03.10.2008
ce que je cherche me cherche
"Je ne sais d'où je viens, mais je sais que j'ai toujours été ici.
Je ne sais pas qui je suis, mais je sais que ce que je suis est ce que l'autre est.
Je ne sais pas où je suis, mais je sais que ce lieu n'a pas de limites.
Je ne sais pas où je vais, mais je sais qu'à toutes heures quelqu'un m'accompagne.
Je ne sais pas quel est mon but, mais je sais que pour le connaître je dois arriver à moi-même.
Je ne sais pas ce que je cherche, mais je sais que ce que je cherche me cherche.
Je ne sais pas ce que je peux recevoir, mais je sais remercier pour ce que l'on m'a donné."
Alexandro Jodorowsky
"L'échelle des anges" (un art de penser) - Albin Michel
08:00 Publié dans citations | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
29.09.2008
un adolescent
C'est un adolescent de 14 ans comme il y en a tant.
Il y a encore quelques mois, il était habité par l'insatisfaction permanente propre à la période. Il râlait du matin au soir , tempêtait contre l'injustice et la supposée incompétence de ses profs -causes évidemment de ses mauvaises résultats-, en voulait à la terre entière, s'emportait pour un oui ou pour un non.
Il était comme une cuve sous pression, se blindant du monde en lisant des mangas, en écoutant à s'en rendre sourd le death metal lu plus mortel qui soit, et en jouant de sa guitare électrique à en faire péter les amplis et exploser la patience des adultes l'entourant.
Comme tout adolescent, il se sentait incompris, ne trouvant sa place nulle part, si ce n'était avec ses copains, ultime cordon rassurant le protégeant de ses abîmes.
Il pouvait par ailleurs être adorable, touchant et brillant, mais cet éclat s'éteignait sitôt qu'une contrariété imprévue venait à obstruer son ciel.
Depuis septembre il semble être un autre. Il ne s'emporte plus, n'en veut plus à la terre entière, et semble même avoir des relations plus harmonieuses avec ses profs. Il lave la salle de bain sans rechigner. Revient du collège avec des notes à faire rougir de fierté n'importe quel parent normalement constitué, travaille sa passion -la musique- comme un fou et y fait des progrès sidérants.
Il a su formuler un vrai projet, choisir un bon prof de musique, s'est inscrit à un club de sport, a changé de look et de coiffure comme on passerait du jour à la nuit. Et surtout, il semble apaisé.
Questionné sur le pourquoi du comment, il répond :
- "Tu vois c'est depuis les vacances.
Avant, pour moi la vie, c'était dodo, collège, engueulades, dodo. Chaque jour se ressemblait. Je pensais que la vie ça valait pas la peine. On allait en vacances toujours au même endroit, les parents s'engueulaient tous les jours, c'était comme un cauchemar.
Et puis tu vois, là-bas on a rencontré plein de gens. Des gens super. E. qui joue si bien de la guitare, R. et ses chansons, H. et J. et leurs apéros pantagrueliques, leur hospitalité, leur vie si pleine. Et puis toi, depuis que tu as rencontré S. Tu vois, ça a tout changé. Parce que tu sais, j'aurais jamais imaginé pouvoir jouer un saucisson sur une note d'anglais avec une adulte ! Et puis franchement quand elle chante, ça déchire tellement !
Alors tu vois, moi maintenant j'ai décidé. Je travaille au bahut, comme ça j'ai plus les parents sur le dos et c'est plus cool. Ca me laisse du temps pour travailler la guitare. Et puis tu vois, maintenant la vie, c'est un truc qui me parait valoir la peine".
Il a trouvé ce que cherchent tant d'êtres : des raisons d'y croire.
Et sa vie est métamorphosée. Il râle encore, c'est aussi un signe de santé ; mais moins.
Il aide, il est curieux et demande à savoir. Et lorsqu'il joue de sa guitare, il commence même à en apprendre à son père.
Je l'écoute. J'espère que rien de trop grave ne viendra décevoir ce bel élan.
Et je songe alors à tout ce que l'on écrit sur l'enfance et l'adolescence.
Tout ces discours socio-psychologisant, pour finalement me dire que la chose essentielle qui importe pour un enfant ou un adolescent, c'est l'énergie de vie et d'invention des adultes qui l'entourent.
J'en arrive à envisager que nos enfants vont parfois mal, parce que leurs parents n'ont plus de vrais projets, se sont résolus à renier ce qui les constituait au plus profond. Et les enfants, comme les adolescents, voient tout. Même ce que l'on voudrait leur cacher comme nos propres blessures qu'ils inhalent parfois comme des produits chimiques.
