé ce goût d'écouter la pluie tomber sur les toits, lorsque, bien au chaud sous nos abris en dur ou précaires, nous nous sentons reliés entre deux mondes.
C'est une musique apparemment semblable et en même temps toujours différente qui berce et qui parfois effraie.
La chambre dans laquelle je dors avec la Dame est sous les toits, sous un toit de zinc exactement. Et même mes réveils nocturnes prennent une coloration particulière lorsqu'il pleut. Une sensation paradoxale entre réveil d'enfance et rappel au présent et cette gamme infinie des bruits d'impact selon que la pluie touche le zinc, les vélux, tombe fort ou doucement, selon qu'il y ait du vent ou pas, selon qu'elle tombe droite ou en biais...
Ce bruit de la pluie tombante, immanquablement m'oblige à revenir à un ici et maintenant que j'ai trop tendance à délaisser.
C'est aussi une source d'inspîration artistique dont nous sommes des millions à y avoir été sensibles.
Magma (encore lui et donc décidémment je ne me remets pas du dernier album) a écrit une très belle chanson sur la pluie "Lihns" qu'avec un peu de chance vous pourrez entendre ici
C'est dimanche matin, il pleut, j'écris ce texte alors que tout le monde dort encore, sauf le chat et la pluie dehors battant sur les carreaux.
10:02 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
25.11.2009
allo ?
- Allô, l'hôpital ?
Oui, bonjour Maman. Ah tu ne sors pas la semaine prochaine ? Ah tu en as au moins pour 15 jours encore parce que tu ne peux toujours pas te lever et te coucher toute seule ? Tu en as marre... remarques je comprends. Si je peux passer te voir ce week-end ? Oui, je passerai... Si je suis fatigué ? Oui énormément. Mais ne t'inquiète pas, je ferai attention pendant les 700 kilomètres de route...
- Allô, le commissariat ?
Oui bonjour madame. Mon fils, quoi mon fils ? Il est en garde à vue ? Ah.... Pour usage et possession de cannabis... Oui, il a bien 15 ans. Vous ne savez pas quand je peux aller le chercher ? C'est le juge qui décidera. Bon d'accord, je me charge d'appeler sa mère.
- Allô ma fille ?
Ah tu ne peux pas aller chez le psy aujourd'hui parce que tu as une crise inflammatoire qui t'empêche de marcher et que tu as les mains qui ont doublé de volume ? Et tu as fait une demande pour pouvoir suivre tes cours de facs à domicile parce que tu es "trop fatiguée"... Tu as toujours peur de sortir de chez toi... Mais tu arrives à dormir à peu près sauf douleurs sans prendre de Lexomill. C'est bien. Mais il faut que tu t'occupes de tout ça et vite. A la rentrée tu étais censée entrer en classe prépa. Brillamment. Et là tu es en fac, tu es malade, tu es toute disloquée de l'intérieur et tu n'arrives presque pas à sortir de chez toi. Tu reprends RV chez le psy. Elle ne réponds pas ? Insiste. Et si tu ne peux pas marcher, je t'emménerai...
- Allô les impôts ?
Ah, une saisie sur salaire ? Pour un mois de loyer supposé non payé à la ville de Champs-sur-Marne ? Mais j'ai payé ! Ça fait trois ans que ça dure ! J'ai même un certificat administratif déjà fourni qui dit que je ne leur dois plus rien ! Ah, ça ne suffit pas ? 550 € en moins ce mois-ci ? Comme ça, sans prévenir ? Bon... Décidemment cette bonne ville de Champs, je n'y aurais pas laissé qu'un paquet d'illusions sur la nature humaine, une fatigue psychique dont j'ai mis des mois à me remettre et, il faut aussi l'avouer, ce qui me restait d'immaturité... J'y aurais aussi laissé un paquet de fric... Mais bon, je sais, vous n'êtes pas responsables de ça...
- Allô le travail ?
A rendre pour vendredi ? Bon d'accord. Et puis ce dossier là aussi ? Bon d'accord. Une réunion mercredi soir prochain ? Et puis un spectacle mardi et vendredi soir prochain ? Et puis trois réunions le soir la semaine dernière ? Ah bon... Et vous pensez que ça va se calmer ? Non ? Bon ça va pas se calmer...
- Allô le sommeil ?
Oui mes nuits ne sont plus des lambeaux de sommeil épars.
- Allô le centre ayurvédique ?
Je téléphone pour un massage, un cadeau de la Dame, un massage de tête, oui. Mercredi matin ? D'accord, parfait.
Et ce massage, il était bon ! Mais bon ! Je crois même qu'il m'a ressuscité.
Au sens propre.
Je n'entends plus pousser mes cheveux blancs.
22:05 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
19.11.2009
les artristes sont si fragiles
Les artistes sont des êtres fragiles. Pas plus que d'autres à la base mais c'est tellement complexe le travail d'artiste.
