25.06.2009
c'est l'été
Henri Cartier Bresson
"L'araignée d'amour"
Il fut un temps, sur d'autres blogs, au cours desquels j'ai beaucoup écrit de textes érotiques. Ils étaient pleins d'une sève vigoureuse et se plaisaient à appeler un chat un chat.
J'avançais alors masqué sous des identités d'emprunt et cela était somme toute bien confortable. Ce blog est public, j'ai du garder des pudeurs de jeune garçon, il n'y a donc pas de sexe sur ce blog.
C'est pourtant l'été. Il fait chaud, les seins des femmes se prennent d'envie d'aller prendre l'air, les tissus s'essaient à la transparence, les cuisses s'émancipent pour gambader à nu, les phéromones sont de sortie et peu sont ceux qui y échappent.
Comme l'autre midi.
Assis à la terrasse d'un café à l'heure du déjeuner, je regardais la vie qui passe.
Il y eut alors cette femme, grande, à la large charpente qui est passé. Et comment dire... cette femme avait un fessier, majestueux tout autant qu'imposant, rond et charnu qu'il serait malaisé de ne pas dénommer un cul. Un cul sublime, non pas gros, mais d'un charnel à faire damner un saint.
Un chef d'oeuvre de la nature, qui plus est moulé dans une jupe blanche un peu transparente et dans laquelle l'heureuse propriétaire avait déposé ses mains dans les poches, tirant un peu plus le tissus et mettant d'autant plus en valeur le cul sublime en question.
C'est alors qu'est apparu un vieux monsieur, un papy dirais-je. Il était vétu d'un polo en acrylique et on imagine sans peine qu'à quelques années d'intervalle il aurait arborer un magnifique Marcel. Son nez était chaussé de petites lunettes fines.
J'était là, assis à contempler mon monde et puis d'un coup, je l'ai vu voir ce cul magnifique. Et, je l'ai vu pris d'un coup, d'un sourire, mais d'un sourire... de bienheureux. Ses yeux se sont mis à briller et je l'ai vu pour quelques pas, engager ses pas dans les siens.
Ce sourire aurait pu être graveleux. Et si j'en parle c'est parce qu'il ne l'était pas. C'était le sourire heureux d'un gamin qui se verrait offrir une gourmandise à laquelle il ne s'attendait pas.
Toujours assis, au premier rang de mon petit monde je me suis aussi mis à sourire. A sourire de bonheur pour le sourire touchant du vieux papy et à sourire de plaisir pour avoir moi aussi, l'espace d'un instant m'être mis à divaguer un midi, à la vue d'un cul dans un centre commercial...
C'est l'été que voulez-vous...
21:20 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
24.06.2009
le remplaçant
"Il me disait aussi, sans jamais perdre le moral, qu'il était vieux, très vieux, qu'il en avait assez. Il ne désirait pas mourir, pas particulièrement, mais il ne se révolterait pas si cela devait arriver. Ce qu'il craignait, c'était de voir mourir les autres, les plus jeunes que lui. Il redoutait l'obscénité de sa longue présence sur terre. "Tout ce que je demande, me confiait-il, c'est que les jeunes ne meurent pas." En sortant de chez lui, je faisais bien attention de traverser les passages cloutés, je me tenais à la rampe dans le métro, je prenais soin de moi.
Il; pensait ce qu'il disait. Il avait mourir sa femme et tous ses amis. Il était le dernier des Mohicans, seul rescapé dans sa tour de vingt étages. Il pensait à eux, à sa bande de potes, les snobs et les sympas, les poètes et les artisans, tous ceux qu'enfant je croisais à l'heure du goûter. Ils m'embrassaient en inspirant fort par les narines pour inhaler le parfum de santé que dégage le crâne des petits, puis se laissaient tomber sur le canapé en soupirant Oî veï, calaient un demi-sucre entre leurs dents et l'inondaient de thé brûlant."
Le Remplaçant d'Agnès Desarthe, éditions de l'Olivier, collection Figures Libres, page 51.
"Le remplaçant", un petit livre (87 pages) énorme. Le livre le plus poignant, le plus drôle, le plus évident et le plus imprévisible que j'ai lu depuis... pfut !
Pour en savoir plus, aller ici
20:30 Publié dans Lire | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : le remplaçant agnès desarthe
23.06.2009
nos rêves seront aussi beaux que nos jours
Il y a ainsi des nuits qui illuminent nos jours.
