05.11.2009

sur la voie

KatagiriRoshi1987.jpg

Dainin Katagiri

(1928 - 1990)

 

"L'objet de la Voie du Bouddha est de s'étudier soi-même. S'étudier soi-même, c'est poser le problème de la vie et de la mort de l'individu. La Voie du Bouddha n'est pas un enseignement qui nous force à pratiquer. Nous sommes déjà en train de pratiquer. Tout le monde est confronté au problème de la vie et de la mort. Vivre et mourir sont de grands problèmes pour l'être humain.

Etudier la question de la vie et de la mort de l'individu, ce peut-être aussi la question de la vie et de la mort de l'univers, de tous les êtres, pas seulement des êtres humains, mais aussi des arbres, des oiseaux, de tous les êtres sensibles. En d'autres termes, le grand problème de la vie et de la mort de tous les êtres sensibles, doit être posé au coeur de chaque individu. Lorsque c'est le cas la pratique fonctionne réellement.

Les gens pensent d'ordinaire que s'étudier soi-même rend égoïste et que, de ce fait, la pratique bouddhiste est réservée à certains. Pourtant, la pratique bouddhiste n'appartient pas qu'à l'individu, elle appartient à tous les êtres sensibles. Nous devons penser constamment que le problème de la vie et de la mort concerne tous les êtres, pas seulement une race d'êtres particulière. C'est très important".

Dainin Katagiri "Retour au Silence" page 42.

Oui, je sais, beaucoup de citations ces derniers temps sur ce blog, et beaucoup de gens morts.

Justement... 

Et cette idée qui me touche beaucoup et qui consiste à postuler que vivre, c'est déjà pratiquer.

Peut-être que le miracle de la vie, la question fondamentale, réside t-elle en ceci : nous venons au monde pour actualiser, réaliser, faire advenir quelque chose.

Quelque chose de nécessairement spirituel qu'il appartient à l'espèce humaine de réaliser.

Inutile de dire que nous en sommes loin...

Mais plus je chemine, plus tout cela devient lisible. Cette idée que nous sommes nés pour actualiser quelque chose... Une essence, un parfum sans odeur, un souffle, qui vont bien au-delà de nous.

PS : viens de réaliser que ce jour est le quatrième anniversaire de la mort de l'homme qui m'a élevé (Il ne fut pas le seul. Mais je sais tout ce que je lui dois...)

04.11.2009

claude levi strauss

jeunes-filles-caduveo_620x465.jpg

Photos : Claude Levi Strauss (1908 / 2009)

"Jeunes filles Caduveo"

"Expropriés de notre culture, dépouillés des valeurs dont nous étions épris -pureté de l'eau et de l'air, grâces de la nature, diversité des espèces animales et végétales- tous indiens désormais, nous sommes en train de faire de nous-mêmes ce que nous avons fait d'eux".

°°°°°°°

"Le visiteur qui, pour la première fois, campe dans la brousse avec les indiens, se sent pris d'angoisse et de pitié devant le spectacle de cette humanité si totalement démunie ; écrasée, semble t-il, contre le sol d'une terre hostile par quelque impalpable cataclysme ; nue, grelottante auprès des feux vacillants. Il circule à tâtons parmi les broussailles, évitant de heurter une main, un bras, un torse, dont on devine les chauds reflets à la lueur des feux. Mais cette misère est animée de chuchotements et de rires. Les couples s'étreignent comme dans la nostalgie d'une unité perdue ; les caresses ne s'interrompent pas au passage de l'étranger. On devine chez tous une immense gentillesse, une profonde insouciance, une naïve et charmante satisfaction animale et, rassemblant ces sentiments divers, quelque chose comme l'expression la plus émouvante et la plus véridique de la tendresse humaine".

°°°°°°

"Sans doute nous berçons-nous du rêve que l'égalité et la fraternité régneront un jour entre les hommes sans que soit compromise leur diversité". 

03.11.2009

un comble !

 

BOL MATINAL.JPG

 

"Comble" est un drôle de mot qui vient du latin "cumulus" qui veut dire "amasser" dans sa forme savante et "faîte" dans sa forme populaire.

