30.03.2009

la signature

maman en fée 002bis.jpg

Lorsque j'avais trois ans, un jour, ma mère a dit qu'elle partait acheter du beurre et n'est pas revenue.

Elle était tombée amoureuse du frère de mon père et était partie vivre avec lui.

Ce ne fut pas une toquade, puisque malgré les hauts et les bas, ils sont restés ensemble jusqu'à sa mort à lui, il y a trois ans et demi.

Toujours est-il que de toute mon enfance je n'ai vu ma mère qu'un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires. Et je passe sur certains détails...

Ce qui fait que, tant  elle que nous (mon frère et moi), avons été privés de quelque chose.

Et depuis presque toujours ma mère, lorsqu'elle m'écrivait, signait de son prénom : Michèle.

Depuis peu, elle signe toujours Michèle et ajoute en dessous "ta maman" comme s'il était nécessaire de le préciser, ou comme si d'un seul coup elle le revendiquait.

Non, Maman, ce n'est pas nécessaire.

Et puis tout à l'heure à la télé, il y avait cet animateur Patrick Sébastien. Je sais, jusquà présent en lisant ce nom, j'avais tendance à changer de chaine. Là il était chez Mireille Dumas. Et lui fils illégitime, a parlé de sa mère récemment disparue, de leur amour. Et là, comment dire, c'était quelque soit les réserves que l'on peut émettre sur ce grand confessionnal méidatique qu'est devenu la télé, c'était... bouleversant. Vraiment bouleversant. Et il a dit -entre autre- un truc, un truc qui m'a vraiment chamboulé. Il a dit ça alors que j'avais prévu d'écrire le texte ci-dessus avant.

Il a dit "oui, on parle avec l'âge, de la sagesse, tout ça. Mais non, on est pas plus sage. Simplement tout ceux qui sont morts maintenant ils sont en nous, et ils nous aident. C'est pour ça que l'on est "sage". 

Ma mère, dieu soit loué, est toujours de ce monde, mais alors j'ai pensé à tous ceux qui sont partis : mon père, le mari de ma mère, ma grand mère maternelle, mes beaux pères, ma belle mère, des ami(e)s... Et puis aussi les autres, célèbres,  que je ne connaissais pas personnellement. Et je me dis oui sans doute. Je suis probablement meilleur parce que de là où ils sont, ils veillent sur moi, quelques soient les conneries qu'ils aient pu faire de leur vivant.

Tout ça pour dire, que non, Maman, il n'est pas nécessaire que tu précises "ta maman" en dessous de ton prénom sur les lettres que tu m'envoies.

Et puis aussi, qu'il y a probablement chez certains (dont moi) une part d'exhibitionnisme des sentiments qui peut être critiquable, mais qui peut aussi être justifié par une seule chose : celle de pouvoir dire parfois, des phrases qui bouleversent -au sens positif- celui qui les écoute.

26.03.2009

une moitié de monde

francilienne bloquée après l'orage 03 09 (6).JPG

 

"L'âme est beaucoup plus compliquée et inaccessible que le corps. Elle est, pourrait-on dire, cette moitié du monde qui n'existe que dans la mesure où l'on en prend conscience."

C. G. Jung "Ma Vie"

25.03.2009

deux pigeons s'aimaient d'amour tendre

 

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(oui je sais, c'est une tourterelle et pas un pigeon...)

 

Je ne connais rien aux pigeons, et pour tout dire j'ai même tendance à ne pas tellement les aimer. Ils ont pour moi un aspect un peu repoussant ; leurs excréments chutant un peu n'importe où et de préférence sur les endroits les moins souhaités, ayant quelque chose de franchement déplaisant. Je me souviens aussi avoir mangé de ces volatiles lorsque j'étais enfant, mais ceci est une histoire...

Toujours est-il qu'en face de la fenêtre de mon salon, il y a des arbres et que dans ces arbres il y a un nid de pigeon déserté pendant l'hiver et réinvesti quand les beaux jours reviennent.

Où vont les pigeons pendant l'hiver ? Voilà une question qui mériterait que l'on s'y attarde.

Depuis quelques semaines l'un des deux était revenu. Il était là tous les matins au lever du jour, seul face au soleil levant. Projection oblige j'ai toujours pensé que c'était le mâle (c'est dans ma construction mentale de penser que par nature c'est le mâle qui attend, mais j'accorde que c'est tout à fait discutable). Il était là aussi le soir, mais pas toujours.

Hier soir, regardant machinalement vers la fenêtre, je les ai vus. Tous les deux enfin réunis dans le jour déclinant, se bécotant à qui mieux mieux, visiblement toujours très amoureux, et la vision je l'avoue, m'a fait vraiment plaisir.

Cette idée d'une attente récompensée, ces retrouvailles après plusieurs mois, cette fidélité ornithologique (On pourrait objecter qu'il s'agirait une autre femelle ou d'un autre mâle, mais une part de moi s'y refuse).

Il importe parfois -et surtout en cette période un peu morose et de grande fatigue psychique- d'avoir des plaisirs simples. Celui-ci l'est et de surcroît est de saison.

J'avoue après ces émotions apprécier dorénavant différement la vision d'un pigeon écrasé dans le caniveau, car alors j'y verrai la fin tragique d'une belle histoire d'amour.

Reste la question de leurs fientes envahissantes, mais ainsi va la vie du sublime au trivial...