Ça oblige à aller chercher, sans certitude de trouver, dans des zones sensibles, à vif, dans des questionnements.
Je me suis souvent demandé quelle pouvait être cette spécificité du travail de l'artiste. Qu'est ce qui fait que l'on ressent le besoin d'en devenir un, ou alors pas du tout.
J'ai fini par penser, et cela indépendamment même du talent -qui est une chose au-delà du travail, de l'environnement social et culturel et que sais-je encore qui échappe à toute logique- qu'une des missions de l'artiste c'est un peu d'aller là où tout le monde ne va pas obligatoirement, d'aller questionner là où la psyché ne va pas spontanément...
Une manière de se rendre vigilant à des choses qui effleurent bien tout un chacun mais sans que l'envie l'en prenne d'aller y voir. Une fonction d'explorateur, de metteur en lumière, de révélateur.
Il y a dans cette fonction-là un engagement de l'être qui fragilise tellement.
Il me plaît parfois d'imaginer ce que pourrait dire un artiste à son public en préambule à une représentation :
" Bonjour, je suis tellement impatient, un peu effrayé, un peu fébrile et heureux de partager ce moment avec vous. Je suis allé chercher des choses. Des petites choses, des choses fragiles, mais aussi des choses immenses qui me dépassent un peu. Parfois je les ai trouvées, parfois c'est elles qui m'ont trouvé. Je ne sais pas comment. Et c'est vrai que ces dernières sont pour moi souvent les plus touchantes.
Je ne sais si tout ce que je vais vous proposer va vous toucher, vous émouvoir, vous bouleverser ou vous laisser indifférents. Parfois votre esprit s'évadera, pensera à la liste de courses, à vos enfants ou peut-être à la dernière fois que vous avez fait l'amour. Je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir, pour que nous soyons ensemble jusqu'à la fin.
Ce qui va se passer là, maintenant, est et restera par nature unique. Jamais cet instant ne sera reproduit à l'identique, jamais non plus, nous ne nous retrouverons tous ensemble, exactement les mêmes.
Je vais donc vous offrir ce que j'ai de plus précieux, de plus fragile et de plus fort aussi. Si tout se passe bien, vous m'en offrirez autant, rien que par la singularité et la force de votre présence et de votre attention. Nous nous offrons mutuellement l'un à l'autre pour ensemble essayer de créer un moment dont nous nous souviendrons, et grâce auquel nous allons nous reconnecter sur la part la plus vibrante et la plus vivante de nous-mêmes.
Nous allons ensemble explorer ce à quoi vous ne pensez peut-être pas tous les jours, -vous avez tant de choses à faire, tant de soucis et si peu de temps pour vous- mais qui est présent en nous en permanence. Je suis allé pour vous chercher tout ça.
Je suis allé l'explorer pour vous. Et maintenant, je le partage avec vous, en faisant le voeu qu'une fois ce chemin défriché l'envie vous prendra d'y retourner sans moi.
Je vous dis à tout de suite, et puis aussi à tout-à-l'heure..."
Tout cela est tellement délicat... Et je trouve qu'en ce moment beaucoup d'artistes vont mal.
Pas seulement parce que, réduction des budgets oblige, il y a moins de travail. Non. Mais parce qu'on leur demande de plus en plus de faire des choses qui ne correspondent pas à ce qu'ils auraient envie de faire au plus profond d'eux-mêmes.
Par exemple pour le conte que je connais un peu tout de même : l'essentiel de la demande est sur sur du très jeune public et de plus en plus dans des contextes d'animation et non de "spectacle". A force de demander à l'artiste d'être pédagogue, animateur, distractioneur, amuseur, médiateur, créateur de lien social et d'identitié collective et que sais-je encore, on l'a chosifié, transformé en prestataire.
Et ce qui sépare l'Art (je mets pour une fois une majuscule exprès) de l'animation socio-culturelle ou de l'animation tout court, c'est justement tout ce qui échappe à la prestation de service. Au quantifiable, à l'évaluation.
Si on n'y prend garde, à force, on finira par prendre le cadastre pour le paysage.
Alors les artistes sont tristes, ils deviennent des artristes.
Et c'est peut-être ça qui a fait que le conte et moi en ce moment nous nous fréquentons si peu.
C'est que comme tant et tant d'artistes, je sais que ce que j'ai profondémment et sincèrement envie -et besoin- de partager ne "tournera" que très peu.
Non pas parce que ce serait trop personnel ou mal foutu, mais simplement parce que peu à peu on ne demande plus à l'artiste d'explorer, de douter, de questionner, de sensibiliser à des choses si fragiles, à parler d'adulte à adulte, mais simplement de distraire, d'animer. De faire dans le "sympa", le consensuel, la petite enfance le samedi après midi dans les centres commerciaux...
