28.05.2009
les acacias
Edouard Boubat "Les cerisiers en fleurs"
Dana a écrit sur son blog un texte à la sensualité pleine de vigueur, juste et troublante, dans lequel il est question d'acacias. En écho à celui-ci, j'ai donc écrit ce texte...
C'était une soirée où les anges dansaient avec les ombres.
Une de ces soirées où la vie jouait en se jouant de vous, avec malice et une infinie bonté.
Sans doute que tout cela était déjà écrit, et depuis si longtemps. Cette soirée dans cette maison là, cette femme en face de lui dont la découverte progressive, et pourtant si rapide, ouvrait en lui une brêche dans lequel le merveilleux d'un coup s'engouffrait comme digue qui lâche.
Elle lui disait volontiers qu'ils étaient de vieilles âmes ayant vagabondé de par le monde, les univers et la nuit des temps et qui, enfin, se retrouvaient. Il ne la voyait pas, non, il la respirait comme par une mystérieuse opération de leurs âmes ébahies.
Ce qu'ils s'étaient dit ce soir-là était bien sûr important mais n'était pas l'essentiel. C'était une nuit de bascule et personne, par même eux, n'auraient pu y faire quoi que ce soit. Une nuit où les étoiles respiraient en leur murmurant à l'oreille des choses qu'ils n'entendaient pas, mais dont la moindre de leurs cellules s'imprégnaient.
Ils avaient beaucoup parlé, conscients qu'après cette nuit-là plus rien ne serait comme avant. Ils avaient aussi échangé quelques histoires comme des Mystères qu'ils se seraient passés dans la complicité des dieux.
En d'autres temps, en d'autres lieux, sans doute auraient-ils couché ensemble cette nuit-là. Mais même cela aurait eu un côté trop prévisible qui contrastait avec le reste. Ils avaient attendu mille ans, ils pouvaient bien attendre encore un peu.
Dans le milieu de la nuit, donc il s'en était allé, avec juste sur ses lêvres la trace douce et fragile d'un baiser furtivement échangé entre deux nids d'hirondelles.
Dans la touffeur lourde de cette nuit d'été en ville, il avait donc marché pour retrouver sa voiture. Il avait pris la grande avenue et puis tourné à droite dans cette rue sans charme particulier aux arbres faisant de l'ombre.
Et dans cette seconde dans laquelle il découvrit la rue en question, il comprit que tout cela était baigné d'une sorte de bénediction sur laquelle il se sentait incapable de mettre un nom. Là devant lui, entre le moment où il avait garé sa voiture et ce moment où il y revenait, les fleurs des acacias étaient tombées recouvrant rue, trottoirs et voitures d'un tapis de pétales à l'odeur énivrante comme un ultime point d'orgue à cette soirée, un signe des dieux comme pour leur dire "soyez heureux".
Il avait démarré, le coeur ébloui de tant de miracles en si peu de temps, avait roulé tout doucement juste pour prendre le temps de contempler les fleurs sur le capot et le pare brise en train de s'envoler tout doucement emportées par la vitesse.
Et en cet instant, il s'était fait une promesse : celle de ne jamais trahir cette promesse éblouissante que les dieux lui avaient donnée, un soir d'été dans une rue d'une ville étouffant de chaleur sous des fleurs d'acacias.
20:16 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
27.05.2009
deux étonnements
Il y a dans la nature des étonnements possibles, une gamme infinie qui va de l'émerveillement le plus pur à la consternation la plus déprimante.
Et je crois ce matin en avoir parcouru le spectre.
Il y eut tout d'abord partant au travail au matin, cette plume de pigeon tombée dans l'herbe. Parfaite. En la voyant, j'ai eu l'intuition contemplant cette merveille, que penser qu'une forme aussi parfaite, aussi aboutie, aussi simple et aussi efficace pouvait être l'unique conséquence de quelque hasard ou concours de circonstance de l'évolution était pour le moins le signe d'une puérilité naïve et aveugle qui sur le coup me parut impardonnable.
Et puis, quelques instants plus tard dans la voiture, il y eut ce coup de gueule d'une journaliste (sur France Inter) qui expliquait que lorsque l'on tape une requête sur Google, apparaissent les qualificatifs les plus souvent associés à cette recherche. Et que constate t-on lorsque l'on tape le nom de journalistes ou d'animateurs télé ? Que le qualificatif qui revient le plus souvent à chaque fois est le mot "juif" (sans doute histoire de vérifier si ils sont bien "partout").
Oui, l'internaute français passe une bonne partie de son temps à vérifier si tel ou tel acteur des médias est juif ou ne l'est pas...