"Cumulus", "cumulo-nimbus" (un amassement de nimbes ?), "accumulateur", "comble" ont donc la même racine.

Il y a donc les combles (le faîte de la maison), c'est une chose. Il y a donc l'expression "c'est un comble" (au sens de "alors-là c'est le sommet !" Mais on peut lui préférer "alors-là c'est le pompon" !) ; c'est autre chose.

Et puis il y a l'expression "être comblé", donc éthymologiquement "avoir suffisament amassé", être rempli, rassassié...

L'idée que l'on ait besoin de se remplir pour se sentir apaisé, d'être comme repu pour se sentir comblé.

L'être humain face au vide fondamental aime donc à se "sentir comblé". Il peut le faire avec des gourmandises sucrées, de l'alcool (et qu'est ce qu'une addiction si ce n'est tenter de combler un vide ?), des plaisirs plus spirituels ou bien par le plaisir du corps (par exemple après l'orgasme) ou bien par la satisfaction profonde d'avoir réussi quelque chose d'important ou bien du fait que la vie nous offre ce que nous espérions d'elle (Par exemple : "je suis comblé par mes enfants")

Dans cet amassement-là règne le plein, le rempli, la satiété.

Le problème pour ce qui me concerne est que je vois bien que ce qui me fait faire ou dire  les choses les plus inspirées (spirituelles, artistiques, relationnelles...) m'arrivent toujours par les interstices, par les espaces laissés vacants, par les vides...

Un léger ennui, un sentiment d'attente, une nuit d'insomnie (comme l'idée de ce texte advenu lors d'une nuit blanche), une activité un peu vacante, non fixée, sont des occasions propices. La puissance inspirante des chemins buissonniers...

De la nécessité de laisser des vides pour que l'inconnu puisse advenir.

Vivre seul pour ça est une  chose facilitante. Ne pas avoir d'agenda trop chargé aussi. Ce qui n'est pas mon cas actuellement.

Je suis donc comblé (en un peu près tous les sens du terme) mais insatisfait car cette satiété-là empêche ce qui m'est très cher de poindre...

J'ai l'intuition que le travail fondamental de l'artiste n'est pas d'inventer, de "chercher à trouver," mais juste de se mettre en situation pour que quelque chose advienne et puisse poindre. Au-delà de soi.

Il m'appartient donc, mais à d'autres aussi, dans ce tumulte agité que sont nos vies, de préserver des zones de jachère, de vide, de non-accumulation, de non-faire, de silence, de non vouloir. Peut-être en d'autres temps aurions-nous appeler cela des "moments de recueillement" ?

Pour ma part, j'aime bien l'idée de jachère, la métaphore agricole m'a toujours inspiré. Jachère, chemins de traverses : une manière  vagabonde de déambuler, un art de la présence aux choses, à soi et aux autres tout de légereté lucide.

Certains amassent, moi j'élague.

 

30.10.2009

50

29 10 2009 (3).JPG

Vu de l'île Saint Louis à Paris

 

Je suis né la même année que le Ministère de la Culture (encore un signe), que l'Unesco et que la poupée Barbie (d'où peut-être mon attirance pour les formes pulpeuses...)

Je suis aussi né le même jour qu'Astérix. Il est petit et intelligent. Ca pourrait correspondre. Mais il est aussi rusé et malin et ça, ça correspond moins. Il n'aime pas l'injustice (là d'accord) et il adore la bagarre (Là, normalement, je devrais dire "pas moi").

Sauf qu'hier après midi me promenant avec la Dame au soleil sur les bords de Seine à Paris, je me suis retrouvé embringué dans une altercation. Un truc bête. Un gars qui a failli nous écraser avec sa voiture et qui plutôt que de s'excuser est sorti de sa bagnole pour nous menacer alors que nous avions juste doucement tapé sur son capot du plat de la main, histoire de lui faire remarquer qu'il y a des choses qui ne se font pas.