Bien sûr, cela n'est pas toujours aussi simple. Et je pense ici avec affection et tendresse à toutes ces mères et à tous ces pères qui font ce qu'ils peuvent et dans leurs vies, et dans leurs implications avec leurs enfants, et se trouvent confrontés parfois à une rage, parfois à une résignation, deséspérantes (et je ne m'en exclut pas, loin de là !).
Mais j'ai parfois envie de dire ceci : avant de penser à nos enfant, pensons à nous (ce qui ne veut pas dire qu'à nous). Soyons des adultes sincères et pleins de rêves et d'envies, habitons notre vie, soyons vivants, aimants, joyeux, soyons nous-mêmes incarnés dans nos vies, et nos enfants iront bien mieux. Parce qu'ils ont besoin d'admirer.
Les adolescents ont besoin d'adultes charismatiques pour se construire.
Alors, tentons de leur offrir notre vie réussie.
20:45 Publié dans portraits | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
19.09.2008
une larme
Rentrant tard ce soir et allumant la télé, je suis tombé sur un entretien entre Elie Wiesel et Daniel Piccouly.
Et cet homme Elie Wiesel me bouleverse.
Quand il raconte que le jour de la cérémonie de remise de son prix Nobel, la personne qui le présentait a dit en substance :
- Vous avez vu mourir votre père dans les camps. Alors parce que cette relation était forte, j'aimerais que votre fils à vous vienne près de vous.
Et qu'il raconte qu'alors, qu'il lui a semblé voir dans la salle son père. Et qu'il n'a pu dès lors dire un mot pendant un long moment,
- Parce que voyez-vous, j'avais un tel respect pour mon père que j'attendais qu'il me donne la parole pour parler.
Il me bouleverse.
Lorsqu'il dit que lorsqu'il a une décision "sociale" importante à prendre il pense à son père, et que lorsque c'est une décision d'ordre émotionnel, il pense à sa mère. Parce qu'alors il pense sans doute au moment où ils sont morts (et d'ailleurs je me suis rendu compte que ma manière de prendre certaines décisions, à mon insu, était faite à l'aune du fait d'avoir vu mourir des proches),
Il me bouleverse.
Lorsqu'il dit qu'enfant en rentrant de l'école, sa mère lui demandait ;
- As-tu eu de bonnes questions aujourd'hui ?
Plutôt "qu'as-tu eu de bonnes réponses aujourd'hui" ? (ce goût de la culture juive pour les questions !),
Il me bouleverse.
Lorsqu'il raconte une variante d'une histoire klezmer que je raconte (celle d'un conteur qui raconte durant sa jeunesse devant des milliers de personne, et qui continue de raconter même quand plus personne ne l'écoute et qui répond lorsqu'un enfant lui demande pourquoi il continue : "Tu vois mon enfant, avant je contais pour changer le monde, et maintenant je continue de conter pour ne pas que le monde me change",
Il me bouleverse.
Lorsqu'il dit qu'un révisionniste a tenté de le kidnapper il y a peu pour qu'il reconnaisse que la Shoah n'a jamais existé, il me bouleverse.
Lorsqu'il dit qu'enfant, son fils avait le droit de le déranger à n'importe quel moment du jour ou de la nuit pour qu'ainsi lui soit rappelé quel était le plus important, malgré les honneurs et les responsabilités,
Il me bouleverse.
Lorsqu'il énonce en réponse à un questionnement sur le bourreau qui sommeillerait en chacun d'entre nous :
- Non, je ne suis pas d'accord avec ça. On est bourreau à partir du moment où l'on a fait le mal à quelqu'un. On est coupable qu'à ce moment-là. Jamais avant, jamais potentiellement.
Je pense à certaines lois récentes, et alors,
Il me bouleverse.
Un jour sans doute, comprendrai-je pourquoi cette question me touche autant. Le fait qu'un grand-père paternel soit mort dans un camp de travail y est peut-être pour quelque chose.
Mais au-delà, je crois que je suis sensible à ce chemin là. Un homme qui a vécu la pire abjection envisageable (les camps, la mort...) et qui trouve en dépit de tout cela un chemin de paix, de paix intérieure.
Parce qu'alors, ce n'est plus un témoignage.
C'est une leçon.
23:45 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : élie wiesel daniel picouly
16.09.2008
elle est arrivée
Il y a des coups de foudre entre les être humains, et il y en a aussi avec les guitares.
Tous les guitaristes dignes de ce nom le confirmeront.