 

21.03.2009

le chant du ruisseau

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Un ami à qui j'avais offert mon livre, m'a écrit que pour le lire, il a marché longtemps dans la campagne le long des sentiers, jusqu'à un petit ruisseau qu'il connaît.

Là, il a ramassé quelques pierres afin de construire un petit barrage sur l'eau, juste pour entendre le bruit de l'eau qui coule. Il s'est assis, le dos appuyé contre un arbre, et puis il l'a lu d'une traite.

Et bien je ne sais pas pour vous lecteurs (trices).

Mais l'idée qu'en cette trouble période, un homme pour lire le livre d'un ami, ait encore la démarche de s'abstraire du monde en un lieu connu de presque lui-seul et de construire un petit barrage sur l'eau -juste pour la bande son joyeuse et bondissante- me réjouit au plus profond et m'enclins à dire que tout n'est pas encore tout à fait perdu.

Il y a ainsi des intentions bienveillantes et innocentes qui réconcilient avec le monde...

20.03.2009

Christelle et Alain B.

 

 

 

« Les gens sont des légendes,

Et leurs âmes prennent le maquis ».

 

Alain Bashung

 

 

 Il y a comme cela des jours doublement en deuil.

18.03.2009

ainsi va

arc en ciel sur la francilienne.JPG

 

Ainsi va la vie parfois,

de retrouvailles en enterrements,

de maternité en soins palliatifs.

 

D'une aube au crépuscule,

rien qu'un souffle, un murmure,

et entre les deux, l'infini des possibles.

 

Le bon, le moins bon, inséparables,

indissociables.

Un rire dans une paume, un chagrin dans l'autre.

 

A nous d'apprendre, enfin, les aubes sans peur,

réconciliées.

 

(Pour Christelle, Claire et Céline dont les trajectoires, à une heure précise, se sont téléscopées dans ma vie, un mardi midi à l'heure du déjeuner).

16.03.2009

un matin du monde

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Un jour d'enfance ou d'adolescence, il n'avait jamais bien su, il avait décidé qu'il était de même essence que le ciel, les arbres, les plantes, les bêtes et les pierres.

Tout petit déjà, il passait des heures à tenter d'imaginer ce que ressentait une feuille lorsqu'elle tombait, un arbre en plein hiver, un chat immobile sur un mur, la gazelle dans la gueule du lion, le ciel lorsqu'il s'obscurcissait, le soleil dans sa solitude intersidérale...

Il y avait là déjà une mise à distance de soi et un élan très pur d'empathie pour le vivant.

Bien plus tard, il découvrirait que parvenir à se débarasser de soi, non pas au sens mortifère du terme mais dans son acception la plus positive parce que génératrice d'ouverture, devait être en sa vie une constante qui s'était construite dès l'âge de deux ans en un moment dont il gardait un souvenir d'une présence et d'une clarté inouïe, passant près d'une église, un jour de soleil, assis face à sa mère sur le landau, son plus jeune frère y dormant.

Il se souvenait de la lumière comme si c'était hier et de ce sentiment de plénitude et de reliance au monde qui alors le traversa.

De cette possibilité de dialogue avec tous les éléments du vivant, de cette intuition d'une conscience commune, ou pour le moins d'une unité perdue, il n'avait bien sûr aucune preuve rationnelle.

Il se contentait de se répondre que la vie était incroyablement plus féconde et ample en cette disposition qu'en cette logique discursive dans laquelle, sans pour autant la rejeter et la respectant tout à fait, il sentait d'un coup toute sa conscience devenir étriquée et souffrante.

Il préférait l'innocence un peu naîve de ses intuitions à ce que sa raison pouvait lui dicter. Et la réalité des faits lui avait souvent donné raison.

Discutant de tout cela avec des amis ou rencontres de passage, il avait souvent constaté deux positions à l'opposé. L'une sans recul, prête à croire en n'importe quoi, comme une histoire enfantine à laquelle on voudrait à tout prix souscrire sans aucun recul ni distance ; une autre de rejet sans compromis possible de tout ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à un prêtre, une religion, une transcendance. 

Et puiqu'il était visiblement dans sa mission en ce monde d'être toujours entre deux mondes, il se surprenait à tenir le rôle inverse à l'un ou à l'autre, pronant la rigueur aux premiers et l'abandon nécessaire aux seconds.

Mais une fois tous les arguments et expériences déposés, la seule chose qu'il tenait vraiment à dire était que ce qui importait, vrai-ment, était de ne surtout, jamais au grand jamais, se couper par quelque manière que ce soit de sa source vive. Celle qui nourrit l'âme et, même jusqu'au bout à l'ultime échéance, vous fait chanter de joie aux premiers jours de printemps, comme des premiers matins du monde toujours recommencés.

 

15.03.2009

samedi 14 mars 2009

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Voilà, ça s'est passé hier et je ne me souviens pas avoir déjà été aussi triste après la mort d'un chanteur.

Je l'ai appris en revenant d'une belle promenade ensoleillée. Toutes ces pensées émues, il doit bien en ressentir l'onde là où il est maintenant.

En ramenant les enfants, j'ai mis "Bleu Pétrole" dans la voiture. Le silence était dense. Et ému.

Il est si rare que je ne trouve pas les mots. Demain peut-être...

 

09.03.2009

"Hungu" de Nicolas Brault

Un beau film d'animation canadien autour du berimbau.

05.03.2009

une suite à la note précédente

A la lecture de la note précédente, flo m'a envoyé vers ce lien :

 

 En effet, il n'y a rien à y rajouter...

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