Dans un rêve, je discutais avec un homme d'église, un moine à l'allure noble et robuste portant une robe de bure marron clair dotée d'un grand col blanc retombant sur les épaules.
Alors que je lui demandais quelques conseils d'ordre spirituel, il s'est penché vers mon oreille et m'a dit quelque chose comme :
- Le sacré immobile.
Je dis "quelque chose comme" parce que je ne me rappelle pas exactement. Peut-être était-ce "le merveilleux sacré", en tout cas quelque chose d'approchant. Cette réponse m'était offerte comme une révélation somptueuse.
Et là je dois dire que je m'en suis réveillé, baignant dans un sentiment de béatitude comme jamais je crois je n'en ai ressenti de ma vie. Je me souviens de mon sourire aux lèvres et de mon coeur battant la chamade de gratitude.
C'était comme une révélation parfaite et comme toute révélation une libération soudaine de l'âme qui en exultait.
J'ai hésité bienheureux à me lever pour le retranscrire. Mais j'ai préféré rester dans ma joie jusqu'à me rendormir.
Un peu plus tard, j'ai fait un autre rêve. J'étais dans une vieille maison en travaux avec un groupe de conteurs. Deux hommes y travaillaient reprenant le plancher de bois. Sur des étagères, il y avait des centaines de mouches noires posées sur de curieuses structures végétales, dont des herbacées d'un bleu Klein magnifique.
Un des deux hommes qui travaillaient nous dit alors que ces plantes étaient des alicantes et que toutes ces mouches partiraient lorsque les travaux seraient terminés.
Il y a ainsi des nuits qui nous décrassent l'âme comme des poêles frottées au sable.
Ce matin, dans la voiture, il y avait Juliette Gréco qui disait qu'à la fin de la guerre elle était devenue muette. Elle sortait de prison, sa mère et sa soeur avait été déportées et elle ne percevait plus la nécessité de parler.
Elle raconte que Boris Vian, qu'elle trouvait très beau, lui avait dit de passer le voir le soir et qu'il serait chez lui. Elle y est donc allée. Ils s'asseyaient sur un canapé, il passait son bras sur le canapé derrière sa tête et il parlait, parlait, parlait pendant qu'ils regardaient assis le jour tomber et la nuit advenir. Et ainsi pendant des jours et des jours, jusqu'à ce qu'un jour, presque à son insu elle lui réponde... Elle dit maintenant que c'est lui qui lui a redonné la parole.
Il y ainsi des moments où jours et la nuits conspirent pour nous murmurer à l'âme la somptueuse merveille que pourrait être toute vie...
07:45 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
21.06.2009
la rencontre
C'était une nuit d'été de pré solstice. Elle revenait d'une soirée de contes au cours de laquelle des passionnés avaient offert à la fraîcheur du soir quelques histoires qui s'en étaient allées directement parler avec les étoiles.
Elle rentrait contente du travail accompli. La nuit était douce, elle conduisait une voiture qui n'était pas la sienne et avait ouvert la vitre pour sentir sur son visage le souffle de l'été, repensant à la soirée. C'était un de ces soirs où ce qui avait été donné avait été rendu au centuple et elle se sentait légère.
C'est après un hôpital et dans une zone d'activité, qu'elle a vu la forme sur le bas côté de la route. C'était un chat tout agité de soubresauts et qui essayait déséspéremment de se remettre sur ses pattes.
Sans réfléchir, elle s'est arrêtée. Elle avait gardé de son enfance et d'un père vétérinaire une sorte de bienveillance fougueuse pour tout ce qui porte plumes ou poils et des gestes pratiques qui ne l'avaient jamais quittée. L'animal venait sans doute de se faire heurter par une voiture qui s'était empressée de continuer sa route.
Le chat ne saignait pas et cela n'était pas bon signe. Elle savait que son intérieur devait être littérallement éclaté et qu'il lui restait peu de temps.
Précautionneusement, dans la nuit qui d'un coup hurlait, elle a pris le chat et l'a déposé sur le trottoir. Elle sentait sous ses doigts sa vie qui s'en allait. Elle est restée là un bon moment essayant de lui transmettre un peu de douceur dans ses derniers instants. Les voitures, elles, continuaient de filer, insensibles à ce qui se jouait.
Elle est restée longtemps à veiller sur lui, dernier ange avant le dernier souffle, jusqu'à ce que le souvenir de plusieurs années d'assistance à des personnes en unité de soins palliatifs ne lui rappelle que souvent les êtres aiment à s'en aller seuls.