Tout cela pour dire que cet été, j'ai eu entre le mains une guitare appartenant à un ami chanteur entre bien d'autres métiers.
Je ne sais pas, mais de la première seconde où j'ai eu cette guitare entre les mains, j'ai eu... un coup de foudre. Oui, un sentiment de familiarité, de complicité. Je me souviens même d'une soirée, en une heure fort tardive, où je faisais le boeuf avec elle, en répétant sans cesse : "Attends Régis (c'était alors son propriétaire), "je te la rends, mais attends encore un peu".
L'impression que la forme du manche est faite pour mes dix doigts, que sa vibration même me correspondait.
Elle n'a pas un son "extraordinaire", non, mais un son "juste". C'est une guitare, plutôt entrée de gamme des années 70 (une Epiphone fabriquée au Japon, qui est quand même pour les connaisseurs une sous-marque de Gibson...) Mais elle a un équilibre dans son spectre sonore, une douceur et une suavité qui m'enchantent et que seul l'âge peut donner à une guitare. Une simplicité sans esbrouffe ni clinquant qui m'enchantent.
Une rencontre aussi mystérieuse qu'entre un homme et une femme dans laquelle une sorte d'alchimie incompréhensible, nous autorise à dire "c'est elle' ou "c'est lui".
Et en l'occurence ici, quelque chose a dit "c'est elle".
Toute remarque, qui revient à avouer que de retour de vacances, et vu le prix tout à fait raisonnable de ce modèle sur Ebay, je me suis rué chaque jour sur le site en question pour essayer d'en trouver une, en vain.
Jusqu'à ce que la Dame un soir propose d'appeler l'heureux propriétaire ami dont je parle ci-dessus et sa compagne.
Nous parlons de choses et d'autres jusqu'à ce que l'ami Régis (qui ne connaît pas le Régis rate quelque chose... au point que j'en ai écris une longue nouvelle qui je l'espère sera publiée un jour...) me dise un peu patelin :
- Tiens, tu sais, je viens de m'acheter une nouvelle guitare !
- Ah bon ?
- Oui, oui, une guitare manouche, j'en rêvais depuis longtemps. Alors tu sais, mon autre guitare, tu sais j'aime pas trop quand les instruments ne servent pas, je crois bien que...
- ............
- Je vais la vendre !
Et pensez bien que je m'en suis porté acquéreur de suite. Et que dans la nuit qui a suivi j'en ai peu dormi, un peu comme un enfant avant Noël qui attend ses cadeaux. Et presque une semaine j'ai attendu.
Elle est donc arrivée aujourd'hui après moult péripéties. Il me reste juste à choisir entre cordes acoustiques ou cordes électriques.
Comme me le disait le Régis, "Cette guitare, elle devait te revenir de toute façon".
Alors, elle m'est venue. Et j'en suis vraiment heureux.
J'aime quand un événement, quel qu'il soit, est accompagné d'une multitude de signes qui lui donnent sens.
Cette guitare, je ne l'ai pas achetée, j'en suis le dépositaire en me disant qu'un jour quelqu'un d'autre en héritera.
La vie parfois nous fait des cadeaux, et cette guitare en est un... (et j'emmerde mon banquier !)
Ne me reste plus qu'à m'y écorcher les doigts en espérant y trouver quelques pépites mélodiques qui feront briller le coeur de la Dame et de toutes les personnes de ce monde ayant gardé leur coeur d'enfance...
21:15 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.09.2008
du déluge
Tout à l'heure, avec la Dame, sommes allés nous promener dans un parc qui est un de mes lieux de prédilection.
Il y avait une exposition en plein air d'oeuvre de branchages et de miroirs sur le thème des contes de fées. C'était intéressant, et puis j'aime bien les jeux de piste en forêt...
Cette exposition est accompagnée de toute une série d'actions parallèles et, logiquement, d'une programmation "contes".
Alors bien sûr la Dame et moi avons été voir quels étaient les heureux conteurs programmés. Et là, tout de même, un questionnement.
Des contes sont bien annoncés; Mais pas des conteurs. Des danseurs, des marionnettistes, une conteuse en langage des signes (et là je n'ai rien contre), des acteurs de théâtre, mais point de conteurs au sens où je pourrais a priori l'entendre.
C'est-à-dire, une personne, une voix, un public et des histoires. L'oralité simple et nue comme elle existe depuis des siècles, à la fois immuable et mouvante se réinventant à chaque séance.
