11.11.2008
le rire de la grenouille
Henri Gougaud
"Le Rire de la Grenouille"
Carnets Nord
Voici donc un livre qui comme les contes dont il parle ne fera pas sans doute pas de bruit, mais résistera longtemps dans les consciences de ceux qui l'auront lu.
Un livre écrit par un bel écrivain et non moins beau conteur qui ayant passé une bonne partie de sa longue vie à en écrire, à en raconter, à y penser, livre ici le miel de ses réflexions.
Il est sous titré "petit traité de philosophie artisanale" et ce sous titre va bien avec la perspicacité et la profondeur faussement débonnaires qui le caractérise.
Une des synthèses selon moi les plus pertinentes et jouissives écrites sur le conte avec le livre de Michel Hindenoch "Conter un Art ?".
A chacun de s'y précipiter si le sujet l'intéresse.
Tout ça pour dire qu'il arrive parfois, qu'à notre insu, nous soyons à la recherche d'une phrase, d'une pensée dont on ressent le besoin afin de mettre un peu d'ordre dans un chaos de supputations et d'intuitions. Celle par laquelle ce que l'on essaie de se dire et de comprendre confusément devient d'un coup aussi clair que de l'eau de roche.
Et dans ce livre, j'en ai trouvé plusieurs.
En voici une :
"Le monde et la vie : ne pas confondre. Ce n'est pas pas parce que la bouteille prend la couleur du vin et le vin la forme de la bouteille qu'il faut prendre l'un pour l'autre. Je connais des adolescents qui découvrent autour d'eux le monde, qui s'indignent de ses injustices, de ses folies meurtrières, et qui décident que la vie est abominable. Ce ne serait qu'une confusion parmi d'autres, si celle-là ne pouvait pousser les plus vulnérables de nos enfants au désespoir et au suicide. Le monde est certes un lieu inhospitalier dont nous faisons trop souvent, et pour notre malheur, un dépotoir. La vie c'est autre chose."
Voici donc une phrase que je cherchais depuis si longtemps.
On peut désespérer du monde, et à juste titre, mais surtout ne pas désespérer de la vie. De cet élan plein et entier, de cette force qu'il suffit parfois de si peu pour que nous la perdions alors qu'elle est pourtant si puissante.
Apprendre à se connecter à la source de "l'éternelle vigueur". Envers, avec, et contre, le monde tel qu'il va.
Il suffit parfois d'un millimètre d'écart pour que nous nous perdions, et à nous-mêmes, et à la vie.
Une vigilance s'impose donc, tendre, bienveillante et pourtant ferme.
Les contes souvent nous le rappellent, veillant sur nos écarts et nous rappelant le soir avant le sommeil à quel endroit de notre âme nous devons revenir pour nous sentir vivants, profondément et simplement reliés.
18:38 Publié dans Lire | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : henri gougaud contes




Commentaires
j'avais du retard faute à la vie..au monde ?
Ecrit par : bérangère | 11.11.2008
Je vous lis depuis quelques jours avec un grand bonheur.
Les contes me font rêver depuis toujours et je les ai retrouvés il y a quelques années maintenant, notamment grâce à Jacques Salomé et Clarissa Pinkola Estes.
Un grand merci pour cet espace où l'on respire large :-)
A bientôt
Ecrit par : Lise | 12.11.2008
Ah parfois Bérangère les deux sont si difficilement dissociables !
Bienvenue sur ce blog Lise, et merci pour le lien !
Ecrit par : lhommeaubois dormant | 13.11.2008
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