Il y a comme cela des choses qui sont faites pour partir en vrille. Il est donc sorti. Insultes et le TRUCqui m'a fait pêter un cable, il s'en ait pris à la Dame plutôt qu'à moi qui était pourtant juste à côté (et pourtant la Dame en ces circonstances n'a absolument pas besoin de moi, croyez-moi).

Mais bon, une question d'hormones et de mâle dominant, allez savoir. En une fraction de secondes mon cerveau reptilien a pris le dessus. Adieu, sagesse, compassion, réflexion...

J'ai commencé à lui dire que si il touchait à un cheveu de la Dame "il était mort" (Oui, oui, je jure que j'ai dit ça). Et quelques instants plus tard, je l'alpaguais physiquement (là c'était pour me défendre, le serrant du quiqui avec son écharpe et me rappelant que dans une bagarre de rue, c'est celui qui tape le premier et le plus fort qui gagne...)

Bon là-dessus, quelqu'un est intervenu, séparant les béligérants et nous avons repris notre promenade (Mais du coup notre visite impromptue d'une boutique spécialisée en objets et jeux sexuels de toutes sortes, ne nous a pas fait plus d'effets qu'une visite du rayon bricolage au BHV. Comme quoi nous devions être affectés...).

Pourquoi, cela m'arrive t-il le jour de mes 50 ans ? Ça c'est un mystère. Je suis plutôt habituellement du genre calme et pondérant. Mais là...

Sur le fond, n'allez pas croire. Je n'en suis pas particulièrement fier. Et je me dis que décidemment, le vernis civilisé est bien mince. Je me dis aussi que c'est peut-être aussi une bonne chose que certains réflexes archaïques puissent encore fonctionner parce que ça peut être utile...

A part ça, j'ai eu une ribambelle de cadeaux (dont je reparlerai au fil des notes à venir parce qu'il y a de quoi lire...). Mais dans un premier temps juste dire qu'il est revenu :

Pour la Dame rien n'est impossible...

Questionnée sur le prix prohibitif auquel elle l'avait acquis, elle m'a répondu une phrase qui m'a fait réfléchir.

Elle m'a dit "tu sais, je sais que cet argent que je lui ai donné, ne rendra pas ce vendeur heureux, alors que je sais que ce livre te rendra heureux. Et te savoir heureux, me rend heureuse. Après pour le vendeur, c'est son karma, c'est à lui de se débrouiller".

Comme quoi, on peut être prêt au pugilat et posséder des océans de sagesse.

Bon 50 ans. Ça c'est fait.

Le temps qu'il me reste est statistiquement inférieur au temps déjà passé. A moi d'être attentif à faire de chaque instant un présent qui s'incarne...

Tout à l'heure, répétition avec l'ami Toumani. Ça va être bien...

28.10.2009

haïku ?

ombre vigne sur le mur (1).JPG

 

Dans le ciel tranquille,

un léger souffle de vent,

l'ombre de la vigne qui bouge sur le mur.

24.10.2009

quelques premières fois

 

 

J'ai trouvé cette vidéo sur la dernière note d'un chemin. Elle même l'ayant trouvée sur le site Koreus (que je connais pas).

Elle dit bien je trouve l'incroyable énergie du vivant et ce qu'il faut de pugnacité pour croître. Parce que, comme la plante en question, nous sommes bien tous à la recherche d'appuis stables sur lesquels nous pouvons nous appuyer pour le faire.

Vous avez été plus nombreux qu'en l'ordinaire (et j'adore ça) à laisser des commentaires. Désolé de ne pas avoir répondu, mais les derniers jours furent fous et exténuants. J'y répondrai dès que possible.

Elle c dit m'a tagué. Pour une histoire de premières fois.

Alors j'y souscris volontiers. Pour la première fois.

La première fois sensuelle fut deux. Je n'en dirais pas plus, pudeur oblige. La deuxième se passa sur un matelas dans un couloir après un retour de colonies de vacances en tant qu'animateur. J'étais bien moins adroit que la plante sur la vidéo, et l'amoureuse dut se montrer très pédagogue. Je me souviens d'une bonne partie de ce que nous nous sommes dit cette nuit-là sur ce matelas posé sur un parquet quand toutes les autres pièces étaient occupées. Ce durent être des choses importantes puisqu'ensuite nous sommes restés vingt ans ensemble et que deux enfants peuvent en témoigner.