Et de ça beaucoup d'artistes, et donc beaucoup de conteurs, en souffrent tellement.
Tellement...
Ils auraient tellement envie qu'à nouveau des publics leur disent "on a tellement envie de ce que vous avez à nous offrir de plus profond. Etonnez-nous, émerveillez-nous, bouleversez-nous, faites-nous voyager, réveillez en nous les forêts endormies... En échange nous vous offrirons notre coeur et notre âme grand ouverts.."
Mais la seule voix réellement forte qui leur revient est "Amusez-les, amusez-nous"...
Et cela les rend tristes.
22:20 Publié dans du conte | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : conte, artistes, rôle de l'artiste, conteurs, conteuses, action culturelle, animation socio culturelle
18.11.2009
culture et dépendance

Au Mali, il existe une marque de cigarettes qui s'appelle "Liberté".
Curieux d'appeler une chose provoquant de la dépendance "Liberté".
Mais n'est-ce pas ce que nous faisons une bonne partie de notre temps ; de considérer comme moyens de libération et / ou de soulagement des choses qui finalement nous astreignent ?
Par exemple ?
Par exemple, je ne sais pas moi... la consommation, l'alcool, le moi-je, le désir (?), la collection de petites voitures ou de boites à camembert, la volonté de puissance, la vitesse...
Je ne sais pas.
Ca vous évoquerait quoi cette idée, de choses soit disant libératrices et qui au final enferment ? (Décidemment trop speed en ce moment pour répondre à toutes les questions que je me pose...)
07:10 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
14.11.2009
un peu de tout et beaucoup de contes
J'aime quand les petites causes provoquent de grands effets.
Ainsi ais-je lu chez Balmolok qu'une miette de pain lâchée par un oiseau au-dessus d'un réacteur nucléaire du CERN a eu pour conséquence l'arrêt de celui-ci.
Autrement, je me sens soulagé. Je saurai maintenant quoi répondre lorsque l'on me demandera ce qu'est pour moi le comble de la bétise. Je pourrai répondre les propos de monsieur Eric Raoult, sur le supposé devoir de réserve des lauréats du Goncourt.
Dehors, il y a un vent à décorner des boeufs (Je raffole de cette expression).
Et puis, il faut bien le dire, il se confirme que le conte tout doucement me quitte. Au début j'ai mis ça sur le compte du changement de vie, puis sur le compte d'une activité professionnelle surchargée qui est en train de me transformer en zombie errant. Mais non. Je crois que c'est plus profond que ça. Les choses, ou les êtres, qui vous visitent finissent par devoir s'en aller.
Je n'explique pas, et peut-être que d'ici quelques temps relisant cette note je me dirais que décidémment il m'arrive d'écrire de grosses conneries. Mais ça dure depuis trop longtemps cette perte-là.
Je cherche autre chose, mais rien de ne vient.
Et puisque l'on parle du conte, Henri Gougaud (un conteur et un écrivain pour lequel j'ai plus que de l'admiration, à savoir de la reconnaissance) vient de publier un nouveau livre "le livre des chemins" chez Albin Michel. (un livre autour du concept du "conte divinatoire")
Dans sa préface, il écrit quelques vérités belles, entre autre sur les contes, qu'il me plaît de partager avec vous :
" Ce livre est un jeu, autant qu’un acte de foi.
Comme quoi, ce n'est pas parce que des amis vous quittent, que vous ne devez plus penser à eux...
13:24 Publié dans du conte | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : contes, henri gougaud, cern, marie n'daye
12.11.2009
happy sex 1
"Happy sex" de Zep - éditions Delcourt
Près de Beaubourg à Paris, il y a une boutique exquise dans laquelle on peut acheter de quoi pimenter sa vie sexuelle de la même manière que l'on achèterait un frigidaire ou un percolateur.
Si les couples y sont largement représentés dans la clientèle, on y trouve quelques hommes seuls, alors que les filles elles viennent plutôt entre copines.
C'est léger et bon enfant et l'existence même de cette boutique en dit long sur l'évolution des moeurs et des pratiques.
Y passant ce week-end (hé, hé...), il y avait devant moi trois filles à la fraiche trentaine, chacune s'étant acheté un vibromasseur. L'une d'elles avait choisi un modèle qui se branche sur un I Pod et vibre au rythme de la musique.
Une de ses copines prenant la boutique à témoin :
- Et oui, qu'est-ce que vous voulez, elle, elle est branché nouvelles technologies ! Tu vas voir qu'un jour y aura Facebook dans ces trucs là !
C'était mon quart d'heure "sexe joyeux curieux et ludique"...