Une dernière fois, elle posé sa main sur lui, essayant de lui communiquer tout l'amour et la bonté qu'elle ressentait pour cette petite bête si fragile à la respiration irrégulière. Sans doute, que pas loin d'ici un foyer se demandait pourquoi le chat n'était pas rentré comme tous les soirs à la même heure, sans savoir qu'il ne rentrerait jamais.
Elle l'a laissé là, est remontée dans la voiture et puis a continué son chemin, le ventre tordu de la rencontre. Elle savait depuis longtemps que les choses ne nous arrivent jamais complètement par hasard et se demandait ce que cette rencontre voulait dire. Elle a roulé encore jusqu'à chez son compagnon.
Là, elle a raconté l'histoire presque sans émotion et ce n'est que plus tard dans la tiédeur du lit, bien à l'abri dans ses bras qu'elle a laissé venir ses larmes.
Elle s'était bien lavé les mains pourtant, mais elle sentait encore sur sa peau les ultimes soubresauts d'un chat écrasé par une voiture un samedi soir sur la terre, tout en sachant déjà que le souvenir de sa chaleur s'enfuyant resterait à jamais imprimé contre sa peau.
Elle a pensé à la fragilité gracile de nos vies, a bien tenté de dormir malgré tous les morts de sa vie qui d'un coup l'assiégeaient, mais la nuit est restée blanche, insondablement blanche...
23:00 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
20.06.2009
à méditer
18:00 Publié dans citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.06.2009
le soleil dort
Il semblerait que le soleil dorme et soit entré dans une phase d'inactivité prononcée. C'est déjà arrivé et ce n'est pas grave pourvu que les hommes ne se disent pas que son sommeil pourrait aténuer le réchauffement climatique.
Peut-être qu'il en a eu assez mais plus probablement qu'il s'en fout complètement de nos petites histoires. Mais le fait que même le soleil soit régie par des cycles d'activité fluctuants, au même titre que toute chose a pour moi quelque chose de rassurant.
Il m'arrive d'avoir des éclipses et au soleil aussi...
Autrement, une collègue qui avait assisté à une représentation de contes merveilleux m'a confié n'être pas parvenue à y adhérer parce qu'il n'y avait pas dans ce spectacle "d'actualisation des symboles" et je dois dire que la chose m'a profondémment perturbé.
En réfléchissant à ce que je pourrais lui répondre, me sont venues diverses réflexions.
Le conte merveilleux (et je parle bien du conte merveilleux en tant que genre particulier) parle le langage de l'inconscient. De l'âme (au sens dans lequel Jung l'entendait). Lacan disait que l'inconscient était structuré comme un langage, je dirais volontiers que le conte merveilleux est le langage de l'inconscient. Les images utilisées (archétypes), les processus psychiques qui y sont contés sont les véhicules qu'il utilise pour nous transmettre ce qu'il a à nous apprendre.
Actualiser ces symboles (et dieu sait si en ce siècle désemparé il est tendance d'en jouer sur le second degré...) revient à teindre un cygne en rose après lui avoir coupé une aile. On tue en lui toute l'énergie transformatrice qu'il pourrait nous transmettre. On en fait un jouet, un artefact. Et par la même occasion on saccage en nous ce que nous avons de plus précieux, un peu comme un roi devenu fou qui détruirait son royaume par amertume. Un carnage.
Bien sûr que s'il suffisait d'ânonner ces contes tel qu'on les racontait il y a trois siècles (si tant est qu'on le sache) sous prétexte de "fidélité" cela se saurait.
"Actualiser" un conte, ce n'est pas remplacer une forêt par un parc en milieu urbain. C'est le rendre vivant, palpitant, partagé dans le secret d'une écoute attentive, au sein d'un présent qui respire.
Je crois de plus en plus, que ce qui fait que l'on devient -enfin- conteur, est ce moment où nous acceptons que le conte qui nous habite nous façonne et nous change tout autant que nous le faisons vivre. En l'accueillant en nous, il nous change, nous faisant entrer à nouveau sur le sentier des métamorphoses intérieures (mais y en aurait-il d'autres ?).
Il irrigue et féconde ce royaume dont je parlais il y a peu. En se situant sur ce territoire mental là, il échappe en partie à la logique de représentation, de mise en forme qui préside à l'essentiel du spectacle vivant pour devenir juste un art de la présence. Présence au conte, à soi et à l'autre.
Dans la nuit de l'âme, il fait fugacement apparaître l'Atlantide de nos royaumes intérieurs. Le conteur n'étant plus dès lors qu'un passeur, une surface vierge sur laquelle elle viendra s'imprimer...