Je me souviens de mon premier baiser sur la bouche. C'était dans un parking souterrain d'une cité de Nanterre (je ne sais plus laquelle). Elle s'appelait Catherine (tiens décidémment...) et a pris mes lèvres par surprise (c'est souvent les filles qui font le premier pas non ?). J'étais très embarassé à la limite du ridicule parce que je tenais ma mobylette d'une main et sa taille dans l'autre et que j'étais pris entre tenir la mobylette ou la laisser tomber pour enlacer la fille... Elle était rousse avec de longs cheveux et dire que ce fut énivrant serait un lieu commun si ce n'est qu'aucun autre mot ne me vient.

Je me souviens de la première fois où j'ai entendu le son vrombissant d'un berimbau. Et cette impression indéfinissable de déjà connaître cet instrument depuis la nuit des temps...

Je me souviens de la naissance de mon premier enfant. De la bordure du malaise quand les choses ont commencé à mal se passer, pour ensuite, heureusement, bien se terminer. Je me souviens que ma femme a dit "ah j'ai tellement mal que j'ai besoin de mordre dans quelque chose", et moi, naïvement mais dans un bel élan de générosité, de lui tendre ma main qu'elle a bien sûr presque littéralement arraché... Je me souviens lorsque l'enfant est né. Et je crois même, aujourd'hui encore et près de vingt ans plus tard, ne pas encore avoir fait le tour de cette émotion-là.

Je me souviens de mon premier brownie. J'en avais révé une nuit bien des semaines avant. Et c'était si bon ce gâteau noix chocolat que je n'avais jamais vu, que dans les jours suivants j'ai fait le tour de toutes les pâtisseries parisiennes pour le retrouver. A l'époque c'était rare. C'est un soir par hasard dans un restaurant, de sortie d'une clinique pour un avortement pendant lequel je m'étais  retrouvé errant par un chemin que je n'ai toujours pas compris, dans les allées du cimetière de Montparnasse en attendant.

Je me souviens du premier mort vu de ma vie. C'était ma grand-mère maternelle dans les sous-sols d'une maison de retraite. Elle avait ce foulard que l'on ne met plus autour du visage pour retenir le menton. Elle m'a semblé alors comme une petite brindille fragile. Et en effet pas d'autre phrase qui me vient que "c'était comme si elle était encore là mais qu'il n'y avait plus personne à l'intérieur".

Je me souviens de ma première séance de zazen au dojo rue Keller à Paris. J'avais fait l'initiation et étais resté pour le zazen qui suivait. Et dans la nuit parisienne douce et octobre qui me ramenait dans ma banlieue, je sentais enfin, et pour la première fois, comme une réponse possible.

Je me souviens de la première fois où j'ai aperçu la Dame. Dans les moindres détails, à la seconde près. Et je crois bien que déjà à cette seconde-là, une part de moi savait déjà. Tout.

Je me souviens aussi du jour où j'ai acheté le livre d'Etty Hillesum. Et je me souviens de la ferveur silencieuse et bouveversée des jours et des semaines de lecture qui ont suivi et après lesquels ma vie ne serait plus jamais la même.

Jeudi, j'aurais 50 ans. 365 x 50 = 18 250 jours. Et potentiellement 18 250 premières fois. Celles du jour qui se lève et celles d'un nouveau possible à chaque jour qui s'en vient et à chaque nuit qui vient.

Parce que chaque jour devrait être un nouveau jour... Et chaque seconde une première fois. L'esprit du débutant diraient quelques uns...


19.10.2009

une présence

Outrenoir---Pierre-Soulages.jpg

Pierre Soulages : "Outrenoir"

 

 

"Je ne cherche pas à représenter quoi que ce soit, mais à ouvrir un espace de présence"

 

Pierre Soulages

 

18.10.2009

malade

marche vers Arromanches (9).JPG

Je suis malade.