07:05 Publié dans happy sex | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : happy sex, sex toys, ludique
08.11.2009
la douceur derrière le mur
Un jour, il faudra que je raconte mon aller et retour en mobylette entre Asnières-sur-Seine et Saint-Jean-de-Luz dans l'année de mes 16 ans. 2 000 kilomètres avec une mobylette bleue achetée avec ma première paie et tout le matériel de camping.
Je parle de ça, parce que discutant tout à l'heure avec un ami, il me racontait avoir fait à peu près la même chose, à peu près au même moment.
Et pour tous les deux cette fierté incommensurable lorsque de "vrais" motards avec leurs grosses cylindrées nous saluaient comme si nous étions des leurs avec notre modeste 49.9 cm3.
Au retour de chez cet ami, après diverses bouteilles dont une fameuse de Saint Emillion, traversant une forêt, j'ai ouvert les fenêtres de la voiture. J'ai senti alors la fraîcheur du dehors et cet incroyable mélange d'odeurs propre à la nuit des forêts.
J'aime l'odeur des forêts, surtout à la nuit tombée, parce qu'elle me renvoie à ce que j'ai de meilleur en moi.
Et quant à me renvoyer quelque chose de moi, tout conspire en ce moment à me renvoyer vers mon adolescence. Je ne sais pas pour vous, mais il me semble que ma vie est composée de cycles consistant d'une part à vivre, d'autre part à revisiter bien des années plus tard, ce que j'ai vécu des années plus tôt.
Ainsi après une enfance que l'on pourrait qualifier de chaotique, ais-je été bien plus tard animateur enfants pendant de longues années, puis père. Comme autant d'occasions de revisiter l'enfant que je fus et de remettre des mots et du sens sur ce ce que je n'avais pas compris à l'époque.
Viennent ainsi des moments au cours desquels il me semble "revisiter" des parties de mon adolescence, des périodes de ma vie de jeune adulte. Comme un retour d'inventaire, une structure en spirale pour reprendre une image chère à un chemin.
Il se trouve qu'adolescent, la musique qui me bouleversait le plus, était la musique du groupe Magma (avec celle d'Hendrix mais cela est une autre histoire). Seule cette musique me paraissait avoir l'intensité de ce que je vivais à l'intérieur de moi. Elle avait une capacité à me mettre en des état de transe qui sidéraient ma pauvre mère qui n'en pouvait...
Ces basses telluriques, cette pulsion volcanique, ces chants séraphiques, cette langue inventée, cette intransigeance étaient comme un miroir de mes états d'âme d'alors.
Sur scène, je les ai vus mainte-fois. Et de toutes ces fois, je me souviens d'un concert en 1976 dans une salle à Paris "Le Théâtre de la Renaissance" je crois, (ça ne s'invente sans doute pas...). Il y avait alors dans le groupe un bassiste du nom de Jannick Top et je crois bien que le duo avec le batteur Christian Vander constitue une des rythmiques les plus impressionnantes de l'histoire de la musique qui pourtant n'en manque pas.
Plus tard, je devais rencontrer l'âme de ce groupe et avoir des amis très proches d'eux. C'est de là que j'ai compris qu'il ne fallait mieux pas rencontrer des artistes adulés et qu'un artiste était humainement rarement à l'image de son oeuvre, comme si il y mettait le meilleur de lui-même. Parce qu'il faut de l'ombre pour faire de la lumière.
Et puis comme toutes ces choses j'ai arrêté d'écouter cette musique pour passer à autre chose. Jusqu'à ce qu'hier j'achète leur dernier album ainsi qu'un DVD d'un de leur concert.
Près de trente ans comment entendrais-je cette musique ?
Et bien, je suis bouleversé, littéralement bouleversé. Parce qu'une fois au fil des ans évacués le processus d'identification adolescente et le bazar ésotérique qui rode autour, il reste la musique. Et celle-ci est sublime, singulière, sans ascendance (qui d'autre peut se targuer de Coltrane, Stravinsky, la musique sacrée, Carl Orff, le rock et que sais-je encore ?)
De la suite composant ce dernier album une bonne partie était déjà connue, publiée par bribes au fil de divers albums. Il aura juste fallu 30 ans pour que le tout s'imbrique et soit finalisé.
Alors qu'aurais-je entendu trente ans après ou que n'aurais-je plus entendu ?
Derrière l'apparente violence et dureté de cette musique, j'ai entendu pour la première fois une indicible douceur, une tendresse d'ange. De celles qui peuvent vous soulever de terre et vous apaiser de tous vos maux aussi bien qu'elle vous écraserait dans la paume de la main.
Une musique d'ange, dont il faudrait pour l'apprécier, traverser le mur de la peur pour y trouver la tendresse.
Un parcours que la vie nous impose de faire par ailleurs, et pour lequel 30 années ne sont pas de trop...
21:23 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : magma, christian vander, jannick top, Ëmëhntëhtt-ré
exister
10:53 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : nathalie krajick