La journaliste raconte alors qu'elle a interrogé la direction de Google qui s'est déclarée "déséspérée" de cet état de fait, en expliquant que la France était le seul pays au monde à être ainsi obnubilé par la supposée judaïté de ses "élites" (ça "marche" aussi pour les hommes politiques...)
J'ai vérifié, c'est effrayant...
J'avoue avoir ces dernières années eu tendance à minimiser la supposée montée de l'antisémitisme en France, mais là, je m'avoue attéré...
Alors je préfère repenser à mon étonnement premier avec ma plume d'oiseau, en espérant que les miasmes qui couvent finiront eux aussi par s'envoler. Loin et pour toujours.
13:15 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
24.05.2009
nos aurores
19:24 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
22.05.2009
jusqu'à où ?
Commenter le "social" n'est pas la mission principale de ce blog. Mais il y a des événements qui me deviennent réellement insupportables.
Il y eut il y a peu un cadre de TF1 licencié pour avoir émis un avis défavorable à la loi Hadopi par le biais d'un mail envoyé à titre personnel à sa député, mail transféré illico presto au cabinet de la ministre de la culture, puis transféré ensuite à la direction de TF1.
Il y a cette histoire ridicule d'un homme mis en examen pour avoir crié "Sarkozy je te vois !" passant devant une interpellation gare Saint Charles à Marseille (et inculpé entre autre pour tapage diurne à... 18 h aux heures de pointes !)
Il y eut ces deux enfants de 6 et 10 ans, arrêtés à la sortie de leur école, emmenés au commissariat et interrogés parce que supectés d'avoir volé un vélo, chose dont ils ont été depuis totalement innocentés.
Il y a maintenant ce projet du ministre de l'éducation de créer une sorte de "police" interne aux établissements scolaires avec fouille à l'entrée...
Ce qui est terrible dans ces quelques faits (et il y en a beaucoup d'autres) c'est qu'il est très probable qu'aucune autorité hiérarchique n'a dit à ces policiers trop zélés d'arrêter un homme qui crierait "Sarkozy je te vois" ou deux enfants parce que qu'ils auraient un vélo trop beaux pour deux petits enfants maghrébins (parce que le fond du truc en l'occurrence dans cette affaire c'est probablement ça...).Personne n'a jamais demandé au fonctionnaire du ministère de la culture de transférer le mail concerné à la direction de T.F.1.
Ce qui est terrible, et l'Histoire nous le rappelle tellement, c'est qu'il suffit d'ouvrir la boite de Pandore, il suffit d'autoriser même implicitement, le déploiement d'un certain arbitraire sous le prétexte de la "sécurité" pour que le refoulé revienne en pleine bourre.
L'âme humaine a besoin de peu pour se sentir autorisée à faire les choses les plus dégueulasses qui soient, comme d'aller arrêter deux gamins à la sortie de l'école, par exemple...
La face rampante de tout état policier (parce que c'est de cela qu'il s'agit, cette idée que tous les problèmes peuvent être réglés par la sanction et la peur du gendarme en se drapant derrière la légitimité de la loi sans se soucier des causes des dits problèmes), c'est l'excès de zèle et l'autocensure dans un premier temps, puis vient l'arbitraire et souvent la barbarie...
Pendant ce temps, Julien Coupat est toujours en prison sans qu'aucune preuve n'ait été retenue contre lui, pendant ce temps on continue d'expulser pour faire du chiffre après avoir placées ces personnes dans des centres de rétention qui sont une honte et dans lesquels on hésite pas à laisser de très jeunes enfants pendant plusieurs jours, pendant ce temps, un homme s'est retrouvée plusieurs jours en garde à vue pour un SMS potache...
Pendant ce temps, le P.S. est aphone et les "grandes consciences" n'ont plus accès aux médias...
Ca m'énerve tout ça, ça m'énerve. (Si un fonctionnaire du ministère de l'intérieur lit ce texte, pourrais-je être suspecté,je ne sais pas moi, de soutien à une entreprise terroriste ou d'entrave à la justice, un truc comme ça ?...)
Et oui, il y a des jours comme ça où ni l'homme, ni le bois ne dorment...
07:50 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.05.2009
la belle au bois
Enfin (je dis "enfin" car pour quelqu'un qui a dénommé son blog "l'homme au bois dormant" et qui se prétend conteur c'était quand même étonnant), enfin donc, je travaille la Belle au Bois Dormant. Pas celle des frères Grimm et encore moins celle de Disney, celle -magnifique- offerte par Patricia Gaillard dans son livre "La Belle au Bois".
Cela faisait longtemps que je tournais autour de cette histoire, mais quelque chose ne se faisait pas.