18:36 Publié dans du conte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.06.2009
voyageur
"Lorsque le voyageur-arpenteur est parvenu à se débarasser à la fois de l'attendrissement gobeur et de l'amertume rogneuse que suscite "l'estrangement", et à conserver un lyrisme qui ne soit pas celui de l'exotisme mais celui de la vie, il pourra jalonner cette distance, et peut-être, si le coeur est bon, la raccourcir un peu".
Nicolas Bouvier,
"Le Vide et le Plein" (Carnets du Japon 1964-1970) - Folio.
21:30 Publié dans citations | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
13.06.2009
encore une histoire de chaussures
18:59 Publié dans citations | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
11.06.2009
c'est comme ça
Depuis quatre jours je suis malade, vraiment malade. Antibiotiques, cortisone et tout le bazar. Aujourd'hui, j'avais pourtant un rendez-vous que je ne voulais rater sous aucun prétexte, alors j'y suis allé, dans une état un peu second comme un filtre entre moi et le monde.
Une journée de raconteurs, ça ne se refuse jamais.
A l'heure du déjeuner, revenant du repas nous sommes passés devant une école toute cernée d'immeubles dans ce quartier d'une ville de banlieue -lequel quoique s'étant a priori considérablement amélioré- a vécu quelques années sombres dans ce que les banlieues peuvent produire parfois de pire.
Des enfants m'ont interpellé avec ce ton crane et bravache qu'ont les mômes dans ces écoles-là :
- Et m'ssieur ! m'ssieur ! vous pouvez nous repasser la chaussures ? Me demandèrent-ils me montrant une basket passée sur le trottoir de l'autre côté des grilles.
- Ben, c'est pas un truc à faire de balancer ses chaussures de l'autre côté.
- Hé c'est moi m'ssieur ! J'ai voulu tirer dans la balle et la basket elle est partie avec.
- Ah c'et ça, lui dis-je en la lui donnant tout en voyant les lacets défaits. Tu sais tu devrais attacher tes lacets ça t'éviterait de la reperdre.
- Oui oui m'ssieur, merci m'ssieur !
Et le môme a remis sa chaussure, est reparti faire sa partie de foot bien sûr sans refaire ses lacets tellement il était impatient d'y retourner...
J'adore ses mômes là.
Plus tard, après une journée à écouter des conteurs et à conter moi-même, je me suis souvenu d'un rêve que j'ai fait il y a peu. J'y expliquais à quelqu'un que concernant ce que j'avais envie de raconter, c'était comme ça. Soit ça plaisait, profondémment, soit on y était réfractaire, ou si on était programmateur on ne savait pas toujours à quel endroit le placer.
Je n'en fais ni un titre de gloire, ni une revendication ; pas plus que je ne conteste la légitimité (pourvu que ce soit bien fait) de mes collèges qui placent leur travail dans une démarche à l'opposé.
Mais c'est comme ça. J'ai appris depuis peu en tant qu'artiste, qu'il était vain de vouloir plaire à tout le monde. J'ai ce luxe inouï d'avoir la liberté de ne faire que ce que je veux vraiment.
J'aurais (et je jure que c'est vrai) adoré être un guitariste de rock, une star, un truc à la Hendrix. J'aurais adoré aussi être un humoriste de génie... si si je vous assure.
Il se trouve que la vie m'a fait conteur, et me prie de parler de plus en plus d'un essentiel qui en émerveillera certains et en emmerdera d'autres. C'est comme ça.
Aujourd'hui, le public m'a paru plutôt content et très attentif. Et puis j'y ai rencontré de belles personnes généreuses, accueillantes à la belle âme et au talent en liesse. Que demander de plus ?
Parfois je me sens un peu comme ce môme avec sa chaussure pas lacée.
Ce fut vraiment une belle journée.
22:09 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
08.06.2009
un royaume
Hier, assistant à une conférence sur le conte merveilleux par Patricia Gaillard (une grande conteuse de celles qui vous font partager les Mystères plutôt que de simplement vous en parler), il m'est arrivé une chose étrange et qui, sans doute, a du vous advenir à vous aussi.
J'ai senti être au bord d'une grande révélation, vous savez lorsque vos ondes cérébrales semblent s'affoler, que les battements de votre coeur s'intensifient et que vous vous sentez à l'orée de quelque chose de libératoire... Et puis la chose m'a échappé. Et j'ai tenté vainement pendant la conférence de la retrouver au détriment bien sûr de ma concentration sur ce qui se disait alors.
