06.08.2009

la voie ferrée

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De retour après trois semaines de vacances, dont deux à Najac dans l'Aveyron.

Le lieu est toujours aussi vibrant et fraternel et continue d'attirer comme des papillons vers la lumière, toute une communauté de rêveurs aux pieds sur terre. De ceux qui me touchent parce qu'ils savent se donner les moyens de les réaliser.

Un rêve de cinéma en plein air ? On coupe deux arbres, on plante les troncs sur une grande prairie en pente, on y tend avec l'aide d'alpinistes maîtrisant la hauteur, les poulies et les cordages, un grand écran ; on sait s'entourer de toutes les compétences requises et là, sous les étoiles et la lune réunis, on projette des films en un moment qui réinvente le cinéma.

Un rêve de land-art ? Qu'à cela ne tienne, en moins de deux, cinquante oeuvres sont implantées sur la commune, dont la moitié réalisées par les habitants. Regardez bien la photo ci-dessus.

Vous y verrez sur la voie ferrée une courbe sinusoïdale. Celle réalisée par une toute jeune femme que cette ligne droite agaçait. Alors plusieurs nuits en avril, elle est venue de nuit. Et un par un, elle a trempé chaque caillou du ballast dans de la chaux vive  jusqu'à la réalisation de cette ligne zigzagante de 500 mètres (oui, oui,500 mètres, ça en fait des cailloux !).

"J'avais envie de la casser cette ligne droite" a t'elle dit.

Parait que la SNCF n'était pas au courant et pas contente du tout...

Najac, un nid de rêveurs, de ceux qui réinventent le monde. De retour de là-bas il y a un an, j'en ai écrit un livre. Et dans l'absolu, de retour cette année, je pourrais en réécrire un autre. Il y a tellement d'histoires à  raconter... Sûr qu'un jour j'irai là-bas pour toujours, ou presque.

Il y a ainsi des lieux (un lieu étant un territoire plus les personnes qui y vivent) qui vous réconcilent avec vous-mêmes.

Hier soir, regarder un documentaire sur le procès de Nuremberg. Pour la énième fois essayer de comprendre. Mais il n'y a rien à comprendre et pour toujours. Rien.

Plusieurs fois, j'ai failli arrêter. Comme lorsque Marie Claude Vaillant Couturier a témoigné de cette nuit où les détenus ont entendu des bruits inhabituels pour apprendre ensuite "que comme ils n'avaient plus assez de gaz, ils avaient jeté les enfants dans la fournaise".

Rien à comprendre. Et surtout pas le calme impavide des bourreaux.

Et puis d'un coup comme un télescopage spatio-temporel sur les voies ferrées.

Et l'idée de se dire que casser une ligne droite sur voie ferrée, résonne parfois avec le recul d'une bien étrange manière...

Autrement, do not disturb. Je travaille sur mon prochain livre. Un recueil de textes écrits sur ce blog et sur d'autres et qui parlent de la conscience qui s'agrandit et de l'émerveillement d'être en vie... 

Le miracle Najac. Quelques jours là-bas et tout devient possible...

Commentaires

Comme vous semblez "rempli"!!

Bonne reprise ( je n'ai aucun doute sur sa qualtité d'ailleurs)!

Ecrit par : flo | 07.08.2009

Un homme de réflexion + un homme d'action = ...
Une manne pour un éditeur !
Ça donne du punch ce retour.

Ecrit par : Balmolok | 10.08.2009

j'imagine la tête du conducteur de train: "tiens, une nouvelle signalisation, pas au courant! ça veut sûrement dire que la "voie" est pleine de surprises et qu'il ne faut pas s'endormir..."
ah que c'est vivifiant d'oser réaliser ce genre de rêves et d'en faire profiter les autres à travers ce blog!

Ecrit par : laurence | 11.08.2009

flo :et oui, il est plein le gars (mais pas bourré !)
balmolok : merci du compliment, je transmets à mon éditeur...
laurence : c'est dingue, parce que pas une seconde je n'avais jusqu'ici pensé à la surprise du conducteur du train. C'est vrai que ça a du lui faire drôle...

Ecrit par : l'homme au bois dormant | 12.08.2009

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