Les contes viennent nous visiter, ou pas. Celui-ci n'avait pas encore frappé à la porte. Les contes sont comme ça. Ils viennent, s'installent pour un moment, prennent place dans votre esprit, vous habitent. Soit vous les accueillez et dans ce cas ils restent parfois toute votre vie comme un compagnon fidèle, soit vous leur dites "plus tard, pas maintenant". Et dans ce cas soit ils insistent, soit ils repartent. Sur le coup, vous ne vous en rendez pas toujours compte. C'est après que vous ressentez la perte. Parfois aussi, ils s'installent, vous vivez ensemble un moment et puis d'un commun accord, ils repartent après vous avoir permis de comprendre ce dont vous aviez besoin.
Ainsi donc, la Belle m'est venue et je l'ai accueillie à bras ouverts. Je ne comprends pas encore ce qu'il dit vraiment et c'est très bien comme ça. Les contes ont besoin de mystère pour agir. Que d'un coup vous mettiez en lumière leurs ressorts cachés et ils s'assèchent, vous assèchant aussi.
Il m'est venu très vite et avec évidence.
Cela faisait près d'un an et demi que je n'avais pas travaillé de nouveaux contes. J'ai fait beaucoup de musiques, beaucoup écrit aussi, j'ai raconté les "anciens", mais pas de nouveaux contes. Ils ne venaient plus frapper à la porte ce qui chez moi provoquait incompréhension et désarroi. Un an et demi c'est long... Et puis ils sont revenus : la Belle au Bois et la reprise d'une manière différente d'un conte africain.
C'est comme pour tous les arts, il faut apprendre à ne pas tout contrôler, à accepter que les choses nous échappent.
La Belle au Bois Dormant qui m'est venue est étonnante. Elle est venue sur un rythme intérieur et avec une narration différents de ce que je faisais jusqu'alors. Quelque chose de plus en plus épuré, de plus en plus profond et léger à la fois. Je ne l'ai pas encore raconté. J'attends le retour de la Dame partie prendre la maquis en Corse pour se ressourcer.
Hier soir, juste avant de m'endormir je pensais à tout cela. J'ai pris un magazine pour lire un peu et je suis tombé sur un article sur Marie de Hennezel qui parlait de Christiane Singer ainsi que de ces derniers mois (et qui n'a pas lu "Derniers Fragments d'un Long Voyage" ignore un des textes les plus féconds et les plus essentiels sur l'art de vivre et de mourir).
Elle raconte que la dernière phrase que Christiane Singer lui a dit (elle qui est morte si jeune à 64 ans) est celle-ci :
"J'aurais tellement aimé vieillir pour bercer le monde".
Et à lire cette phrase, il m'a semblé alors sans que j'en comprenne justement tous les ressorts cachés dont je parlais plus haut, que d'un coup tout se mettait en résonnance : mes 50 ans d'ici quelques mois, le conte de la Belle au Bois Dormant, tous les chemins qui me restent à parcourir, l'amour qu'il m'appartient de partager...
Je vieillirai pour bercer le monde...
09:23 Publié dans du conte | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : conte, la belle au bois dormant, marie de hennezel, christiane singer, derniers fragments d'un long voyage, patricia gaillard
18.05.2009
guernica
Film réalisé par Lena Gieseke
Il existe plusieurs versions de l'histoire qui suit. Certaines affirment que l'interlocuteur était Salvador Dali (connu pour ses sympathies franquistes), d'autres des dignitaires nazis.
Toujours est-il que l'on raconte qu'un jour, donc, des dignitaires nazis seraient venus dans l'atelier de Picasso alors que sur une table traînait une représentation photographique de Guernica (la version avec Salvador Dali les présentent face à la toile) :
- C'est vous qui avez fait ça ? demandent-ils,
- Non c'est vous ! aurait répondu Picasso...
Cela sonne comme une répartie de film non ?
Quant à cette animation en 3D elle fait découvrir le tableau d'une manière vraiment saisissante (je conseille de la regarder en mode plein écran).
J'adore quelques fois, ne pas parler de moi...
07:50 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : guernica, picasso
12.05.2009
une déambulation sous les arcanes
Ce matin, tiré au Tarot l'arcane "le Chariot" :

Puis l'arcane "Le Pendu" :

Les voyant côte à côte, m'est venue l'idée que très souvent nous nous trouvons au coeur de deux impulsions contradictoires.
D'une part, la nécessité de "diriger sa vie", de "conquérir" son monde (tant intérieur qu'extérieur), de conduire au mieux un attelage parfois récaciltrant (le Chariot),
D'autre part, la nécessité parfois de "lâcher prise", de "s'abandonner", de laisser les choses venir, de se remplir du monde tranquillement, voir de savoir attendre (le Pendu).
Savoir à la fois "contrôler" et "lâcher", art ô combien difficile....