Entendons-nous bien, je n'ai rien contre les métissages, quels qu'ils soient. Et je trouve très bien que les conteurs s'acoquinent avec des musiciens, des marionnettistes, des danseurs, et que sais-je encore. D'autant plus que je crois en avoir fait la preuve, et dans mon métier de directeur culturel, et dans ma pratique de conteur...
Mais là, ce qui titille, c'est qu'il n'y en ait... pas un.
Comme si il fallait pouvoir mettre "conte" sur la plaquette (parce que ça fait venir du monde... sauf dans une certaine ville que je connais bien...) mais surtout qu'il n'y en ait pas à l'arrivée et que ça ressemble à tout, sauf justement à une séance de contes.
Mais alors pourquoi ?
De peur d'ennuyer ? De peur d'être taxé de vieillot, voire d'archaïque (à quand une séance de conte multimédia d'ailleurs ?), par souci de surfer sur la vague de la modernité ? (le mélange des expressions artistiques). Parce qu'il faut divertir, amuser et surtout ne pas ennuyer.
Il se trouve que baguenaudant dans une grande librairie, je me suis retrouvé à lire la 4ème de couverture d'un livre de Marc Olivier Ouakim, rabbin et philosophe dont je recommande son livre sur Les 10 commandements, et qui s'intitule "Zeugma".
Il y postulerait, que le mythe du déluge serait à prendre à plusieurs niveaux. Celui de la montée des eaux ; et en ces temps de cyclones, de réchauffement climatique et de fonte de la banquise, il y a de quoi réfléchir... Mais aussi sur celui de notre environnement médiatique.
Parce qu'en terme de déluge, il y aurait aussi celui des images, des informations, de ce trop plein qui se déverse chaque jour, sans fin, avide de lui-même et dont nous sommes tous, moi le premier, la victime consentante. Un raz de marée de stimuli et d'affects contre lequel nous sommes comme château de sable sur la grève.
Or il se trouve, en tout cas je le pense profondément, que la Conscience a besoin de silence.
Que le bruit du monde tue la conscience et nous déconnecte de nous-mêmes, que toute les traditions spirituelles, tous les grands artistes préconisent... le silence.
Parce que c'est là que la conscience peut s'éveiller, là que l'âme respire.
Et pour en revenir au début de ce texte, qu'est-ce donc une séance de contes, si ce n'est un silence que l'on essaie de faire vivre ?
Et qu'est-ce donc qui semble faire peur à tout le monde, professionnels programmateurs de la culture, pédagogues et animateurs en tout genre, si ce n'est, in fine, le silence ? (ce "oh non, les enfants vont s'ennuyer ! ")
Les contes viennent d'un temps où la bande sonore était on ne peut plus réduite aux bruits de la nature et à quelques outils issus de l'intelligence humaine.
Alors que nous vivons une époque saturée dans laquelle le bruit de la bande son nous fait vivre comme une béquille nous fait marcher.
On dit en France, qu'il faut dix années pour faire un conteur.
Au Burkina, dixit l'ami Toumani, c'est 65 ans (autant dire que vu l'espérance de vie, tu es un maître de la Parole quand tu es mort...).
Parce que les contes, c'est aussi de la Parole. Et donc une morale, une conscience et une responsabilité. Parce que les contes merveilleux, en tant que faisant partie des plus anciens, sont dépositaires d'un savoir et d'une expérience psychique qu'il faut des années pour appréhender. Et que dès lors en faire un divertissement (du genre spectacle interactif détournant les grands contes du répertoire), rend inaudible ce qu'ils ont de plus précieux à nous dire. A condition évidemment que celui qui le dit, ait prit la peine de l'entendre...
Tout à l'heure, lu cette phrase dans "Eloge de la Parole" de Philippe Breton :
"La parole a ce redoutable pouvoir de permettre d'exercer une force sans engendrer de domination".
Alors, je vous en prie, messieurs, mesdames les programmateurs culturels, faites-lui un peu plus confiance.... Et arrêter d'avoir peur du silence.
Parce que le silence peut faire peur, mais aussi parce qu'il enseigne et vous connecte sur le plus authentique de vous-mêmes... Et que les conteurs sont sensés en être parmi les derniers dépositaires...
20:50 Publié dans du conte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : contes
09.09.2008
une question et une réponse
22:19 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
07.09.2008
au musée
Tout à l'heure, avec la Dame (et de plus en plus), visité le musée Guimet à Paris.
Un beau lieu, récemment rénové et absolument magnifique. Nous ne le savions pas, mais c'est gratuit le premier dimanche de chaque mois (une manière dire, allez-y le mois prochain).