L'énergie d'une plaquette de chocolat en plein soleil, l'humeur d'un dogue en rut attaché à une chaîne, la respiration d'une forge un jour de grêve, la gorge comme du papier de verre et les sinus comme du plomb fondu.

Comme à chaque fois que je suis malade (pas si souvent que ça heureusement), je pense à ce haïku de Bashô. Le dernier qu'il ait écrit avant de mourir :

"Malade,

en voyage,

mes rêves par les champs desséchés."

Un chef d'oeuvre à mon sens... 

15.10.2009

c'est l'époque qui veut ça

irvin penn la main de miles davis.jpg
Photo : Irvin Penn
La main de Miles Davis

Irvin Penn est mort.

Manu Chao est bien vivant. Son album live, et le DVD qui va avec, sont le meilleur remède contre la tristesse générée par mes indignations sociales.

Ma fille, asthmatique, a une poussée de grippe A.

Mon fils a une poussée d'anti-scolarisation. Cinq semaines de classe et déjà un rendez-vous avec le proviseur.

Mon employeur a une poussée de sur-activisme qui m'épuise.

Matthieu Chaddid vient de dire à la radio que lorsque Brigitte Fontaine écrit "je veux que tu m'encules" ça sonne comme du Baudelaire (et je suis plutôt d'accord).

La Dame est partie à son entraînement d'escrime. Elle rentre pleine de bleus mais elle adore ça.

Mes week-ends sont pris des pieds jusqu'à la tête jusque mi novembre (moi qui ne rêve que de temps de vacance).

Constater une fois fois de plus que le couple que nous formons avec la Dame est bien plus puissant que la somme de ce que nous sommes respectivement.

Des rencontres habituellement fraternelles tournent en haut de boudin (expression qui  comme chacun sait vient de l'unité de mesure "une aulne de boudin" -Merci Patrick-)

Dans ce kaléïdoscope, parfois sympathique, parfois chaotique et malgré la fatigue, il me semble que contre toute attente je parviens à garder, à défaut d'un calme intérieur, une justesse du propos et de l'acte à faire qui m'étonne, il faut bien le dire.

Plus les météos passent (et je tiens à dire que dans très exactement 14 jours j'aurais 50 ans), plus je pense que la vérité d'un acte ou d'une décision réside dans l'harmonie qu'elle créé ou qu'elle ne crée pas.

Et si chacun se posait cette question- là : "en quoi la décision que je prends ajoute en ce monde de l'harmonie plutôt que de la rage ou du chaos", je pense réellement que le monde irait bien mieux (Collez cette réflexion-là à votre réflexion sur la fonction de la Justice et vous verrez que les conséquences en sont surprenantes).

"Harmonie" étant à entendre non pas dans une sorte de consensus new-âge mais dans le sens d'une réelle pacification tant intérieure que sociale.

Je n'ai pas tout réussi. Loin s'en faut, mais je m'améliore.

C'est déjà ça.

Et puis pour finir, cette émission sur France Inter consacrée à l'actrice Geneviève Page. Le journaliste (Vincent Josse, une merveille d'intelligence sensible cet homme) lui demande si sa beauté n'avait pas rendu ses relations avec les hommes difficiles :

Et elle de répondre  de la voix grave, posée et théâtrale des acteurs de sa génération (82 ans) :

- Oui, bien sans doute, surtout quand j'arrivais en moto.

- Ah bon, vous faisiez de la moto ?

- Oui, bien sûr, une Norton 500 à fourche télescopique. Une Merveille, cette moto, une Merveille !

La Dame se déplace en moto (une Virago 450 cm3, une Merveille cette moto, une Merveille...), cela explique sans doute cela. Et donc bien sûr j'étais ému.

A l'instant, au téléphone avec une amie, je me suis surpris à lui dire :

- Nous sommes responsables de notre bonheur. Les autres ne peuvent être rendus responsables de notre malheur.

Je ne sais si c'est complétement vrai (et avec le recul je pense en effet que ce n'est pas toujours vrai). Mais j'aime me surprendre parfois...

norton 600.jpg