La posture du zen ne parle que de ça d'ailleurs. Être dans la force (tiens une autre arcane) et non dans l'effort, dans la vigilance et non dans le contrôle.
Découvert aussi que si l'on additionne la valeur numérique des deux (7 + 12 soit 19), son obtient l'arcane du Soleil :

Soit, la réalisation de l'amour, le rayonnement...
Une belle leçon méditative pour ce qui me concerne, et une occasion de m'avouer qu'à la rencontre avec la Dame, ma vie a basculé de telle façon que je n'ai pu que me laisser porté et roulé dans la vague, comme sidéré de tout ce qui m'arrivait, et que le temps, deux ans après, est peut-être venu de reprendre les rênes du chariot, mais en ayant la conscience aigüe de devoir laisser les choses respirer à leur rythme. Une incitation à concilier deux courbes musicales différentes pour un accord parfait.
Ah le bonheur matinal du tirage du Tarot...
07:50 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
07.05.2009
un interlude
Comment on fait les bébé en une minute... Et puis c'est vrai quoi, une vie c'est un souffle, une bise, un courant d'air.
Et puisque l'on parle d'enfants, cette phrase lue aujourd'hui dans "Qui fuis-je ? Où cours-tu ? A quoi servons nous ?" de Thomas d'Ansembourg (un livre au titre à coucher dehors, dont je ne partage peut-être pas tout le propos mais qui travaille autour du concept intéressant "d'intériorité citoyenne") :
"Les enfants n'écoutent pas ce que l'on dit, ni ce que l'on fait. Ils écoutent ce que nous sommes, ils cherchent en nous la cohérence".
A méditer.
Mais on peut aussi rire du film, ou bien les deux. C'est comme on veux...
08:05 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
03.05.2009
la visite d'un ange
C'est une vieille dame de 89 ans. Elle sort de l'hôpital et pèse 37 kilos. Elle dit :
- Tu sais, c'est long la vie...
Elle voudrait partir, elle attend, laisse son corps s'affaiblir. Un verre d'eau lui est trop lourd à porter.
Elle est très entourée dans sa maison de retraite médicalisée. Lorsqu'elle est lasse de toutes les injonctions inquiètes de ses proches ou des infirmières, "allez, il faut que tu boives", "allez tu te rappelles bien comment elle s'appelle, fais un effort", "tenez je vous ai apporté une crème, mais il faut la manger hein !"... elle fait semblant de s'endormir comme si sa tête était vraiment trop lourde.
Les médecins appellent la période dans laquelle elle se meut "la période de glissement". Tout le monde voudrait la retenir. Avec ou contre son gré ?
Elle garde au fond de ses yeux une étincelle intacte. Nous nous parlons peu et nous sourions beaucoup. On se comprend bien comme cela. Comme à chaque fois, nous nous étreignons longtemps en nous disant en revoir. J'ai peur de lui faire mal...
Je sors étrangement léger de cette chambre confinée d’une vieille femme en partance.
Deux nuits plus tard, j'ai fais un rêve.
J'étais au milieu d'une foule dans la rue et quelque chose me semblait anormal. Je finis alors par comprendre que personne ne me voyait.
Je fais des tentatives, des essais, parle à quelques uns, me tiens debout devant eux. Je suis devenu invisible, un pur esprit. J'en déduis que je suis mort.
A la foule je demande : "que ceux qui me voient lèvent la main" (et quelques mains rares se lèvent : des âmes en errance comme moi), puis :"que ceux qui ne me voient pas lèvent la main" (ce n'est qu'au réveil que je me dis que cela était impossible car si ils ne me voyaient pas, ils ne pouvaient pas m'entendre, mais des mains se sont levées aussi, bien plus nombreuses)
J'enlace un homme fort. Il me dit "moi c'est un accident avec mon camion". Pour ce qui me concerne, je ne sais pas.
Je découvre que je peux voler. Sensation délicieuse (une sorte d'euphorie abstraite puisque je n'ai pas de corps).
Je découvre aussi que je peux parler aux oreilles de certains. Des êtres connectés à je ne sais quoi. Il y a une jeune femme triste. Je lui murmure (en pensée) des mots de réconfort, jusqu'à ce qu'elle retrouve le sourire.
Une autre encore, je lui parle et parle encore "d'esprit à esprit" jusqu'à ce que d'un coup libérée de ses poids elle se mette à courir. J'essaie de la suivre en faisant semblant d'avoir encore un corps et n'y parviens pas. Alors je la laisse s'éloigner en m'élèvant doucement vers le ciel, heureux du travail accompli.
Ainsi, grâce à la magie d'un rêve, je fus un pur esprit, une âme errante, un ange allant de par le monde, murmurant à l'âme d'êtres en peine et les rendant heureux....
17:03 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note





