17.06.2009
le soleil dort
Il semblerait que le soleil dorme et soit entré dans une phase d'inactivité prononcée. C'est déjà arrivé et ce n'est pas grave pourvu que les hommes ne se disent pas que son sommeil pourrait aténuer le réchauffement climatique.
Peut-être qu'il en a eu assez mais plus probablement qu'il s'en fout complètement de nos petites histoires. Mais le fait que même le soleil soit régie par des cycles d'activité fluctuants, au même titre que toute chose a pour moi quelque chose de rassurant.
Il m'arrive d'avoir des éclipses et au soleil aussi...
Autrement, une collègue qui avait assisté à une représentation de contes merveilleux m'a confié n'être pas parvenue à y adhérer parce qu'il n'y avait pas dans ce spectacle "d'actualisation des symboles" et je dois dire que la chose m'a profondémment perturbé.
En réfléchissant à ce que je pourrais lui répondre, me sont venues diverses réflexions.
Le conte merveilleux (et je parle bien du conte merveilleux en tant que genre particulier) parle le langage de l'inconscient. De l'âme (au sens dans lequel Jung l'entendait). Lacan disait que l'inconscient était structuré comme un langage, je dirais volontiers que le conte merveilleux est le langage de l'inconscient. Les images utilisées (archétypes), les processus psychiques qui y sont contés sont les véhicules qu'il utilise pour nous transmettre ce qu'il a à nous apprendre.
Actualiser ces symboles (et dieu sait si en ce siècle désemparé il est tendance d'en jouer sur le second degré...) revient à teindre un cygne en rose après lui avoir coupé une aile. On tue en lui toute l'énergie transformatrice qu'il pourrait nous transmettre. On en fait un jouet, un artefact. Et par la même occasion on saccage en nous ce que nous avons de plus précieux, un peu comme un roi devenu fou qui détruirait son royaume par amertume. Un carnage.
Bien sûr que s'il suffisait d'ânonner ces contes tel qu'on les racontait il y a trois siècles (si tant est qu'on le sache) sous prétexte de "fidélité" cela se saurait.
"Actualiser" un conte, ce n'est pas remplacer une forêt par un parc en milieu urbain. C'est le rendre vivant, palpitant, partagé dans le secret d'une écoute attentive, au sein d'un présent qui respire.
Je crois de plus en plus, que ce qui fait que l'on devient -enfin- conteur, est ce moment où nous acceptons que le conte qui nous habite nous façonne et nous change tout autant que nous le faisons vivre. En l'accueillant en nous, il nous change, nous faisant entrer à nouveau sur le sentier des métamorphoses intérieures (mais y en aurait-il d'autres ?).
Il irrigue et féconde ce royaume dont je parlais il y a peu. En se situant sur ce territoire mental là, il échappe en partie à la logique de représentation, de mise en forme qui préside à l'essentiel du spectacle vivant pour devenir juste un art de la présence. Présence au conte, à soi et à l'autre.
Dans la nuit de l'âme, il fait fugacement apparaître l'Atlantide de nos royaumes intérieurs. Le conteur n'étant plus dès lors qu'un passeur, une surface vierge sur laquelle elle viendra s'imprimer...
18:36 Publié dans du conte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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