16.11.2008
les muses et les ruses
Peu à peu, je découvre la différence entre les "choses à faire" et les processus de la création.
"Les choses à faire" sont une contrainte venues de l'extérieur relevant du rationnel et de la raison pure, alors que la création, tout au moins pour ce qui me concerne, est quelque chose qui s'impose de l'intérieur et que l'on ne choisit pas nécessairement.
Une urgente nécessité qui s'impose comme quelque chose venant nous visiter et peu à peu s'installe en prenant toute la place.
J'apprends peu à peu à négocier avec ces visiteurs tout autant émerveillant qu'envahissant.
En ce moment, je suis habité par la légende de Mélusine -et c'est pas rien d'être visité par une déesse mère- et par un autre projet que je souhaite pour l'instant garder secret (ces deux projets devant s'inscrire dans un projet de création commune avec la Dame) ainsi que par une note à écrire sur ce blog (différente de celle-ci).
Impossible de penser à autre chose et d'écrire autre chose. Toute "chose à faire", et faite, peut vite devenir souffrance car alors ces visiteurs frappent à la porte, râlent, revendiquent... s'en est même épuisant à la longue.
Plus j'avance sur ce chemin, plus je pense que l'essentiel du travail de création est de laisser les choses advenir.
Le travail, la rigueur bien sûr sont nécessaires, mais importent moins et sont utiles après que ce travail psychique et mystérieux consistant à se rendre disponible à ce qui doit venir ait été fait. Un peu comme la chasse aux rêves le matin au réveil alors qu'il ne nous en reste que des bribes à partir desquelles nous devons reconstituer le reste.
C'est un travail d'attente et d'affût, de mise en jachère parfois effrayante parce qu'alors la tentation est forte de se sentir vide.
Il y a donc des cycles, avec du vide et du trop plein, avec des attentes parfois vaines et parfois miraculeuses dans ce que l'on y rencontre.
C'est un travail à équidistance entre volonté et lâcher prise, un équilibre à trouver. Si on ne le trouve, soit les visiteurs s'en vont, soit ils vous font du malheur en ne vous lâchant pas, soit ils partent pour toujours et dans ce cas vous les perdez.
Le mot, et le concept de "muses" tombés en désuétude est pourtant un bien joli concept. Ils donnent chair et caractère à ces visiteurs et visiteuses qui viennent frapper à notre porte.
En ce moment je me sens un peu envahi, d'autant plus que la période est aussi saturée professionnellement dans l'espace des "choses à faire".
Alors, je ruse, je m'isole, je m'organise et depuis hier soir me rend disponible et me laisse envahir à ma guise.
Jusqu'à ce que ces visiteurs rassurés parce que pris en compte s'éloignent, laissant mon théâtre intérieur vide, le temps de remettre un peu d'ordre, de recréer un peu d'espace libre et d'élargir le paysage pour que d'autres muses adviennent.
12:33 Publié dans gymnastique de l'imaginaire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note




Commentaires
incroyable juste avant d'arriver sur votre blog ,je lisais cette phrase :l'expérience de la créativité est réellement une entrée dans le mystérieux.la clé est de s'abandonner à l'énergie qui donne naissance à toutes choses.cette énergie n'a ni forme ni structure bien que toutes les formes et les structures émanent d'elles. l'important est d'être ouvert à ce qui cherche à s'exprimer à travers vous. ... et vous dites laisser les choses advenir.....se rendre disponible à ce qui doit venir.. vous parlez aussi des muses ,cela m'amuse ,car hier je disais à mon mari que j'avais envie de sculpter une muse: la muse de la poèsie (Erato) .je fais de la sculpture ,depuis peu de temps et c'est une vraie passion. amicalement Soisic
Ecrit par : soisic | 17.11.2008
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