Je sais qu'il y était question d'un royaume. Du royaume qui est en nous et que nous nous devons d'habiter. La question était : de quoi les rois dans les contes merveilleux sont-ils rois ? Ils sont rois de ce royaume là.
Le tarot de Marseille et les contes merveilleux disent somme toute quelque chose de similaire. Que nous habitons tous un royaume dont nous sommes les rois, ou les reines, et parfois mêmes les servantes sans doute. Qu'en ce royaume nous trouvons des palais tout autant que de simples cabanes en bois au fin fond des forêts. Que nous nous métamorphosons tout le temps en passant par des étapes, des épreuves, des parcours qui sont peu ou prou les mêmes quelque soit notre culture d'origine et quelque soit notre âge.
Peut-être n'aventurerais-je même à dire que c'est sans doute le propre de l'être humain : le fait d'être en perpétuelle métamorphose. Vivre c'est cheminer sur ce chemin-là. Celui des métamorphoses avec cette espérance toute bête qu'un jour nous atteindrons quelque chose qui ressemblera à une Réalisation, un accomplissement, une plénitude et sans doute aussi à une Présence.
Les contes merveilleux, pour l'essentiel, ne nous parleraient que de cela.
J'ai senti hier, confusément mais avec certitude, vivre en moi ce Royaume-là et je me suis fait la promesse (je me l'étais sans doute déjà faite mais pas aussi consciemment) d'y être fidèle et d'y revenir le plus souvent possible. Parce qu'il est sans doute vrai que ce royaume pourrait bien être le centre énergétique de notre énergie psychique. Quittons-le, éloignons nous-en un tant soit peu et notre esprit s'anémie...
Pour approfondir son propos, Patricia Gaillard nous a raconté un conte dans lequel il était question d'un palais et d'un roi qui y vivait entouré de tous les siens. Tous les matins un mendiant y venait en salle d'audience et offrait au roi une pomme, une simple pomme.
Offrir au roi une pomme, quand même !... Son premier ministre sitôt le mendiant parti, prenait la pomme et la jetait de par les grilles donnant sur les cachots. Et ainsi pendant des mois et des mois, voir des années.
Un jour cette pomme sîtôt offerte par le mendiant fut saisi par un singe juché sur l'épaule du roi (ce devait être un roi joueur) qui la mordit. A l'intérieur le roi y vit quelque chose qui brillait. Il s'en approcha et vit que ce brillant était une énorme pierre précieuse.
- Heu dis-moi premier ministre, où as-tu jeté toutes les autres pommes ?
- Dans les cachots monseigneur.
- Alors vas vite les y rechercher.
Le ministre y est allé et a d'abord trouvé un amoncellement de pommes pourries et moisies. Il a poussé la pourriture et bien évidemment en dessous, brillaient des centaines de pierres précieuses.
Et bien, le croirez-vous ou non, le roi s'est peu intéressé à ces pierres (il faut dire qu'il était déjà très riche !) parce qu'il a alors compris quelque chose de bien plus important.
Chaque pomme était un jour. Un simple jour comme la vie nous en offre un chaque jour qui passe. En général nous le jetons n'y attachant que peu d'importance, pris que nous sommes dans la folie des choses à faire, à penser, à régler... Nous le laissons moisir. Mais en chacun de ces jours repose une pierre. Une pierre précieuse. Un diamant qu'il nous appartient de trouver.
Et cet espace dans lequel nous trouvons notre diamant c'est notre royaume.
Ainsi pourrais-je dire ceci : Vivre est un cadeau. Et ce cadeau nous en offre un autre. Un royaume. Celui de nos métamorphoses, de nos épreuves parfois, de nos réussites. Un royaume à explorer du fond de ses cavernes jusqu'à ses ciels les plus purs avec la promesse que nous n'arrivons pas malheureusement toujours à tenir, qu'en chacun de ces jours offerts repose un diamant.
Tirant ce matin le tarot avec ces réflexions dans la tête, j'ai tiré l'Empereur. Ce qui est normal non ? Et puis le Soleil ce qui donne... le Pape (excusez pour ceux qui n'y verront que du chinois dans ce cas prenez-le comme une métaphore). Une façon de me dire que la lumière permettant de voir en ce royaume et d'éclairer le chemin pourrait bien être l'amour, mais ceci est une histoire...
12:46 Publié dans du conte | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : contes merveilleux, tarot de marseille, patricia gaillard, parc de rentilly