Incroyable la beauté des oeuvres exposées. Et ce qu'il a fallu de travail technique, mais aussi de travail sur l'esprit pour atteindre de telles perfections sans scories mentales d'aucunes sortes... D'une perfection à une autre...
Et au fur et à mesure de la visite, une réflexion.
Toute ces merveilles, preuves de la plus haute élévation mentale (et à l'occasion appris qu'une partie de l'Afghanistan avait été envahie, puis désinvestie, par l'armée grecque d'Alexandre le Grand, ce qui vaut quelques traces très belles d'un art grecquo-bouddhiste dont j'ignorais l'existence mais qui semble nous dire au-delà des siècles que tout est possible).
Et puis, les informations télévisuelles : nettoyage ethnique en Géorgie, et à nouveau les mêmes images déséspérantes qu'en ex Yougoslavie ; la haine, le rejet de la responsabilité sur l'autre, les femmes qui pleurent, les fosses que l'on ouvre et qui puent), les tueries en Afghanistan, le retour de la guerre froide, le témoignage lu ce jour (et sans tout mettre au même niveau) d'une violence policière en France absolument effarante,..
Et de se demander alors (question bateau), mais à quoi sert l'histoire ? Mais aussi, pourquoi l'expérience de paix et de réalisation de tous ces êtres au cours de tous ces siècles qui nous ont précédés n'est-elle pas plus prise en compte ?
Et je me rappelle d'une phrase maintes fois dite par maître Deshimaru : "Lire un livre sur la méditation zen sans méditer, c'est comme lire une ordonnance sans prendre les médicaments".
Et là est le bât qui blesse.
Parce que l'homme est double, mi ange, mi bête. Qu'il peut être soit l'un soit l'autre, comme les deux en même temps. Et qu'il ne suffit pas de dire (même si il faut le répéter inlassablement) "aimer vous les uns les autres", "aime ton prochain comme toi même", "la paix vaut mieux la guerre", "toutes tes idées, des émotions sont illusions et pour le poins relatives"... Pour que ces phrases soient non seulement entendues, mais comprises au plus profond de soi.
Que tous ces chemins et ces conseils vers la paix du dedans, se doivent d'être expérimentés, vécus par chacun pour prendre sens.
Et donc, qu'à chaque naissance, à chaque génération, à chaque être nouveau qui s'en vient, c'est ce défi-là qui renaît et se réactive. Que chaque être humain se doit de tenter de refaire ce chemin-là, même si d'autres l'ont fait avant lui et peuvent montrer la voix, chacun devra s'y battre, s'y confronter, et même parfois s'y perdre...
Le chemin de la paix intérieure se doit d'être revécu à chaque vie qui s'en vient malgré l'xpérience de ceux qui l'ont vécu avant. Et chaque être humain venant au monde porte tout autant en lui la lumière qu'il deviendra que l'ombre qui peut-être l'anéantira.
L'homme est une promesse qui se pense comme une fin.
Rien ne vaut d'être dit s'il n'est pas vécu et expérimenté. Autrement comment comprendre toutes ces guerres face à ces Bouddhas de pierre ?
Et puisqu'il est question de Bouddha de pierre et d'Afghanistan, tout le monde se souvient du massacre à la dynamite des Bouddhas par les Talibans dans les montagnes afghanes. Il y a peu une équipe internationale est venue pour constater les dégâts. Et qu'ont-ils découverts bien caché derrière les roches sur lesquelles ces Bouddhas reposaient ? Des grottes, des grottes très anciennes emplies de peintures rupestres plus anciennes encore et absolument magnifiques.
Ainsi la part la plus sombre de l'homme pourra t-elle détruire tout ce qui nous fait homme, la Vie, et son incroyable sens du jeu, se chargera de lui rappeler son ineffable bétise.
Encourageant n'est-il pas ?
21:35 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
03.09.2008
la nuit de l'âme
Entendu tout à l'heure qu'en Iran (ou en Afghanistan, désolé je ne sais plus) un homme a été comdamné à mort (oui, oui, à mort) pour avoir choisi comme sujet de thèse "la place de la femme dans l'Islam".
La manière avec laquelle, sous prétexte de Dieu, certains entrent dans la nuit de l'âme me sidère au plus profond.
Et l'onde de choc s'étend. Chaque intégrisme nourrit celui de son voisin. Et c'est sans fin.
Hommes de foi, d'amour, de respect et de lumière, je vous chéris... Et surtout, montrez-vous.
21:36 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
30.08.2008
en mon royaume
16:20 Publié dans graines du jour | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note









